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Dernières Infos - Santé

France : une pétition contre une loi réintroduisant un pesticide recueille 500 000 signatures


Des pommes poussent dans un verger de pommiers du village d'Agia, dans la région de Thessalie, en Grèce, le 12 juin 2025. Alexandros Avramidis/Reuters

Une pétition demandant l'abrogation d'une loi française et sa mesure très contestée de réintroduction d'un pesticide a recueilli samedi en France près de 600.000 signatures, ouvrant la voie à une discussion au parlement sur le bien-fondé de ce texte mais pas à son rééxamen.

Lancée par une étudiante le 10 juillet, la pétition a récolté samedi soir près de 600.000 signatures sur le site de l'Assemblée nationale, chambre basse du parlement, du jamais vu. Cette pétition réclame l'abrogation d'une loi adoptée le 8 juillet, qui prévoit notamment la réintroduction à titre dérogatoire et sous conditions de l'acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes, interdit en France mais autorisé ailleurs en Europe jusqu'en 2033.

Ses effets sur l'humain sont source de préoccupations, même si les risques restent incertains, faute d'études d'ampleur. 

Le produit est notamment réclamé par les producteurs de betteraves ou de noisettes, qui estiment n'avoir aucune alternative contre les ravageurs et subir une concurrence déloyale. A contrario, les apiculteurs mettent en garde contre « un tueur d'abeilles ». « Voulez-vous, oui ou non, une agriculture souveraine en France ? » a réagi samedi Arnaud Rousseau, le patron de la FNSEA, premier syndicat agricole français, dans une déclaration transmise à la presse. Pour lui, « le choix est clair: faire le pari d'une agriculture française avec des normes équivalentes aux pays européens pour que nous puissions nous en sortir, ou alors imposer des normes supérieures et notre agriculture disparaitra ».

A partir 500.000 signatures, et si les signatures sont issues d'au moins 30 départements ou collectivités d'outre-mer français, une instance de l'Assemblée nationale peut décider d'organiser un débat en séance publique. Mais seule la pétition sera débattue, la loi ne sera pas réexaminée sur le fond et encore moins éventuellement abrogée. En France, aucune pétition n'a jamais été débattue à l'Assemblée nationale dans l'histoire récente. 

La pétition d'Eléonore Pattery, étudiante en master de 23 ans, a suscité un engouement inédit. La loi « est une aberration scientifique, éthique, environnementale et sanitaire », écrit l'étudiante qui se présente comme « future professionnelle de la santé environnementale ».

Le collectif Cancer Colère, mobilisé contre cette loi, a salué cette pétition, « une première étape ».

« Soit on choisit une transition écologique majeure soutenue par l'Etat, soit la France devient empoisonnée à perpétuité et devient championne du monde des cancers+ », a affirmé auprès de l'AFP la porte-parole du collectif, Fleur Breteau, âgée de 50 ans et soignée pour un cancer. La loi, qui avait été réclamée par deux importants syndicats agricoles, avait été presentée par le gouvernement comme « un grand pas pour la reconquête de notre souveraineté alimentaire ». 

La gauche et les écologistes s'y étaient frontalement opposés. Le 11 juillet, les députés de gauche ont saisi le Conseil constitutionnel, institution chargée de contrôler la conformité des lois, estimant ce texte incompatible avec la préservation de l'environnement et le droit à la santé.

Une pétition demandant l'abrogation d'une loi française et sa mesure très contestée de réintroduction d'un pesticide a recueilli samedi en France près de 600.000 signatures, ouvrant la voie à une discussion au parlement sur le bien-fondé de ce texte mais pas à son rééxamen.Lancée par une étudiante le 10 juillet, la pétition a récolté samedi soir près de 600.000 signatures sur le site de l'Assemblée nationale, chambre basse du parlement, du jamais vu. Cette pétition réclame l'abrogation d'une loi adoptée le 8 juillet, qui prévoit notamment la réintroduction à titre dérogatoire et sous conditions de l'acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes, interdit en France mais autorisé ailleurs en Europe jusqu'en 2033.Ses effets sur l'humain sont source de...