Des hommes armés de tribus bédouines restent en alerte contre des combattants druzes dans un quartier de la province de Soueida, dans le sud de la Syrie, malgré l'annonce par le président intérimaire syrien d'un « cessez-le-feu immédiat », le 19 juillet 2025. Photo AFP/BAKR ALKASEM
Un premier convoi d'aide humanitaire est entré dimanche dans la ville à majorité druze de Soueida, dans le sud de la Syrie, dévastée par une semaine de combats intercommunautaires, a déclaré à l'AFP un responsable du Croissant Rouge syrien.
Un cessez-le-feu fragile est entré en vigueur dimanche dans la province de Soueida, où les violences ont fait plus d'un millier de morts selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Un correspondant de l'AFP présent aux abords de la ville a vu le convoi formé de voitures blanches frappées du symbole du Croissant-Rouge.
« C'est le premier convoi à entrer après les derniers événements, et il se trouve actuellement dans la ville de Soueida », a indiqué à l'AFP Omar al-Maliki, porte-parole du Croissant-Rouge syrien. Il a ajouté que l'entrée de ce convoi, qui sera suivi d'autres, « s'est faite en coordination entre les parties gouvernementales et les autorités locales à Soueida », tenue par les groupes druzes.
Le convoi est formé de 32 véhicules chargés de vivres, de matériel médical, de carburant et de sacs mortuaires. La ville assiégée est privée d'eau et d’électricité, selon les habitants.
Un deuxième convoi formé par les autorités syriennes et comprenant plus de 40 camions d'aide, accompagnés de trois ministres, n'a pas pu entrer à Soueida, selon le gouvernement.
Le ministère syrien des Affaires étrangères a affirmé que « les milices armées relevant de cheikh Hekmat el-Hijri ont empêché l'entrée du convoi ». Cheikh el-Hijri, l'un des plus influents dignitaires religieux druzes, est dans le collimateur des autorités pour avoir réclamé une protection internationale pour les druzes et avoir lancé un appel à l'aide au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Israël, qui abrite une minorité druze, affirme vouloir protéger cette communauté en Syrie. Dans un communiqué dimanche, le dignitaire religieux a affirmé que « toutes les aides parvenant à la province sinistrée de Soueida à travers les organisations et les parties internationales sont les bienvenues ».
Les violences qui ont opposé depuis le 13 juillet les combattants druzes aux bédouins, avant l'intervention des forces gouvernementales et de groupes tribaux venus des autres régions de la Syrie, ont fait plus de 1.000 morts selon l'OSDH. La morgue de l'hôpital gouvernemental de Soueida est pleine et des corps jonchent le sol à l'extérieur de l'établissement, a constaté dimanche un photographe de l’AFP.


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin