Le président de la République, Joseph Aoun, entouré d'une délégation de proches de victimes du port de Beyrouth, le 17 juillet 2025. Photo X/ @LBpresidency
Le président Joseph Aoun a promis jeudi de traduire en justice les responsables de la double explosion meurtrière au port de Beyrouth, lors d'une rencontre à Baabda avec une délégation de proches des victimes de ces explosions qui ont fait plus de 220 morts et 6 500 blessés, le 4 août 2020.
« À partir de maintenant, la justice va prendre son cours, les responsables seront jugés et les innocents innocentés », a déclaré le chef de l'État devant ses visiteurs. « Nous devons tous travailler pour que justice soit faite. Mes engagements sont clairs : nous devons découvrir l'entière vérité et demander des comptes à ceux qui ont causé cette catastrophe. C'est le seul moyen pour sortir notre pays de la corruption et la négligence. Nous ne ménagerons aucun effort pour construire un État qui respecte les droits de ses citoyens et les protège. Que cette tragédie nous serve de leçon pour un avenir meilleur », a encore dit M. Aoun.
Les explosions du 4 août 2020, qui sont l’une des plus grandes explosions non nucléaires de l’histoire, ont dévasté une grande partie de la capitale libanaise. La déflagration a été causée par un incendie dans un entrepôt du port où étaient stockées sans précaution des tonnes de nitrate d’ammonium, malgré des avertissements répétés aux plus hautes autorités, accusées de négligence.
L'enquête sur les explosions du port de Beyrouth a été paralysée à maintes reprises, en raison de pressions politiques. Début février, le juge d'instruction près la Cour de justice, Tarek Bitar, a repris ses audiences après près de trois ans d'interruption, en raison des recours abusifs des responsables politiques mis en cause, visant à lui ôter sa mainmise sur le dossier qui lui avait été confié en 2021.
« Nous faisons confiance au président Aoun (...) nous espérons que justice sera faite et que nous connaitrons la vérité durant son mandat », a déclaré William Noun, dont le frère Joe faisait partie des pompiers tués lors du drame, et qui s'exprimait au nom de la délégation. Il a par ailleurs demandé aux autorités libanaises de prendre en charge les personnes blessées lors des explosions et dont certaines ont besoin de suivi médical continu. « Il n'y a pas de scission entre les familles des victimes du port », a déclaré M. Noun, à l'heure où un autre groupement de familles de victimes, mené par Ibrahim Hoteit qui a aussi perdu son frère dans les explosions, mène une campagne à l'encontre du juge Tarek Bitar.
Plusieurs des proches de victimes ont ensuite pris la parole, exprimant au président de la République leurs souffrances et appelant à une enquête rapide. « Nous appelons le président à ne pas laisser cette affaire échapper à la justice », a déclaré la délégation.
Le ministre de la Justice, Adel Nassar, a pour sa part assuré jeudi, dans une publication sur X, « que personne n’est au-dessus de la loi, notamment en ce qui concerne l’enquête sur le port ».


