Le député Ali Hassan Khalil (mouvement Amal) s'exprimant le 11 juin au siège du Parlement. Photo fournie par le Parlement libanais.
Le député Ali Hassan Khalil (mouvement chiite Amal) a réaffirmé mercredi la nécessité pour le gouvernement de respecter son engagement à œuvrer en faveur d'une nouvelle loi électorale « juste », tel que mentionné dans sa déclaration ministérielle.
Intervenant lors d’une séance de la sous-commission parlementaire chargée d’examiner les propositions de lois relatives aux élections, Ali Hassan Khalil a regretté que « cette démarche n’ait pas encore été mise sur la bonne voie », bien que revêtant « une importance exceptionnelle ». Il a rapporté que, selon le ministre de l'Intérieur, deux mois sont nécessaires pour travailler sur ce projet, et a réclamé « une réponse claire du Premier ministre sur les intentions du gouvernement en la matière ».
Le député a estimé que ce dossier était « fondamental si l’on tient à préserver la régularité de la vie constitutionnelle ». « Il est temps pour les Libanais d’affronter la réalité : ils doivent sortir du carcan confessionnel et communautaire, afin d’améliorer la représentation politique et de faire progresser la vie politique », a-t-il souligné.
Ali Hassan Khalil a rappelé que son bloc milite depuis des années pour l’instauration d’un Sénat et d’un Parlement libéré de la répartition confessionnelle, comme prévu par l'Accord de Taëf. « Ce que nous proposons ne vise personne, et ne repose sur aucun calcul politique étroit », a-t-il insisté.
Il a enfin souligné que son bloc est disposé à débattre de toutes les propositions figurant à l’ordre du jour, « de la loi fondée sur le scrutin uninominal à celle dite orthodoxe », tout en appelant à « avoir le courage d’ouvrir ce débat sans retenue ».
Le vice-président du Parlement Elias Bou Saab, qui présidait la réunion, a rappelé, pour sa part, que « la déclaration ministérielle évoque un engagement clair en faveur d’un texte électoral moderne ». « La question posée aujourd’hui est simple : qu’a fait le gouvernement dans ce sens ? A-t-il préparé un tel texte ? », a-t-il lancé. Selon lui, le ministre de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, a promis qu’« un projet de loi serait prêt dans un mois ou deux », une fois finalisé par le gouvernement et transmis au Parlement.
M. Bou Saab a enfin alerté sur les délais serrés : « Il ne reste qu’un an avant les élections », et « le ministère de l’Intérieur n’est pas prêt à émettre la carte électorale intelligente ». Il a aussi souhaité que le ministre des Affaires étrangères prenne part à la prochaine séance «pour apporter des réponses essentielles sur le vote des Libanais de l’étranger».
Deux propositions de loi ont été présentées par Ali Hassan Khalil, bras droit de Nabih Berry, président du Parlement. Le premier texte prévoit , en vue du prochain scrutin, l'amendement de la loi électorale de 2017, sur la base de laquelle se sont déroulées les élections législatives de 2018 et de 2022. Il propose de remplacer les 15 circonscriptions actuelles par une seule, sur la base de la proportionnelle. Le second porte sur la création d'un Sénat. Selon la proposition, cette Chambre haute serait composée de 46 membres élus sur une base de quotas confessionnels et de parité entre chrétiens et musulmans, alors que les députés ne seraient plus élus sur une base confessionnelle comme c’est le cas aujourd’hui.
La proposition de loi dite « orthodoxe », datant de 2013, prévoit que le Liban forme en théorie une seule circonscription, mais où les électeurs votent uniquement pour des candidats de la même confession qu’eux.


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