Et si le sale boulot était accompli par les Libanais ? À l’heure où le Liban attend la réponse américaine à sa propre réponse au document présenté par l'émissaire américain Tom Barrack, la tension monte à l’intérieur du pays et les déclarations menaçantes émanant du Hezbollah et celles visant ce dernier se multiplient. Pour certains, on se croirait à la veille de l’éclatement d’affrontements internes. Mais ceux-ci sont-ils inévitables, et qui pousse dans ce sens ?
D’une part, plusieurs responsables du Hezbollah, à leur tête le secrétaire général Naïm Kassem, ont pris la parole récemment pour affirmer que « la résistance se poursuivra » et que le sort de ses armes doit s’inscrire dans le cadre d’une stratégie de défense nationale. D’autre part, plusieurs figures de la mouvance des Forces libanaises ont annoncé que celles-ci disposent de plusieurs milliers d’hommes prêts à combattre le Hezbollah si ce dernier refuse de remettre ses armes à l’État. En principe, ces déclarations visent à faire pression sur le parti pour qu’il s’empresse de déposer ses armes. Mais elles peuvent aussi avoir un effet inverse, en fournissant un prétexte au Hezbollah pour garder au moins ses armes dites légères ou moyennes, par crainte d’être attaqué par des forces internes.
La réponse du Hezbollah n’a pas tardé : un de ses responsables a déclaré que les FL ont conservé d’importants dépôts d’armes dans des lieux bien connus. Par conséquent, elles n’auraient pas exécuté totalement l’engagement pris dans les années 1990 lors de la décision de dissoudre les milices. Cette polémique s’est donc enflammée après une déclaration de l’émissaire américain Tom Barrack, dans laquelle il précise que le désarmement du Hezbollah est une question interne libanaise.
À la lumière de ces éléments, peut-on dire que cette polémique annonce l’éclatement d’une nouvelle guerre civile entre les parties libanaises ? La plupart des personnalités interrogées reconnaissent que les Libanais n’ont pas vraiment tiré les leçons du passé. Mais certains proches du pouvoir sont convaincus que la confrontation interne n’est pas inévitable. Selon ces personnalités, le scénario préféré des Israéliens serait de pousser l’armée libanaise vers un affrontement direct avec le Hezbollah, afin d’en finir définitivement avec toute menace venue du Liban.
C’est dans cette optique que les Israéliens paralysent, selon ces sources, l’action de la commission de surveillance chargée de l’application de l’accord sur le cessez-le-feu, malgré l’insistance du Liban pour qu’elle réagisse aux violations israéliennes répétées de cet accord. D’ailleurs, lorsque l’administration américaine a remplacé le général qui préside cette commission, les Libanais avaient espéré une nouvelle dynamique, qui ne s’est finalement pas concrétisée.
De même, l’armée libanaise affirme avoir pris le contrôle de la région au sud du Litani, après y avoir démantelé 650 positions ou dépôts du Hezbollah. Et malgré cela, les Israéliens continuent de bombarder les villages frontaliers. Si les Israéliens veulent sans aucun doute pousser vers un conflit armé entre l’armée libanaise et le Hezbollah, certains partis politiques libanais souhaitent plutôt accentuer la pression sur le Hezbollah et inciter l’armée à agir.
Jusqu’à présent, selon des sources sécuritaires, il n’y a aucun indice sur le terrain laissant croire que certains acteurs internes se préparent à mener une action concrète contre le Hezbollah, même s’ils pourraient bénéficier d’encouragements externes. L’expérience de ce qui s’est passé à Tayouné en octobre 2021, lors d’une manifestation de partisans d’Amal et du Hezbollah contre l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth – manifestation qui a essuyé des tirs en provenance de Aïn el-Remmané –, a bien montré, rappellent les sources militaires, qu’au fond, aucune partie interne ne souhaite faire la guerre. En revanche, faire monter les enchères et aiguiser les sensibilités confessionnelles peut faire partie des tactiques actuelles utilisées par les différents acteurs, notamment en préparation des prochaines législatives prévues en mai prochain.
Il ne faut pas non plus oublier un détail important : si une partie interne cherche à en provoquer une autre militairement, elle devra affronter l’armée libanaise, qui a la charge, avec les autres forces sécuritaires, de préserver la stabilité à l’intérieur du pays et le long de ses frontières. Cela signifie que toute tentative de provoquer des incidents sécuritaires avec le Hezbollah exposerait son auteur à une réaction des forces de l’ordre officielles. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les sources sécuritaires précitées estiment que les déclarations enflammées de certaines formations politiques sont davantage destinées à l’armée et aux forces de sécurité qu’au Hezbollah lui-même.
Mais en dépit de ce climat de plus en plus tendu, ces mêmes sources affirment que l’armée ne compte pas agir par la force contre le Hezbollah. Le dialogue progresse avec l’État et un plan est en cours d’élaboration. Il faut cependant que les Israéliens exécutent leur part du marché. Concernant les acteurs externes, à part Israël, nul ne souhaite un affrontement interne au Liban — y compris les États-Unis, qui investissent dans l’armée libanaise et ne veulent donc pas la voir s’opposer au Hezbollah. D’ailleurs, Tom Barrack a déclaré dans un de ses derniers entretiens que le désarmement du Hezbollah doit se faire avec l’accord de ce dernier.


Le Hezbollah est fini. Il joue ses dernières cartes avant de devoir se mettre en rang, S'il ne le fait pas de bon gré, il sera mis hors course et ses partisans iront se balader a Bagdad ou Téhéran. Le Hezbollah le sait mais essaye d'obtenir une contrepartie politique qu'il ne verra pas. Tout ce qu'il obtiendra se sont des procès et des poursuites judiciaires pour tous ses membres mêlés a des crimes. Sinon, le Liban est en voie de guérison mais il revient de loin est doit prendre son temps pour se rétablir pour éviter les amputations. Le remède: la remise des armes du HB sinon on les arrache!
08 h 43, le 15 juillet 2025