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Dernières Infos - Israël

Risque de chute pour Netanyahu sur le service militaire des ultra-orthodoxes


Un manifestant portant un masque représentant le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou tient un drapeau et une poupée lors d’une manifestation anti-gouvernementale réclamant des mesures pour obtenir la libération des otages israéliens détenus depuis les attaques du 7 octobre 2023 perpétrées par des militants palestiniens, devant le ministère de la Défense à Tel-Aviv, le 31 mai 2025.

La majorité du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, est rattrapée par l'épineuse question de la conscription des juifs ultraorthodoxes, qui pourrait faire tomber le gouvernement et provoquer des élections anticipées.

« Israël se rapproche des élections », titre jeudi le quotidien ultraorthodoxe Yated Neeman, relayant des propos attribués au rabbin Dov Landau, un des dirigeants spirituels du parti ashkénaze Judaïsme unifié de la Torah (JUT).

« Un gouvernement qui se conduit ainsi envers les étudiants de la Torah, c'est honteux et il faut le faire tomber », ajoute le journal en citant ce rabbin dans une référence à une promesse, non tenue par M. Netanyahu, de faire voter une loi garantissant aux étudiants d'écoles talmudiques qu'ils seront exemptés du service militaire, obligatoire en Israël pour les hommes et les femmes dès l'âge de 18 ans.

Formé en décembre 2022, le gouvernement de M. Netanyahu tient grâce à une alliance entre son parti, le Likoud (droite), des formations d'extrême droite, et des partis juifs ultraorthodoxes résolus à conserver cette exemption de plus en plus mal acceptée par le reste de la société israélienne après presque 20 mois de guerre avec le mouvement islamiste palestinien Hamas à Gaza.

M. Netanyahu peut sur le papier se passer du soutien des sept députés du JUT, mais les 11 députés de Shass (parti ultraorthodoxe sépharade) lui feraient perdre sa majorité en quittant la coalition en bloc.

Or si le feu couvait depuis plusieurs semaines avec les rabbins de JUT, le Shass menace maintenant de quitter la coalition, comme l'a confirmé à l'AFP une source du parti, lequel exige "une solution avant lundi".

Sanctions 

Au coeur de la dispute, une initiative de loi portée par le président de la Commission parlementaire de la défense, Yuli Edelstein (Likoud), destinée à multiplier l'enrôlement des « haredim » ( « craignants Dieu ») et à durcir considérablement les sanctions contre les réfractaires.

Sentant probablement le vent tourner, le chef de l'opposition Yaïr Lapid, a annoncé mercredi son intention de proposer une loi de dissolution du Parlement « la semaine prochaine », profitant de l'éventuel soutien qu'il pourrait avoir de la part des ultra-orthodoxes.

La question de la conscription des ultra-orthodoxes est un serpent de mer de la politique israélienne.

En vertu d'un arrangement remontant à la création de l'Etat d'Israël, en 1948, les hommes haredim ont bénéficié pendant des décennies d'une exemption militaire de facto, à condition qu'ils se consacrent à l'étude à plein temps des textes saints du judaïsme dans des yéshivas (écoles talmudiques).

Mais cette exemption a été remise en cause par la Cour suprême au début du siècle, forçant les gouvernements successifs à bricoler des arrangements législatifs temporaires pour contenter les ultraorthodoxes, faiseurs et tombeurs de gouvernements.

Depuis juin 2024, l'exécutif se retrouve sous la pression de la justice pour procéder à l'enrôlement des ultraorthodoxes en l'absence d'une loi garantissant valablement leur exemption.

« Dilemme »

En avril, un représentant de l'armée a déclaré devant une commission parlementaire que sur 18.000 appels sous les drapeaux envoyés à des ultra-orthodoxes, seuls 232 avaient répondu positivement.

M. Edelstein a proposé lors de cette réunion des sanctions contre les réfractaires comme l'interdiction de sortir du territoire ou de passer son permis de conduire.

Le maintien de l'exemption est "une question existentielle pour les ultra-orthodoxes", rappelle à l'AFP Emmanuel Navon, professeur de sciences politiques à l'Université de Tel-Aviv, pour qui "même si ils n'obtiendront pas mieux avec un autre gouvernement, ils peuvent aller jusqu'au bout" et faire tomber le cabinet actuel.

Selon un sondage publié dans le quotidien de droite Israël Hayom en mars, 85% des juifs israéliens soutiennent un changement dans la loi sur la conscription des haredim dont 41% en faveur d'une loi rendant effectivement obligatoire le service militaire (32 mois pour les hommes) pour tous ceux d'entre eux en âge de le faire.

Agé de 75 ans, M. Netanyahu, qui détient le record de longévité au pouvoir en Israël, « se considère comme irremplaçable et se représentera aux prochaines élections » (fin 2026 si la législature actuelle va à son terme), estime M. Navon.

Cependant, ajoute-t-il, entre le risque de perdre sa majorité sans loi pérennisant l'exemption des ultra-orthodoxes et celui d'une perte de sa base électorale ou d'une fronde au sein du Likoud s'il cède aux « hommes en noir », le Premier ministre est face à "un dilemme".

Afin de sauver le gouvernement, M. Netanyahu devra contenter les diverses formations de la coalition sur cette question délicate, exercice politique d'équilibriste dans lequel il est passé maître, mais qui l'a fait chuter en décembre 2018.

La majorité du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, est rattrapée par l'épineuse question de la conscription des juifs ultraorthodoxes, qui pourrait faire tomber le gouvernement et provoquer des élections anticipées.« Israël se rapproche des élections », titre jeudi le quotidien ultraorthodoxe Yated Neeman, relayant des propos attribués au rabbin Dov Landau, un des dirigeants spirituels du parti ashkénaze Judaïsme unifié de la Torah (JUT).« Un gouvernement qui se conduit ainsi envers les étudiants de la Torah, c'est honteux et il faut le faire tomber », ajoute le journal en citant ce rabbin dans une référence à une promesse, non tenue par M. Netanyahu, de faire voter une loi garantissant aux étudiants d'écoles talmudiques qu'ils seront exemptés du service militaire, obligatoire en...