Quelques-uns des intervenants pendant la table ronde organisée par Kulluna Irada. Photo DR
L’organisation Kulluna Irada a organisé, jeudi 17 juillet à l’hôtel Phoenicia à Beyrouth, une table ronde pour discuter du plan de retour des déplacés syriens adopté par le gouvernement le 16 juin dernier. Intitulée « Le plan de retour des déplacés syriens : entre les dynamiques externes et les défis internes », la session a réuni la ministre des Affaires sociales Hanine Sayed, des parlementaires issus de différentes formations politiques, des représentants des administrations concernées ainsi que plusieurs experts.
Selon la ministre, « c’est la première fois que le gouvernement adopte un plan structuré pour le retour des déplacés, bénéficiant d’un large consensus politique ». La coordination avec la partie syrienne est en cours et une délégation syrienne est attendue prochainement au Liban pour discuter de ce dossier ainsi que d’autres sujets. Elle a par ailleurs indiqué que depuis la mise en place du plan début juillet, plus de 16 000 déplacés syriens se sont inscrits pour retourner en Syrie.
Diana Menhem, directrice exécutive de Kulluna Irada, a insisté sur l’importance d’une approche à deux volets : interne, avec une mise à jour des données et une meilleure gestion de la présence syrienne ; et externe, via une action diplomatique coordonnée avec le régime syrien et les acteurs internationaux pour garantir une aide continue et une réintégration durable. Elle a également évoqué un changement de paradigme : selon un récent sondage du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), 25 % des Syriens au Liban ont exprimé leur volonté de rentrer en 2025, contre seulement 2 % l’année précédente. Près de 120 000 personnes seraient déjà retournées en Syrie cette année, mais le nombre d’arrivées récentes – estimé à 107 000 depuis la chute du régime de Bachar el-Assad – appelle à une vigilance accrue.
Dominique Tohmé, expert juridique en matière de réfugiés, a plaidé pour un accord bilatéral entre le Liban et la Syrie, qui permettrait d’encadrer les retours tout en résolvant les questions sensibles liées à l’état-civil (naissances, mariages non enregistrés, etc.).
Pour Paul Salem du Middle East Institute, les relations libano-
syriennes restent insuffisamment structurées pour porter ce projet à long terme. Il a néanmoins souligné des évolutions favorables sur la scène internationale, comme la nomination de Tom Barrack – d’origine libanaise– à la tête du dossier libanais dans l’administration Trump, ce qui pourrait faciliter le dialogue entre Beyrouth et Washington.
Des représentants de la Sûreté générale, de l’armée libanaise et du HCR ont également pris la parole, confirmant l’ampleur des enjeux sécuritaires, humanitaires et logistiques que soulève ce plan.
Kulluna Irada appelle à poursuivre les efforts de coordination et à en assurer un suivi rigoureux, afin que le retour des déplacés syriens se fasse dans le respect des droits humains et des intérêts nationaux libanais.


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