Le député Hassan Fadlallah s'exprimant depuis le Liban-Sud, lundi. Photo envoyée par Mountasser Abdallah
Hassan Fadlallah, député du Hezbollah, a estimé lundi que « l’ennemi israélien profite aujourd’hui de l’incapacité de l’État libanais à instaurer des équations de protection, d’équilibre des forces et d’affrontement, et à empêcher ses agressions en territoire libanais ».
« Nous ne demandons naturellement pas à l’État libanais, dans les circonstances présentes, d’affronter militairement les Israéliens en l’absence de tout équilibre des forces, mais celui-ci est capable de mobiliser tous ses atouts politiques, populaires, sécuritaires et médiatiques afin de faire pression sur les nations qui ont parrainé le cessez-le-feu », a-t-il ajouté.
M. Fadlallah s’exprimait lundi lors d’une cérémonie pour la première commémoration du décès d’un haut cadre du parti dans le village de Adchit (caza de Marjeyoun). Il fait référence aux agressions israéliennes continues au Liban-Sud et occasionnellement dans la banlieue-sud de Beyrouth, comme c’était le cas jeudi dernier, malgré le cessez-le-feu du 27 novembre dernier qui avait mis fin au conflit entre le Hezbollah et l’Etat hébreu, sous le parrainage de plusieurs pays, principalement les Etats-Unis et la France. L’armée israélienne conserve en outre cinq points qu’elle considère « stratégiques » au Liban-Sud.
Le député du Hezbollah n’a pas ménagé les dirigeants libanais dans sa harangue. « Ils parlent de la déclaration ministérielle et de leur engagement à la mettre en application, sans rappeler que les priorités y sont mentionnées comme suit : la protection de la souveraineté du Liban, la reconstruction, la protection des frontières par l’Etat, la libération du territoire libanais par tous les moyens, et puis la stratégie de défense qu’il faudrait débattre dans l’optique de profiter des atouts qu’offre la résistance », a-t-il assené. Il a exposé ainsi l’interprétation que donne souvent le Hezbollah de la déclaration ministérielle, répondant par là même aux appels à son désarmement par des parties internes comme externes, un point cité dans l’accord de cessez-le-feu, dans la déclaration ministérielle et dans le discours d’investiture du président Joseph Aoun. Dans tous ces documents, les termes « monopole des armes aux mains de l’Etat » sont écrits en toute évidence.


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin