Cette image satellite fournie par Maxar Technologies et datée du 27 juin 2025 montre des excavateurs à l'entrée des tunnels de l'usine d'enrichissement de combustible de Fordo (FFEP), une semaine après les frappes américaines sur trois sites nucléaires iraniens au début du 22 juin. AFP PHOTO/ SATELLITE IMAGE ©2024 MAXAR TECHNOLOGIES
La France et ses principaux partenaires européens entendent jouer « un rôle central » dans les négociations sur le nucléaire iranien, notamment en raison de leur pouvoir à réimposer des sanctions contre l'Iran, a prévenu samedi le ministre français des Affaires étrangères.
« Si l'Iran (...) se refuse à négocier de bonne foi un encadrement strict et durable de son programme nucléaire, alors la France, avec ses partenaires européens, peut tout simplement, et par une simple lettre à la poste, ré-appliquer à l'Iran l'embargo mondial sur les armes, sur les équipements nucléaires et sur les banques et les assurances qui avait été levé il y a dix ans », a déclaré Jean-Noël Barrot sur la chaîne d'informations LCI.
Ce pouvoir à réactiver ces sanctions contre Téhéran appartient à chacun des signataires de l'accord de Vienne de 2015, appelé JCPOA (« Joint Comprehensive Plan of Action », ou Plan d'action global commun), à savoir la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Chine, la Russie, mais pas les Etats-Unis, puisque Washington est sorti de l'accord sous le premier mandat de Donald Trump en 2018.
« C'est pourquoi, d'une manière ou d'une autre, nous jouons un rôle central dans ces négociations », a estimé M. Barrot, souhaitant « qu'un dialogue puisse s'engager entre l'Iran et les Etats-Unis (...) qui tienne compte des exigences qui sont les nôtres » sur l'activité nucléaire de l'Iran, soupçonné par une large part de la communauté internationale de vouloir se doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran réfute.
Ce mécanisme de réimposition éventuelle des sanctions contre Téhéran expire le 18 octobre 2025.
M. Barrot a ajouté que « ces derniers mois, c'est singulièrement le sort de nos otages qui a été au coeur de nos discussions (avec les autorités iraniennes) », en évoquant la détention depuis mai 2022 de Cécile Kohler, 40 ans, et de son compagnon septuagénaire Jacques Paris. Le couple a été arrêté le 7 mai 2022, au dernier jour d'un voyage touristique en Iran, sous l'accusation d' »espionnage ». Paris les considère depuis comme des « otages », et exige leur libération immédiate.
« Ces derniers jours, j'ai demandé à ce qu'un contact puisse être établi avec eux, soit par notre consulat, soit par leurs familles. J'attends toujours un retour clair (des autorités iraniennes) et je dois dire que je commence à m'impatienter », a poursuivi M. Barrot. « On continuera d'accentuer la pression. Et comme vous avez sans doute pu le constater, nous disposons, s'agissant de l'Iran, de leviers considérables », a-t-il déclaré.


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