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Moyen-Orient - Guerre De Gaza

La GHF propose la création de camps pour concentrer les Palestiniens, à Gaza et en dehors

La fondation soutenue par les États-Unis et Israël a pour projet de construire des « zones de transit humanitaire » dans le sud de l'enclave, mais aussi en Égypte et à Chypre.

Des enfants se tiennent à côté de tentes dans un camp abritant des Palestiniens déplacés dans le camp d'al-Bureij, au centre de la bande de Gaza, le 7 juillet 2025. Photo Eyad Baba/AFP

La controversée Fondation humanitaire de Gaza (GHF), soutenue par les États-Unis et Israël, a proposé la mise en place de camps baptisés « zones de transit humanitaire » (ZTH) pour concentrer la population palestinienne de Gaza, selon un document consulté par Reuters. Ces camps pourraient être installés à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur de l’enclave, alors que 90 % de la population gazaouie est déjà déplacée de force après 21 mois d'offensive israélienne, selon l’ONU.

Estimé à deux milliards de dollars, ce projet a été élaboré après le 11 février et récemment discuté à la Maison-Blanche, selon une source proche du dossier. Son objectif affiché serait de « remplacer le contrôle du Hamas sur la population » et d’offrir un lieu de résidence « temporaire et volontaire » pour « se déradicaliser, se réintégrer et se préparer à un éventuel déplacement ».

« Huit camps » et déplacement forcé de « 600 000 Palestiniens »

Ces révélations ont été suivies quelques heures plus tard lundi par des déclarations confidentielles attribuées au ministre israélien de la Défense, Israël Katz. Selon plusieurs médias israéliens, dont le Haaretz, ce dernier a affirmé lors d'une réunion à huis clos avoir ordonné à l'armée israélienne de préparer les plans d'une « ville humanitaire » sur les ruines de Rafah, à la frontière avec l'Égypte, dans le sud de l'enclave. Sa construction commencerait pendant le cessez-le-feu de 60 jours actuellement négocié à Doha et pourrait concentrer à terme l'ensemble de la population de la bande de Gaza, évaluée à 2,3 millions de personnes avant le 7 octobre 2023.

Le ministre a également indiqué que le gouvernement israélien envisageait d'y déplacer de force les quelque 600 000 Palestiniens présentement entassés dans la région côtière d'al-Mawassi, à l'ouest de Khan Younès. Une fois à l'intérieur, personne ne serait autorisé de cette zone qui serait « sécurisée » par l'armée israélienne. Selon lui, Tel Aviv recherche également des « partenaires internationaux » pour gérer la zone, alors que le plan de la GHF ayant fuité mentionne quant à lui la construction de « huit camps », chacun capable d’accueillir des centaines de milliers de Palestiniens.

Présenté sous forme de diaporama, celui-ci comprend une carte composée de flèches pointant vers des pays étrangers, dont l'Égypte et Chypre, ainsi que d'autres points étiquetés avec la mention : « Destination supplémentaire ? », sans préciser où ces camps de concentration se situeront. D'après Reuters, la couverture du document est frappée du logo de la GHF mais aussi d'une société de conseil, nommée « SRS », sur plusieurs diapositives. Par exemple, une diapositive décrivant un calendrier indique qu'un camp serait opérationnel dans les 90 jours suivant le lancement du projet et qu'il abriterait 2160 personnes, avec une blanchisserie, des toilettes, des douches et une école.

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En juin, les États-Unis ont approuvé un financement de 30 millions de dollars pour la GHF et appelé d'autres pays à la soutenir. Mais l’ONU a qualifié ses opérations de distribution d’aide d'« intrinsèquement dangereuses » et contraires aux principes humanitaires. Officiellement, la GHF a nié avoir soumis un tel plan à l'administration américaine et affirme ne pas avoir de tels projets. « Ces diapositives ne sont pas un document de la GHF », a-t-elle déclaré à Reuters, assurant se consacrer uniquement à la distribution alimentaire. SRS a également démenti toute implication. Pourtant, selon deux sources proches du dossier, la mise en place de ces ZTH constituerait la prochaine phase après l’ouverture de centres d’aide de la GHF en mai.

Sur le terrain, ces distributions donnent lieu à des bains de sang quotidiens : depuis le mois de mai, au moins 773 Palestiniens ont été tués aux abords des centres tenus par la GHF, selon le Bureau des droits de l’homme de l’ONU, soit par des tirs de soldats israéliens ou de mercenaires américains. Lundi, au moins 25 Palestiniens ont été tués par balles lors d'une distribution au nord de Rafah, dans le sud de l'enclave, où une quarantaine de personnes a également été blessée.

Déplacement volontaire « illusoire »

La Maison-Blanche, sollicitée par Reuters, n’a pas souhaité commenter, tout comme le Département d'État américain et l'ambassade d'Israël aux États-Unis. Ces diaporamas auraient pourtant été exposés dans une présentation qu'une source a affirmé avoir été organisée à l'ambassade américaine de Jérusalem plus tôt cette année.

Un responsable américain a réfuté cette information, indiquant qu’« aucune ressource n’est dirigée dans ce sens » et que le projet n’a pas progressé, notamment faute de financement. Par le passé, des tentatives de la GHF d’ouvrir un compte bancaire en Suisse ont échoué, UBS et Goldman Sachs refusant de coopérer avec l’organisation.

Le projet intervient alors que Donald Trump a appelé début février à « prendre le contrôle » de Gaza et à la reconstruire comme une « Riviera du Moyen-Orient » après avoir déplacé ses habitants, suscitant un tollé international.

Du côté palestinien, Ismaïl al-Thawabta, directeur du bureau des médias du gouvernement de Gaza dirigé par le Hamas, a déclaré à Reuters qu'il « rejetait catégoriquement » la GHF. Ce dernier l'a qualifiée d'« outil de renseignement et de sécurité affilié à l'occupation israélienne, opérant sous un faux prétexte humanitaire ».

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Plusieurs experts humanitaires ont dénoncé le caractère illusoire d’un déplacement « volontaire » dans un contexte de guerre, de famine et de siège. « Il n'existe pas de déplacement volontaire parmi une population qui a été sous bombardement constant depuis près de deux ans et qui a été coupée des aides essentielles » a déclaré Jeremy Konyndyk, président du groupe de défense des réfugiés Refugees International et ancien haut responsable de l'Agence américaine pour le Développement international qui a examiné le plan.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, au moins 57 523 Palestiniens ont été tués et 136 617 autres ont été blessés depuis le début de l’offensive israélienne contre le territoire assiégé en octobre 2023, sans compter les plus de 10 000 disparus sous les décombres.

Récemment, plusieurs études scientifiques indépendantes ont estimé que ces bilans sous-estimeraient le nombre réel de victimes palestiniennes et que celui-ci pourrait avoir atteint la barre des 100 000 morts.

La controversée Fondation humanitaire de Gaza (GHF), soutenue par les États-Unis et Israël, a proposé la mise en place de camps baptisés « zones de transit humanitaire » (ZTH) pour concentrer la population palestinienne de Gaza, selon un document consulté par Reuters. Ces camps pourraient être installés à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur de l’enclave, alors que 90 % de la population gazaouie est déjà déplacée de force après 21 mois d'offensive israélienne, selon l’ONU.Estimé à deux milliards de dollars, ce projet a été élaboré après le 11 février et récemment discuté à la Maison-Blanche, selon une source proche du dossier. Son objectif affiché serait de « remplacer le contrôle du Hamas sur la population » et d’offrir un lieu de résidence « temporaire et volontaire »...
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Le GHF propose la creation de camps de concentration pour les Palestiniens....

Michel Trad

22 h 57, le 07 juillet 2025

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Commentaires (1)

  • Le GHF propose la creation de camps de concentration pour les Palestiniens....

    Michel Trad

    22 h 57, le 07 juillet 2025

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