Le Premier ministre Nawaf Salam a reçu une délégation d'Eutelsat le 23 juillet 2025. Photo publiée sur le compte X du Grand sérail
Le Premier ministre Nawaf Salam a reçu mercredi une délégation du groupe français Eutelsat, spécialisé dans les communications par satellite — qu’il s’agisse d’accès à Internet, de téléphonie mobile et fixe, de transfert de données ou de diffusion télévisuelle — selon une annonce publiée par le Grand Sérail sur X.
Dans la matinée, la même délégation s’était rendue au ministère des Télécoms pour une première réunion, avec le ministre Charles Hage. Peu de détails ont filtré de cet entretien. Contacté par L’Orient-Le Jour, le bureau du ministre a simplement indiqué qu’il s’agissait d’un premier échange exploratoire, sans conclusion à ce stade, si ce n’est que le Liban cherche à renforcer son accès à Internet, un service que propose précisément Eutelsat.
Acteur majeur du secteur, Eutelsat OneWeb — nom commercial adopté depuis la fusion en septembre 2023 entre l’opérateur français Eutelsat et la société britannique OneWeb — propose un service d’accès à Internet par satellite similaire à celui de Starlink, la filiale de SpaceX fondée par Elon Musk, avec qui le Liban avait entamé des discussions, restées sans suite. Avec une flotte de satellites nettement moins imposante que celle de son concurrent, Eutelsat OneWeb est surtout bien implanté sur le marché européen, tout en couvrant également plusieurs pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Amérique latine.
À l’issue de la réunion au Grand Sérail, le vice-président chargé des ventes de solutions de connectivité pour la région MENA, Hani El-Arja, a indiqué que la société avait informé le Premier ministre des « préparatifs en cours pour le lancement potentiel des services de l’entreprise au Liban », qui devraient en principe être commercialisés par les opérateurs Ogero, Alfa et Touch. «L’entreprise est spécialisée dans la fourniture de services Internet et de communication rapide par satellite, notamment à travers des satellites mobiles à bas coût. Ce service permettra d’offrir une connexion Internet haut débit aux utilisateurs», a-t-il précisé.
Ces discussions avec Eutelsat laissent planer un doute sur l’état des négociations engagées avec SpaceX, qui avaient déjà échoué sous le précédent gouvernement de Nagib Mikati, en raison du coût des prestations et d’une contrainte technique : SpaceX aurait exigé que le Liban héberge ses serveurs de gestion de données au Qatar ou en Allemagne, ce qui contreviendrait à la loi n° 81 sur la protection des données personnelles.
L’adoption de Starlink semblait pourtant bien engagée début juin — soutenue par l’enthousiasme affiché par Elon Musk, qui avait exprimé son souhait de « voir ses entreprises présentes au Liban », selon des propos rapportés par la présidence libanaise. Même l’émissaire américain Tom Barrack, qui vient de conclure une visite de trois jours au Liban pour discuter du monopole étatique sur les armes, avait qualifié le dossier de « prometteur » lors d’un entretien à Télé Liban lundi soir.
Il est difficile de savoir ce qu’il en est à l’heure actuelle. Selon une source d’un fournisseur d’accès important au Liban, les discussions avec Starlink seraient au point mort. Une autre source, proche du gouvernement, affirme que rien n’empêche Beyrouth de traiter en même temps avec Eutelsat et SpaceX.
Le Liban est principalement connecté à Internet par des câbles sous-marins et terrestres.
En marge de sa réunion avec Eutelsat, le Premier ministre a également reçu l’équipe libanaise qui participera aux championnats du monde des spécialistes Microsoft Office (MOSWC) et des Professionnels Certifiés Adobe (ACPWC), qui se tiendront du 27 au 30 juillet à Orlando, en Floride. La Fondation Makhzoumi organise la sélection nationale au Liban, à l’issue de laquelle sont choisis les représentants du pays.
Les participants ont remis au Premier ministre le maillot officiel avec lequel le Liban sera représenté lors de cette compétition internationale, selon un communiqué.



C’est très bien d’ouvrir le marché à la concurrence, encore faut il contrôler toutes ces sociétés qui ressemblent plutôt à des boutiques dans un souk, où chacun agit à sa guise et pioche dans les caisses pour son usage personnel sans que la justice ne s’intéresse à ses finances puisque dans tous les domaines il y a souvent un ministre, député ou homme politique qui est associé ou actionnaire. Le Liban ne connaît pas le conflit d’intérêt, juste l’intérêt personnel de chacun de ces mafieux.
19 h 06, le 24 juillet 2025