Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, prononce son discours d'ouverture lors de la 4e Conférence internationale des Nations Unies sur le financement et le développement à Séville, le 30 juin 2025. Photo Pierre Philippe/AFP
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé lundi la communauté internationale à « relancer le moteur du développement » face au « chaos climatique » et aux multiples conflits internationaux, lors de l'ouverture de la quatrième conférence internationale sur le financement du développement.
« Aujourd'hui, le développement et son grand catalyseur — la coopération internationale — sont confrontés à des vents contraires massifs », a regretté M. Guterres au premier jour de cette rencontre organisée à Séville, dans le sud du pays, où règne une chaleur caniculaire. « Nous vivons dans un monde où la confiance s'effrite et où le multilatéralisme est mis à rude épreuve. Un monde avec une économie au ralenti, des tensions commerciales croissantes et des budgets d'aide décimés. Un monde secoué par les inégalités, le chaos climatique et les conflits déchaînés », a-t-il poursuivi.
Dans ce contexte, il faut « accélérer les investissements à l'échelle et à la vitesse requises » afin de « réparer et relancer le moteur du développement », a insisté le responsable de l'ONU, en rappelant que « les deux tiers des objectifs de développement durable » fixés par la communauté internationale avaient pris « du retard ». « Il ne s'agit pas seulement d'une crise de chiffres. C'est une crise humaine », a-t-il souligné, en invitant les pays à « prendre les devants en mobilisant des ressources domestiques et en investissant dans les domaines ayant le plus grand impact », comme « les écoles », la santé et « les énergies renouvelables ».
Au moins 50 chefs d'Etat et de gouvernement participent jusqu'à jeudi à cette conférence dite FfD4, la quatrième du genre depuis 2002, aux côtés du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, des responsables des principales institutions financières internationales et de 4.000 représentants de la société civile. L'objectif est de trouver des solutions pour les pays du Sud, confrontés — selon les Nations unies — à « un déficit de financement estimé à 4.000 milliards de dollars par an » pour tenir leurs objectifs de développement durable fixés voilà dix ans dans le cadre de l'Agenda 2030.
Cette rencontre survient dans un contexte particulièrement sombre pour l'aide au développement, touchée de plein fouet par la réduction de l'aide humanitaire décidée par le président américain Donald Trump, qui a supprimé 83% des financements de programmes à l'étranger de l'agence de développement USAID.


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