Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (au centre sur la photo) lors d'une réunion avec des sénateurs américains au Capitole, le 9 juillet 2025. Photo Alex Wroblewski/AFP
Alors que des sources proches des négociations sur un cessez-le-feu à Gaza ont indiqué que certains obstacles à la conclusion d'un accord ont été surmontés, selon Axios, un haut responsable israélien a déclaré à Reuters que les modalités d'une telle trêve pourraient encore prendre « une à deux semaines » pour se concrétiser. Que sait-on sur les progrès réalisés par les médiateurs lors des pourparlers et sur quels points les discussions butent-elles toujours ?
Aide humanitaire et garanties américaines
En ce qui concerne les points sur lesquels les belligérants ont pu, lors des négociations indirectes sous médiation qatarie et égyptienne, se mettre d'accord, le média américain Axios affirme qu'il s’agirait notamment de la question de la distribution de l’aide humanitaire et des garanties apportées par les États-Unis — et en particulier par leur président — qu’ils n’autoriseront pas Israël à faire échouer une trêve, comme cela s’était produit en mars dernier.
Deux autres sources proches des réunions à Washington ont déclaré que les trois parties s’étaient mises d’accord pour que, dans les zones dont Israël se retirerait durant la trêve, l’aide soit distribuée par l’ONU ou par des organisations internationales non affiliées à Israël ni au Hamas. Cela impliquerait que la Fondation humanitaire pour Gaza (GHF), financée par les États-Unis et soutenue par Israël — et dont les centres de distribution sont devenus le théâtre de dizaines de morts chaque jour — réduise ses opérations dans la bande de Gaza.
Par contre, concernant la question du retrait de l'armée israélienne de l'enclave, une exigence du Hamas, les discussions n'ont encore permis aucune percée, alors que depuis la reprise de la guerre en mars, Israël a pris le contrôle militaire de plus de la moitié de l’enclave assiégée. Une source informée des réunions tenues à Washington a confié au média que des responsables américains, israéliens et qataris ont discuté de cartes montrant les redéploiements israéliens lors de la période de la trêve. Le Hamas réclame un retrait israélien jusqu’aux lignes d’avant le précédent cessez-le-feu, ce qu’Israël refuse. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu serait soumis à une forte pression de la part de sa coalition — déjà fragilisée au moment de son départ pour Washington, ce qui l’a conduit à repousser son voyage — pour ne faire aucune concession majeure dans les négociations.
D'ici quelques jours ou jusqu'à deux semaines ?
Un haut responsable israélien a déclaré mercredi à Reuters qu’une trêve pourrait être conclue d’ici une à deux semaines, mais qu’un accord ne serait probablement pas atteint en seulement un jour, les négociateurs se concentrant toujours sur le point de désaccord final. Donald Trump avait, lui, précédemment évoqué qu’un accord pourrait être trouvé dans le courant de cette semaine, alimentant les spéculations sur une possible annonce avant le retour de Benjamin Netanyahu pour Israël, prévu jeudi. Mais mercredi, Trump a semblé repousser quelque peu l’échéance, déclarant à des journalistes qu’un accord était « très proche », et qu’il pourrait être conclu cette semaine ou la suivante, tout en précisant que ce n’était pas certain.
Le responsable israélien cité par Reuters a de son côté indiqué que si les deux parties s’accordaient sur une trêve de 60 jours, Israël profiterait de ce délai pour proposer un cessez-le-feu permanent, à condition que le Hamas accepte de se désarmer. Si le Hamas refuse, « nous continuerons » les opérations militaires à Gaza, a-t-il déclaré sous couvert d’anonymat. Ce responsable, qui a informé les journalistes à Washington, a refusé de donner des détails sur les négociations.
Steve Witkoff, envoyé spécial de Trump pour le Moyen-Orient, a déclaré mardi lors d’une réunion du Cabinet que l’accord attendu inclurait la libération de dix otages vivants et de neuf corps.
La visite de Netanyahu intervient un peu plus de deux semaines après que le président américain a ordonné le bombardement de sites nucléaires iraniens en soutien à des frappes israéliennes. Trump avait ensuite contribué à organiser un cessez-le-feu dans la guerre de 12 jours entre Israël et l’Iran.
Trump et ses conseillers tentent désormais de capitaliser sur l’affaiblissement de l’Iran, soutien du Hamas, pour pousser les deux parties à un accord susceptible de mettre fin à la guerre à Gaza.




