Les funérailles d'Aboubakar Cissé, un Malien de 22 ans tué de dizaines de coups de couteau près de la mosquée Khadija de la Grand-Combe, lors de ses funérailles le 2 mai 2025. Photo AFP / SYLVAIN THOMAS
Une première expertise psychiatrique a conclu à l'irresponsabilité de l'homme qui a tué en avril Aboubakar Cissé, jeune Malien de 22 ans, dans une mosquée du sud de la France, un meurtre qui avait suscité une vive émotion dans le pays, a indiqué jeudi la procureure de Nimes, Cécile Gensac. Une deuxième expertise a été ordonnée, a-t-elle précisé.
Olivier Hadzovic, mis en examen pour « assassinat à raison de la race ou de la religion » et écroué le 9 mai, a été transféré peu après en unité spécialisée psychiatrique.
Lors de sa première présentation au juge d'instruction pour sa mise en examen le 9 mai, il « n'avait pas été en mesure de faire des déclarations » avait à l'époque souligné la procureure. L'avocat du jeune homme, Adrien Gabeaud, avait de son côté évoqué dès ce moment des problèmes psychiatriques et demandé une expertise. Dans le cadre de l'instruction, Olivier Hadzovic a ensuite fait l'objet « d'une expertise psychiatrique concluant dans le cadre judiciaire à une irresponsabilité pour troubles psychiatriques ayant aboli le discernement au moment de la commission des faits », indique la procureure.
« Une nouvelle expertise conjointe à deux experts a été mandatée par le magistrat instructeur », a précisé dans un communiqué Mme Gensac. « Cet avis ne constitue pas une surprise », a déclaré jeudi à l'AFP Me Gabeaud. L'expert a émis « un diagnostic de schizophrénie aiguë et ancienne » sur son client, qui « entend des voix », a poursuivi l'avocat, pour qui la demande d'une deuxième expertise collégiale est « tout à fait conforme à la pratique ».
Dans le droit français, une personne dont le « discernement ou contrôle de ses actes » était « aboli » au moment des faits n'est « pas pénalement responsable ». Si ce discernement est seulement « altéré » l'auteur peut être jugé. Aboubakar Cissé a été frappé de 57 coups de couteau le 25 avril dans la salle de prière de la mosquée Khadidja, à La Grand-Combe, petite commune du sud de la France. Son meurtrier, âgé de 20 ans, s'est ensuite enfui en Italie, où il a fini par se rendre à la police, avant d'être transféré en France.
Le meurtre d'Aboubakar Cissé avait ravivé en France un débat autour des discriminations vécues par les musulmans et sur le terme même d' »islamophobie ». Les avocats de la famille de la victime avaient souhaité, en vain, que l'enquête soit requalifiée en « assassinat terroriste ».

