Des policiers allemands à Berlin, le 24 mai 2017. Photo d'archives John MacDougall/AFP
Le Danemark a remis à l'Allemagne son ressortissant arrêté fin juin car soupçonné d'espionnage pour le compte de l'Iran, avec comme cibles des institutions juives de Berlin, a indiqué mardi le parquet fédéral allemand.
Identifié sous le nom d'Ali S., le suspect, de nationalité danoise, a été « remis à l'Allemagne » lundi et placé en détention provisoire mardi, a indiqué le parquet dans un communiqué. Trois semaines plus tôt, il avait été arrêté à Aarhus, cité portuaire dans l'est du Danemark, sur mandat d'arrêt délivré par la justice allemande, et sur la base d'informations du renseignement intérieur allemand. Le suspect avait « reçu l'ordre d'un service de renseignement iranien de recueillir à Berlin des informations sur des lieux juifs et certaines personnes juives », qui auraient servi à préparer d'autres opérations « pouvant aller jusqu'à des attentats », avait affirmé le parquet. En cas de procès, il pourrait encourir une peine allant jusqu'à dix ans de prison.
D'après le média allemand Der Spiegel, l'espion présumé, d'origine afghane, aurait notamment photographié des bâtiments à Berlin, dont le siège de la Société germano-israélienne, pour le compte d'une unité d'élite des Gardiens de la révolution en Iran. Après son arrestation, Berlin avait convoqué l'ambassadeur iranien, disant ne tolérer « aucune menace contre les juifs en Allemagne ». « Si ces soupçons devaient être confirmés, il s'agirait d'un événement monstrueux qui illustrerait une fois de plus que l'Iran est un danger pour les juifs partout dans le monde », avait déclaré le chef de la diplomatie allemande, Johann Wadephul.


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