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Moyen-Orient - Syrie

Aucun lien actif entre l’État syrien et el-Qaëda, conclut un rapport de l'ONU

« De nombreux individus à des échelons tactiques ont des vues plus extrêmes que Chareh et le ministre de l’Intérieur Anas Khattab », affirment des experts des Nations unies.

Des combattants de HTC pendant une prière dans un stade d'Idleb en Syrie, le 16 juin 2024. Photo d'archives Omar HAJ KADOUR

Des experts chargés de la surveillance et du suivi des sanctions de l’ONU n’ont constaté aucun « lien actif » cette année entre el-Qaëda et le groupe islamiste dont est issu le nouveau leader syrien par intérim, Ahmad el-Chareh, selon un rapport des Nations unies qui n'a pas été publié. Cette conclusion pourrait encourager l'initiative attendue de Washington pour une levée des sanctions contre la Syrie. Le rapport devrait être publié dans le courant du mois.

Ahmad el-Chareh était le chef de Hay'at Tahrir el-Cham (HTC), ancienne branche syrienne d'el-Qaëda qui a fait sécession avec le groupe en 2016. Désormais dissous, le groupe islamiste était connu auparavant sous le nom de Front al-Nosra. C'est ce groupe qui a conduit la révolte contre le président Bachar el-Assad au cours d'une offensive éclair en décembre 2024. Depuis mai 2014, HTC est soumis à des sanctions de l’ONU, incluant un gel mondial de ses avoirs et un embargo sur les armes. Plusieurs membres du groupe sont également visés par des sanctions, telles qu’une interdiction de voyager et un gel des avoirs – y compris M. Chareh, qui figure sur la liste depuis juillet 2013.

Chareh et son ministre de l'Intérieur « plus pragmatiques qu’idéologiques »

« De nombreux individus à des échelons tactiques ont des vues plus extrêmes que Chareh et le ministre de l’Intérieur Anas Khattab, qui sont généralement considérés comme plus pragmatiques qu’idéologiques », précise le rapport de l’ONU. Celui-ci couvre six mois, jusqu’au 22 juin, sur la base d’analyses et de contributions des États membres de l’organisation. Les experts de l’ONU relèvent encore que « certains États membres ont exprimé leurs inquiétudes, estimant que plusieurs cadres de HTC et affiliés, en particulier ceux occupant des postes tactiques ou intégrés à la nouvelle armée syrienne, demeuraient idéologiquement liés à el-Qaëda. »

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Le président américain Donald Trump avait annoncé un changement de cap majeur en mai concernant les sanctions à l'encontre de la Syrie. Il avait ensuite signé fin juin le décret permettant cette levée des sanctions, et son administration a révoqué en début de semaine la désignation de HTC comme organisation terroriste étrangère. Washington avait indiqué que cette révocation s’inscrivait dans la vision de M. Trump d’une Syrie pacifique et unifiée. Les États-Unis « réexaminent nos désignations terroristes restantes concernant HTC et la Syrie, ainsi que leur présence sur la liste des sanctions des Nations unies », a affirmé un porte-parole du département d’État.

En janvier 2025, les nouvelles autorités syriennes avaient annoncé la dissolution de toutes les factions armées liées au pouvoir, y compris HTC.

La question des jihadistes étrangers

Des diplomates, des organisations humanitaires et des analystes régionaux estiment que la levée des sanctions aiderait à reconstruire l’économie syrienne en ruine, à détourner le pays de l’autoritarisme et à réduire l’attrait des groupes radicaux. Donald Trump et ses conseillers avancent qu’une telle initiative servirait également les intérêts américains, en ouvrant de nouvelles opportunités pour les entreprises américaines, en contrant l’influence iranienne et russe, et en limitant potentiellement le recours à une intervention militaire américaine dans la région.

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Washington se heurte toutefois à des obstacles diplomatiques pour obtenir l’appui du Conseil de sécurité à une levée des sanctions. Les États-Unis devront aussi convaincre la Russie – ex-alliée d’Assad – et la Chine de soutenir d’éventuelles mesures d’allégement des sanctions onusiennes contre la Syrie, selon des diplomates.

Ces deux pays se montrent particulièrement préoccupés par la présence d’éléments étrangers ayant rejoint HTC pendant les treize ans de guerre entre groupes rebelles et Assad. Les experts de l’ONU estiment que plus de 5 000 combattants étrangers se trouvent actuellement en Syrie. Le sort de ces derniers constitue l’un des dossiers les plus sensibles qui freinent le rapprochement entre la Syrie et l’Occident. Mais Washington a donné son feu vert au plan des nouveaux dirigeants syriens prévoyant leur intégration dans l’armée.

Les experts de l’ONU soulignent que certains combattants étrangers ont refusé d’intégrer l’armée. « Des défections sont survenues parmi ceux qui considèrent Ahmad el-Chareh comme un traître, ce qui accroît le risque de conflits internes et fait de Chareh une cible potentielle », relèvent-ils.

Des experts chargés de la surveillance et du suivi des sanctions de l’ONU n’ont constaté aucun « lien actif » cette année entre el-Qaëda et le groupe islamiste dont est issu le nouveau leader syrien par intérim, Ahmad el-Chareh, selon un rapport des Nations unies qui n'a pas été publié. Cette conclusion pourrait encourager l'initiative attendue de Washington pour une levée des sanctions contre la Syrie. Le rapport devrait être publié dans le courant du mois.Ahmad el-Chareh était le chef de Hay'at Tahrir el-Cham (HTC), ancienne branche syrienne d'el-Qaëda qui a fait sécession avec le groupe en 2016. Désormais dissous, le groupe islamiste était connu auparavant sous le nom de Front al-Nosra. C'est ce groupe qui a conduit la révolte contre le président Bachar el-Assad au cours d'une...
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Après Trump, Macron et les dirigeants arabes, c'est au tour de l'ONU de nous prendre pour des idiots.

Georges Nicolas

12 h 28, le 11 juillet 2025

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Commentaires (1)

  • Après Trump, Macron et les dirigeants arabes, c'est au tour de l'ONU de nous prendre pour des idiots.

    Georges Nicolas

    12 h 28, le 11 juillet 2025

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