Une vue aérienne d'un avion cargo transportant de l'aide alimentaire montre des maisons traditionnelles tukul près de la rivière Sabat dans un village de l'espace aérien de Torbar, ravagé par les combats entre les miliciens locaux et l'armée, lors d'une opération menée par Fogbow, une société américaine organisant les largages aériens avec le financement du gouvernement du Sud-Soudan, à Torbar dans le comté d'Ulang de l'État du Haut-Nil, au Sud-Soudan, le 9 juin 2025. REUTERS/Thomas Mukoya
L'impact des coupes budgétaires américaines se fait sentir au Soudan du Sud, où des enfants « meurent déjà » en raison notamment du manque de nourriture, a affirmé mardi à l'AFP l'ONG Action contre la faim.
Ce pays d'Afrique de l'Est est en proie à l'insécurité et à l'instabilité depuis son indépendance en 2011 et reste massivement dépendant de l'aide internationale, malgré ses richesses pétrolières.
Les Etats-Unis ont, à l'initiative de leur président Donald Trump, coupé les financements de USAID, leur agence de développement, qui contribuait à une grande part de l'aide internationale.
La revue britannique The Lancet a publié mardi une projection selon laquelle l'effondrement de l'aide américaine pourrait entraîner plus de 14 millions de morts d'ici 2030 parmi les plus vulnérables, dont un tiers d'enfants.
« Ce n'est pas seulement une crainte. C'est déjà une réalité », a affirmé à l'AFP Denish Ogen Rwot, responsable de la communication et du plaidoyer d'Action contre la faim au Soudan du Sud. « Nous avons déjà des enfants qui meurent », dit-il.
Comme de nombreuses organisations, Action contre la faim, qui fournit de la nourriture et du matériel aux populations, a été durement touchée par les coupes budgétaires, M. Rwot estimant qu'elle a perdu 30% de son financement.
Conséquence de ces coupes, l'ONG n'a plus les moyens d'acheter de denrées alimentaires dans certains de ses lieux d'intervention. « Comment pouvons-nous travailler sans (nourriture) ? », déplore le travailleur humanitaire.
M. Rwot s'est récemment rendu dans le nord de l'État de Warrap, près de la frontière avec le Soudan - pays voisin lui-même ravagé par la guerre civile - et décrit des entrepôts d'aide « extrêmement vides ».
« Ils continuent à enregistrer les gens, mais il n'y a pas de nourriture pour eux », explique-t-il à propos des employés qui travaillent sur le terrain.
Action contre la faim a été contrainte de réduire ses effectifs de 300 à 86 personnes dans tout le pays, ce qui réduit considérablement sa capacité d'action en cas de crise.
« Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes », déplore M. Rwot.
Ces coupes budgétaires frappent le pays à un moment où il traverse de multiples crises, notamment une épidémie de choléra qui a fait 1.300 morts depuis septembre.
Médecins Sans Frontières a indiqué mardi que la région d'Abyei, une zone que revendiquent le Soudan et le Soudan du Sud, était la dernière en date à être touchée par l’épidémie, avec plus de 330 cas de choléra en raison d’une insuffisance « grave » dans l'accès à l’eau et aux infrastructures sanitaires.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé récemment que les taux de malnutrition aiguë chez les enfants soudanais réfugiés au Soudan du Sud avaient « déjà dépassé les seuils d'urgence. »


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