La vice-présidente taïwanaise Hsiao Bi-khim s'exprime lors d'une conférence de presse à Taipei, Taïwan, le 19 juin 2024. Photo d'archives REUTERS/Ann Wang
La vice-présidente taïwanaise a déclaré samedi qu'elle ne se laisserait pas intimider par la Chine, après des informations selon lesquelles les services chinois auraient pu tenter de percuter sa voiture lors d'un voyage en Europe en 2024. L'événement est survenu en mars 2024 quand Hsiao Bi-khim qui, au moment des faits s'apprêtait à devenir vice-présidente de Taïwan, était en visite à Prague.
Un porte-parole du renseignement militaire tchèque a confirmé à l'AFP que des membres de la mission diplomatique chinoise ont instauré « une surveillance physique de la vice-présidente, cherché à obtenir des informations sur son programme ».
« Nous avons même enregistré des tentatives des services secrets civils chinois de créer les conditions pour une action cinétique démonstrative (...), mais qui, cependant, n'ont pas dépassé le stade préparatoire », a-t-il ajouté, en référence aux informations avancées par les autorités taïwanaises selon lesquelles ils auraient tenté de percuter sa voiture.
Prague n'a pas de relations diplomatiques officielles avec Taipei mais a développé des liens étroits avec l'île, que la Chine revendique comme son territoire et n'a pas exclu de recourir à la force pour la placer sous son contrôle. « J'ai passé un excellent voyage à Prague et je remercie les autorités tchèques pour leur hospitalité et pour avoir assuré ma sécurité, » a déclaré Mme Hsiao samedi dans un message sur X. « Les activités illégales du PCC ne m'empêcheront PAS d'exprimer les intérêts de Taïwan au sein de la communauté internationale », a-t-elle dit.
Le Conseil des Affaires continentales (MAC), l'organe taïwanais qui gère les relations de l'île avec la Chine, a déclaré que le parti communiste chinois a préparé des menaces et des intimidations par la terreur avant même que la vice-présidente et le président ne prennent leur fonction et que cela mettait en évidence la « nature violente » du PCC. Le bureau présidentiel de Taïwan a qualifié l'incident d' »illégal ».
Un responsable taïwanais de la sécurité, s'adressant à l'AFP sous couvert d'anonymat, a déclaré qu'il s'agissait d'un « cas typique » de « répression transnationale » de la part de la Chine. « La Chine utilise des zones grises juridiques pour harceler, menacer ou opprimer ses cibles », a déclaré le fonctionnaire. Par ailleurs, la Chine avait accentué les manoeuvres militaires de ses aéronefs autour de Taïwan au moment de la visite, un déploiement qui avait été perçu par les analystes comme une réaction à ce voyage.
Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Guo Jiakun a déclaré vendredi que Prague avait violé le « principe d'une seule Chine » et ses engagements politiques envers la Chine en autorisant Mme Hsiao, qu'il a décrit comme une irréductible militante de l« indépendance de Taïwan » à se rendre en République Tchèque. « Les diplomates chinois respectent toujours les lois et les règlements des pays d'accueil », a-t-il déclaré. Il a exhorté les autres pays à ne pas se laisser exploiter par les séparatistes de « l'indépendance de Taïwan » pour « susciter des problèmes » et saper les relations avec la Chine.


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