Le ministre français de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique Eric Lombard s'exprime lors d'une conférence de presse avant une réunion avec le deuxième Comité d'alerte des finances publiques à Paris, le 26 juin 2025. Photo AFP / JULIEN DE ROSA
Face aux menaces de droits de douane brandies par l'administration Trump, le ministre français de l'Economie Eric Lombard croit en un accord qui pourrait notamment passer par des discussions sur les importations d'énergie en Europe en provenance des Etats-Unis.
« A l'expérience des derniers mois, on voit bien que les Etats-Unis sont dans la transaction », a estimé Eric Lombard dans un entretien au journal La Tribune dimanche, mis en ligne samedi, alors que les droits de douane additionnels doivent en théorie être appliqués dès le mois de juillet. « Je pense que nous allons trouver un deal avec les Américains. »
Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, le président américain Donald Trump a fait des droits de douane un des points essentiels de sa politique. Le président américain a érigé un mur de nouvelles taxes sur les produits entrant dans son pays, avant de faire en partie marche arrière et d'imposer une pause de 90 jours, qui doit prendre fin le 9 juillet.
Dans le cadre de négociations entre l'UE et Washington, « il peut y avoir des discussions sur l'énergie, notamment sur le gaz naturel liquéfié « (GNL), a affirmé Eric Lombard. « L'Europe achète encore du GNL russe. Trois usines de liquéfaction du GNL sont en construction dans le golfe du Mexique. On peut donc augmenter nos importations de gaz américain, et cela peut être mis dans la balance pour éviter la hausse de 10% des tarifs douaniers », a précisé le ministre.
Ce dernier a aussi appelé à la fermeté face à Washington. « Les premières mesures de riposte sur 22 milliards d'euros d'importations venant des Etats-Unis sont en suspens. Nous travaillons avec la Commission européenne sur un deuxième paquet beaucoup plus large », a-t-il indiqué. « L'idéal serait de trouver un accord sans avoir à mettre en place une telle riposte. »
Le ministre français a par ailleurs dit ne pas craindre de poussée inflationniste provoquée par le conflit qui oppose Israël et l'Iran. Des perturbations sur les approvisionnements de brut iranien feraient en effet monter les prix du pétrole. « A 68 dollars le baril, le marché est en phase avec ce qui était anticipé. Je ne vois pas de risque d'une reprise de l'inflation liée aux coûts de l'énergie, comme cela a été le cas la première année de l'invasion russe en Ukraine », a-t-il jugé.


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