Rechercher
Rechercher

Moyen-Orient - Dans La Presse

Des trafiquants houthis vendent des armes sur X et WhatsApp, selon un rapport

Plus de 130 comptes sur X et 67 sur WhatsApp, basés au Yémen, proposent à la vente des armes, dont certaines américaines, directement aux combattants, à des prix pouvant atteindre 10 000 dollars l’unité.

Des trafiquants houthis vendent des armes sur X et WhatsApp, selon un rapport

Un membre des forces de sécurité houthies à Sanaa, la capitale yéménite. Photo Mohammed HUWAI/AFP

De nombreuses transactions d’armes impliquant des membres du mouvement rebelle yéménite houthi ont été effectuées via les plateformes X et WhatsApp, en violation des politiques de ces réseaux, révèle un rapport publié le 15 juillet par le Tech Transparency Project (TTP), un groupe de recherche basé à Washington, cité par The Guardian.

L’enquête recense plus de 130 comptes X localisés au Yémen, ainsi qu’au moins 67 comptes professionnels sur WhatsApp, tous utilisés pour proposer à la vente un large éventail d’armes : fusils d’assaut, lance-grenades, et autres équipements militaires, dont certains de fabrication américaine. Les acheteurs, identifiés comme des combattants, peuvent acquérir ces armes directement sur les plateformes, certains fusils atteignant jusqu’à 10 000 dollars l’unité.

À lire aussi

Au Yémen, une saisie imposante d’armes à destination des houthis

Des catalogues d’armes sur Whatsapp

Sur X, plusieurs trafiquants affiliés aux houthis ont souscrit à l’abonnement « premium », leur permettant de diffuser de longues vidéos détaillant leur arsenal et d’activer la fonction de pourboire, facilitant ainsi les transactions financières. De leur côté, les vendeurs présents sur WhatsApp ont mis en place des comptes professionnels affichant de véritables catalogues d’armes, permettant aux clients de faire leur choix sans passer par d'autres canaux.

X et Meta – maison mère de WhatsApp – affirment pourtant interdire formellement la vente d’armes sur leurs services. WhatsApp précise notamment qu’en cas de détection ou de signalement d’une organisation terroriste désignée par les États-Unis, elle « prend les mesures appropriées ». Mais selon le TTP, de nombreux comptes liés aux houthis ont échappé à tout contrôle, malgré des contenus affichant ouvertement leur affiliation. Certaines de ces activités se seraient poursuivies pendant des mois, voire des années, sans intervention des plateformes.

« Ces plateformes permettent à des trafiquants d’armes affiliés à un groupe terroriste désigné par les États-Unis de vendre librement leur marchandise », a dénoncé Katie Paul, directrice du TTP. Et d’ajouter : « X aurait même affiché de la publicité sous les publications de ces vendeurs, ce qui laisse penser que l’entreprise a pu tirer un bénéfice direct de ces transactions, en contradiction manifeste avec sa propre politique. »

À lire aussi

Ce que l’on sait sur l’unité navale du Hezbollah, « l’une des plus mystérieuses » du parti

Cette prolifération des ventes intervient alors que X et Meta ont drastiquement réduit leurs dispositifs de modération. Depuis le rachat de X par Elon Musk en 2022, environ 80 % de l’équipe chargée de la confiance et de la sécurité a été licenciée. WhatsApp a suivi une trajectoire similaire : en janvier 2025, la plateforme annonçait une réduction significative de ses efforts de modération. Ces décisions seraient intervenues dans le sillage des accusations de censure portées par le président américain Donald Trump à l’encontre des réseaux sociaux.

La plupart des comptes ont été créés ou sont devenus actifs dans la foulée de ces vagues de licenciements. « Meta et X disposent des ressources financières, des outils et du personnel nécessaires pour résoudre ce problème, mais elles ne le font pas », a regretté Katie Paul. Le TTP estime que ces réseaux contribuent directement à l’aggravation des menaces pesant sur la sécurité nationale des États-Unis en facilitant l’armement des houthis.

Un arsenal estampillé « gouvernement US »

Ce rapport survient alors que la communauté internationale s’inquiète de plus en plus de l’arsenal accumulé par les houthis. Le 16 juillet, l'interception d'une cargaison d’équipements militaires à destination de la formation yéménite, avait suscité une vive inquiétude. Le navire transportait jusqu’à 750 tonnes de matériel, derrière lequel se lit la marque de l’Iran, et ne représente qu’une partie de l’aide militaire que Téhéran fournit à ses alliés qui font partie de « l’axe de la résistance ». Dans ce contexte, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a rencontré le 18 juillet son homologue américain, Pete Hegseth, pour discuter notamment des conséquences économiques des attaques houthis contre le port d’Eilat.

Cette situation soulève une question de fond sur les circuits par lesquels les trafiquants houthis parviennent à se procurer un tel arsenal, comprenant notamment du matériel estampillé « propriété du gouvernement américain » ou « OTAN », signe d’une utilisation antérieure par l’armée américaine.

Pour Taymour Khan, responsable des opérations régionales dans le Golfe au sein de l’organisation Conflict Armament Research, il est extrêmement difficile de retracer l’origine exacte de ces armes. Pour lui, leur présence « reflète la diversité des filières d’approvisionnement au Yémen ». Qu’il s’agisse de restes d’anciens stocks militaires américains, de trafics transitant par les pays du Golfe, ou de livraisons clandestines en provenance d’Iran, « il est impossible d’en être certain », affirme-t-il.

De nombreuses transactions d’armes impliquant des membres du mouvement rebelle yéménite houthi ont été effectuées via les plateformes X et WhatsApp, en violation des politiques de ces réseaux, révèle un rapport publié le 15 juillet par le Tech Transparency Project (TTP), un groupe de recherche basé à Washington, cité par The Guardian.L’enquête recense plus de 130 comptes X localisés au Yémen, ainsi qu’au moins 67 comptes professionnels sur WhatsApp, tous utilisés pour proposer à la vente un large éventail d’armes : fusils d’assaut, lance-grenades, et autres équipements militaires, dont certains de fabrication américaine. Les acheteurs, identifiés comme des combattants, peuvent acquérir ces armes directement sur les plateformes, certains fusils atteignant jusqu’à 10 000 dollars l’unité. À lire...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut