Des gendarmes français contrôlent l'accès à un collège après qu'une assistante pédagogique de 31 ans a été poignardée par un élève de 15 ans lors d'une fouille de sac à Nogent, dans l'est de la France, le 10 juin 2025. Photo Jean-Christophe Verhaegen /AFP
Une assistante d'éducation a été mortellement poignardée mardi dans l'est de la France par un collégien devant son établissement, suscitant une vive émotion face à ce que le président Emmanuel Macron a qualifié de « déferlement de violence insensé ».
L'adolescent a été arrêté et placé en garde à vue après avoir « blessé grièvement une assistante d'éducation » de 31 ans avec un couteau lors d'un contrôle de sacs, a précisé la préfecture. L'adolescent, « un collégien de 14 ans qui n'avait pas d'antécédents judiciaires », a été immédiatement maîtrisé par les gendarmes présents, a rapporté le procureur de Chaumont Denis Devallois, précisant qu'un gendarme a été légèrement blessé. La surveillante est décédée de ses blessures, a ensuite indiqué une source proche de l'enquête.
« C'est un jeune d'une famille dont les deux parents travaillent, qui ne présente pas de difficultés particulières, qui était ambassadeur harcèlement », a indiqué la ministre de l'Éducation Elisabeth Borne, venue sur place, soulignant que « ses professeurs sont totalement sidérés de ce qui a pu se produire ». « Plusieurs coups de couteau » ont été portés juste au moment de la rentrée en classe et le suspect, immédiatement maîtrisé par les gendarmes présents pour un contrôle de sacs, « serait bien un collégien de l'établissement » selon les premières informations disponibles, selon le rectorat. Une équipe mobile de sécurité a été déployée sur place, ainsi qu'une cellule de soutien psychologique.
Des contrôles aléatoires de sacs dans les établissements scolaires ont été mis en place en France après une rixe en mars qui a provoqué la mort d'un adolescent de 17 ans devant un lycée du département de l'Essonne, en région parisienne. Le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a alors promis davantage de « dissuasion et de sanctions » aux abords des établissements scolaires après ce qu'il avait qualifié de « longue litanie » de rixes mortelles. Le contrôle de sacs de mardi était « prévu de longue date », a précisé le rectorat, soulignant qu'il n'y avait « pas de difficultés particulières » dans cet établissement.
« Ennemi public »
Mme Borne a évoqué « des annonces que le Premier ministre pourra faire dans les prochaines heures », « notamment sur une meilleure régulation de la vente de ces armes blanches ». Le Premier ministre François Bayrou a assuré vouloir faire un « ennemi public » du fléau « des armes blanches chez nos enfants ».
La surveillante, ancienne coiffeuse qui travaillait au collège depuis septembre, était maman d'un petit garçon, selon Aurore, l'une de ses cousines. « C'était quelqu'un de très souriant, très gentil, la douceur incarnée, Mélanie », a-t-elle témoigné, déposant une rose. « Alors qu’elle veillait sur nos enfants à Nogent, une assistante d'éducation a perdu la vie, victime d'un déferlement de violence insensé », a écrit Emmanuel Macron sur X.
L'agression a déclenché l'émoi, notamment au sein des responsables politiques et de la communauté éducative. Cette agression « nous glace », a déclaré Mathilde Panot, présidente du groupe LFI (gauche radicale) à l'Assemblée nationale, quand le Premier secrétaire du PS Olivier Faure l'a qualifiée d' »abomination ». La cheffe de file de l'extrême droite française Marine Le Pen a déploré sur X la « banalisation de l'ultraviolence, encouragée par l'apathie des pouvoirs publics à y mettre fin ». « On ne peut pas se dire chaque élève est un danger, est une menace, sinon on ne se lève plus le matin », a de son côté commenté Jean-Rémi Girard, président du Snalc (Syndicat national des lycées et collèges).
Fin avril, au lendemain d'une attaque mortelle dans un lycée à Nantes, le ministère de l'Education nationale avait indiqué que 958 contrôles aléatoires de sacs dans les établissements scolaires avaient permis la saisie de 94 armes blanches depuis mars. Cette attaque au couteau avait fait un mort et trois blessés et François Bayrou avait annoncé « une intensification des contrôles mis en place aux abords et au sein des établissements scolaires ».
Un autre drame a eu lieu dans une école dans une école, à Graz, dans le sud-est de l'Autriche, où des tirs ont fait plusieurs morts, dont l'assaillant présumé, ainsi que des blessés graves, selon le ministère de l'Intérieur cité par la télévision publique. Un élève du lycée serait à l'origine des tirs ayant nécessité une évacuation d'urgence.


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