L’ancien chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt. Photo Ani
Le chef druze Walid Joumblatt a affiché lundi, à l’issue d'une rencontre avec le président du Parlement Nabih Berry, son attachement « aux entités actuelles », après que l’émissaire américain Thomas Barrack a évoqué une « menace existentielle » pour le Liban. « Si le Liban ne bouge pas, il retournera à Bilad el-Cham », avait déclaré le diplomate US.
Le leader druze a souligné son attachement au « Grand Liban instauré en 1920 », ajoutant que « Bilad al-Cham commence du Liban jusqu’à l’Irak, et nous sommes attachés aux entités actuelles », en réponse aux récentes déclarations de Thomas Barrack. Ce dernier avait mis en garde contre un possible retour du Liban dans le giron de « Bilad el-Cham », c’est-à-dire la Grande Syrie, en l’absence de désarmement du Hezbollah et de réformes structurelles. L'envoyé américain avait par la suite tenu à clarifier ses propos, assurant qu'il ne s'agissait pas d'une « menace » à l'encontre du pays du Cèdre.
Au sujet de la Syrie, Walid Joumblatt s'est déclaré favorable au « rétablissement de la sécurité et la conclusion d’une réconciliation à Soueïda, sous l’égide de l’État syrien », affirmant que « Soueïda, tout comme Jaramana, Homs et toutes les régions de Syrie, est sous la protection de l’État syrien ». Il a tenu ces propos après des affrontements à Soueïda entre combattants druzes et tribus bédouines locales qui ont fait au moins 99 morts, parmi lesquels 60 druzes, pour la plupart des combattants.
Le leader druze a par ailleurs estimé que le dossier du Liban-Sud « est entre de bonnes mains ». Cette question est « entre les mains des trois présidents » (Joseph Aoun, Nawaf Salam et Nabih Berry), a-t-il dit.
Alors que l’armée israélienne occupe toujours cinq positions au Liban-Sud et mène des frappes quasi quotidiennes dans cette région ainsi que dans la Békaa, Walid Joumblatt a estimé que « les menaces israéliennes constituent une épée constamment suspendue au-dessus de nos têtes, mais cela ne peut pas durer ainsi : soit un cessez-le-feu est conclu, soit il ne l’est pas ».



Durant sa visite, Barrack , le sourire aux lèvres, a employé des termes bienveillants pour ne fâcher personne. Mais dans le jeu des pressions, il a dû comprendre qu’il fallait donner un coup de massue, et il l’a fait…de loin. Si la milice dit vouloir toujours se mesurer à l’Etat, en coupant des mains, et à Israël, pour une nouvelle victoire divine, alors on va augmenter la sauce et inviter l’extrémisme sunnite syrien dans la danse. Ce Barrack originaire de Zahlé nous aura finalement surpris par son coup de pied dans la fourmilière. Le temps presse mes amis nous dit-il. Alors écoutons le.
06 h 33, le 15 juillet 2025