Le chef du Parlement, Nabih Berry (à droite), et le vice-président de la Chambre, Elias Bou Saab, le 1er juillet 2025 au Parlement. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Après un retard d’une heure, dû aux difficultés pour atteindre le quorum requis de 65 députés, le Parlement libanais a enfin pu entamer mardi à midi la suite de sa session extraordinaire débutée lundi. Lors de cette séance, le Parlement a promulgué cinq projets et propositions de lois, dont des allocations aux militaires, selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).
Selon des informations de L'Orient-Le Jour, les députés des Forces libanaises, des Kataëb, de la contestation, ainsi que le député Michel Moawad et les députés indépendants ont boycotté la séance de mardi, après s'être retirés de la séance de lundi, pour marquer leur désapprobation concernant l'absence de débat sur la loi électorale. Achraf Rifi, député anti-Hezbollah, a déclaré à L'Orient-Le Jour que les députés relevant de son camp s'étaient entendus lundi pour boycotter la séance législative de mardi. « La présidence de la Chambre a mis une heure complète avant de pouvoir assurer le quorum de 65 députés requis pour tenir la séance », a-t-il dit, se félicitant de ce qu'il appelle « un début de victoire » face à ceux qui refusent l'amendement de la loi électorale.
« Rendre justice aux militaires »
Le Parlement a commencé par voter un projet de loi visant à ouvrir une ligne de crédit supplémentaire dans le budget 2025. Cette mesure prévoit une aide financière mensuelle de 14 millions de livres libanaises pour les militaires en exercice, et de 12 millions pour les retraités. Cette aide devrait s’appliquer rétroactivement dès aujourd’hui, bien que la loi ne soit pas encore publiée au Journal officiel. Le président de la commission parlementaire des Finances et du Budget, Ibrahim Kanaan, a salué les aides accordées aux militaires. « Rendre justice aux militaires aujourd’hui est une étape essentielle pour leur garantir une vie digne », a-t-il déclaré.
Les députés ont par ailleurs approuvé un projet de loi inclus dans le décret 498, concernant l'obtention d'un prêt de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD, affiliée à la Banque mondiale) pour financer la transition verte dans le secteur de l'agro-industrie. Cet accord, ainsi qu’un autre portant sur la réforme du secteur de l’électricité au Liban, ont été discutés lundi. La réforme électrique prévoit notamment des projets de réhabilitation du réseau, partiellement détruit lors des hostilités avec Israël.
Le Parlement a également validé un projet de loi d’adhésion au Protocole de Madrid relatif à l’enregistrement international des marques, ainsi qu’une loi donnant plus de pouvoirs aux municipalités. Enfin, les députés ont adopté une réglementation encadrant la pratique de la radiologie au Liban.
Les parlementaires ont reporté l’examen d’une proposition de loi du député Adib Abdel Massih portant sur la profession de pharmacien et la réglementation des compléments alimentaires, à la demande du Premier ministre Nawaf Salam. La séance a été levée à 13h10 par le président du Parlement, Nabih Berry, alors que débutaient les discussions sur une proposition de loi concernant les loyers non résidentiels. Le ministre des Finances, Yassine Jaber, a lui promis de préparer une étude détaillée sur des allocations aux civils dans la fonction publique.
Vote de la diaspora
Lundi, le président de la Chambre, Nabih Berry, a suscité une vive contestation en refusant d’inscrire à l’ordre du jour le dossier du vote des expatriés. Cette décision a notamment provoqué la colère des députés des Forces libanaises (FL), rejoints par ceux des Kataëb, de la contestation et plusieurs indépendants, qui ont quitté l’hémicycle pour protester. Le texte en question propose de modifier la loi électorale afin de permettre aux Libanais de l’étranger de voter, comme les résidents, pour les 128 députés du Parlement, au lieu de se limiter à six sièges réservés dans une circonscription spécifique. La séance a été levée vers 14h30 et devait reprendre à 18h, mais a finalement été reportée à mardi faute de quorum.
Mardi, plusieurs députés ont de nouveau protesté contre l’absence de la question du vote des expatriés à l’ordre du jour.
Le député des Forces libanaises Fadi Karam a dénoncé le refus du président du Parlement d’inscrire à l’ordre du jour les lois « revêtues du caractère de double urgence », « sous prétexte qu'il a créé une commission chargée de débattre de toutes les propositions relatives à la loi électorale ». Selon lui, « il s'agit d'une manière de perdre du temps, afin de garder la même situation concernant le vote des expatriés ».
« Nous avons urgemment besoin d’une décision sur le vote de la diaspora. S'ils limitent le vote à six sièges, cela impliquera une nouvelle circonscription. En quoi cela serait-il bénéfique pour les Libanais et la diaspora ? », s’est-il interrogé. Il a ajouté : « Certains veulent éloigner les expatriés et limiter leur influence sur les décisions dans le pays ».
« Il y a une majorité qui demande que la diaspora vote pour les 128 députés et nous allons gagner la bataille. Le retrait (lundi) de la séance sert à hausser la voix parce que nous mettre devant le fait accompli ne passera plus », a déclaré pour sa part le député des Kataëb Elias Hankach.
« Faire taire les voix chiites »
Samy Gemayel, chef du parti Kataëb, qui a boycotté la séance, a affirmé que les tergiversations autour de la loi électorale visaient « à faire taire les voix chiites de la diaspora qui pourraient influencer les prochaines législatives et casser la représentation unilatérale tout en promouvant la diversité au sein de la rue chiite ».
S’exprimant mardi à Saïfi lors d’une réunion avec le député Marc Daou, il a précisé que son parti « n’avait pas pour objectif de paralyser la séance législative» mais que « la tentative de faire passer l’article de la loi électorale sur la diaspora nous a poussés à prendre cette décision ».
Même son de cloche du côté de Marc Daou qui a insisté sur « la nécessité pour les expatriés de voter dans leurs circonscriptions d'origine pour élire 128 députés, à l'instar des Libanais résidant au Liban ».
Le vice-président du Parlement, Elias Bou Saab, a critiqué l'absence de certains députés, déclarant que le Parlement ne pourra pas amender la loi électorale s’il ne fonctionne pas correctement. « Les députés ont la responsabilité de se rendre au Parlement et de garantir le quorum », a-t-il insisté.
Avant la séance, il avait appelé les députés contestataires « à revoir leurs positions ». Interrogé par MTV, il a déclaré : « Je peux comprendre ceux qui boycottent, mais je ne vois rien de plus important que de légiférer aujourd’hui (…) Le principal sujet de discorde est celui de la diaspora. Chaque partie a des demandes là-dessus. Je vais convoquer une réunion de la commission parlementaire ad hoc la semaine prochaine. »
Une pétition pour l'annulation de l'article 112 de la loi électorale, concernant l'attribution de six sièges aux votants de la diaspora, circulait mardi en ligne.



Quel est le pouvoir du Vice President de ce parlement qui est tenu comme toutes les autres institutions par des mercenaires armées et leur chef pour achever notre pays? Peut il seulement dire à son supérieur qu’il a dépassé et de loin les bornes et ses prérogatives en inventant selon son humeur du jour des astuces pour empêcher l’application des lois instaurées par la République pour empêcher que des gens comme Berry ne se sente exempté ou au dessus parce qu’il l’avait décidé et personne pour le retenir ou le sanctionner. Assez de mollesse notre pays se meurt et vous êtes tous responsables de
15 h 23, le 01 juillet 2025