Une branche de la Creditbank barricadée à Saïda, le 1e mars 2023. Photo d'archives Mountasser Abdallah/L'Orient-Le Jour
L'ex-président-directeur général de Creditbank, Tarek Khalifé, a été arrêté mercredi sur ordre du procureur général près la Cour de cassation, Jamal Hajjar, qui l'accuse de détournement de fonds et falsification de documents, selon une source judiciaire haut placée.
M. Khalifé a été arrêté, ainsi qu'un de ses conseillers, Ralph Sayyad, dans une affaire concernant un budget déficitaire d’environ 309 millions de dollars bancaires (lollars au taux de 15 000 LL le dollar) de l’établissement bancaire, à l'issue d'un interrogatoire. Il devait être interrogé, selon une source au Palais de justice, « sans statut procédural défini », c’est-à-dire sans être accusé, ni mis en cause, ni en tant que témoin, mais plutôt en tant que « personne concernée par les faits ».
Le banquier est accusé de détournement de fonds de la banque et falsification de documents présentés à la Commission spéciale d'investigation (CSI) de la Banque du Liban. Cette arrestation « préventive » peut se prolonger sur quatre jours, pour les besoins de l'enquête.
Il y a un peu plus d'un an, le juge Hajjar avait accordé un délai à M. Khalifé qui avait fait état de négociations sur arrangement avec la BDL pour régler en 'dollars frais' les fonds manquants. Selon une source au courant du dossier, un arrangement avait en effet été trouvé entre le banquier et la banque centrale, pour effectuer un premier versement de 10 millions de dollars, qui aurait du être réglé il y a six mois, et un second d'une vingtaine de millions de dollars dans les 15 à 18 mois suivants. Toutefois, cet arrangement n'a jamais été concrétisé et le premier versement attendu n'a pas été réalisé.
Cette arrestation fait suite à un rapport remis il y a plus de deux semaines au magistrat par la CSI, dans lequel elle fait état d'infractions. La BDL avait désigné Mohammad Baassiri, ancien vice-gouverneur de cette institution, au poste d’administrateur provisoire de Creditbank. Après avoir vérifié les chiffres en question, il a établi le rapport qu’il a remis à la CSI, avant que celle-ci ne le fasse parvenir au parquet de cassation.
Depuis 2019, le Liban traverse une grave crise socio-économique et financière, et les banques imposent, depuis cette date, des restrictions sévères sur les retraits, notamment en dollars, qui ont provoqué des mouvements de colère des déposants. Un projet de loi pour la restructuration du secteur bancaire est en discussion au Parlement, et attendu par la communauté internationale parmi les réformes réclamées pour rétablir la confiance dans le système bancaire et débloquer des aides financières.



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A mon collègue commentateurs: il n’y a pas de petits crimes. Soit un geste est criminel, soit il ne l’est pas. Le Liban pullule malheureusement de gens qui facilitent les actes mafieux des “grands” parce qu’ils y voient un intérêt personnel. En se débarassant des executants de cette Mafia, on coupe les jambes des plus hauts placés. Leur tour viendra!
13 h 43, le 03 juillet 2025