Des voitures faisaient déjà la queue mardi matin avant de traverser la frontière à Arida entre le Liban et la Syrie. Photo Mohammed Yassine/OLJ
Au Liban, le poste-frontière de Arida, l’un des points de passage officiel vers la Syrie, a rouvert ce matin à 8h, selon nos journalistes sur place, Lyana Alameddine et Mohammad Yassine. Ce poste est situé entre la région de Tartous dans l’ouest de la Syrie et le Liban-Nord. Il avait été fermé en raison de frappes israéliennes régulières sur l'infrastructure, jusqu'au 27 novembre 2024.
« Nous informons les voyageurs que le poste frontière de Arida avec le Liban sera ouvert au trafic de passagers mardi matin, malgré les travaux de restauration et d'entretien toujours en cours, et ce afin de faciliter la circulation des personnes pendant la fête de de l'Adha », avaient communiqué les autorités syriennes, à quelques jours de la réouverture. L'Adha, célébration musulmane qui marque la fin du pèlerinage à la Mecque, sera fêtée dès jeudi soir et jusqu’au lundi 9 juin.
Le texte ne permettait pas de savoir si le passage entre les deux pays sera limité aux voitures et aux bus transportant des passagers, ou s'il inclura également les camions de marchandises. « Il est indiqué que la circulation est désormais limitée aux voitures particulières et aux bus de passagers, et on ne sait pas si les camions de transport seront également autorisés à traverser », relève notre correspondant au Liban-Nord Michel Hallak. « Cette question reste incertaine jusqu'à présent, le retour du trafic de transit et du transport de marchandises entre le Liban et la Syrie dans le nord rétablirait la vie de tous les secteurs économiques et agricoles », précise-t-il.
« Des centaines de véhicules » à la frontière
De son côté, le directeur des relations locales et internationales de l’Autorité syrienne des ports terrestres et maritimes, Mazen Allouche, a affirmé dans un communiqué mardi qu' « environ 1 500 citoyens et des centaines de véhicules ont franchi le passage des deux côtés sans encombre entre 8h et 11h ». Il a également indiqué que les cadres « sont répartis dans toutes les installations du point de passage », affirmant avoir établi une communication directe avec les responsables côté libanais pour assurer la fluidité du trafic.
Selon M. Allouche, l’ouverture du passage a été précipitée malgré les travaux toujours en cours en raison des « nombreuses demandes des citoyens souhaitant venir en Syrie pour la fête de l’Adha ». Il a également précisé que ce point de passage a été « bien équipé, mais il reste quelques préparatifs qui seront achevés après la fête ». « L’Autorité syrienne est prête à fournir les efforts nécessaires pour faciliter le passage des citoyens syriens, arabes et étrangers par ce poste », a-t-il ajouté.
Sur place, les traces des frappes israéliennes qui avaient ciblé ce site en novembre dernier, de manière répétée, avant le cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hezbollah, sont encore visibles. Une partie du pont est toujours détruite. Des travaux de restauration sont en cours.
Vers 7h du matin, une dizaine de voitures attendaient déjà pour passer le contrôle de la Sûreté générale. Au fil des minutes, les véhicules ont continué d’affluer. Peu avant 9h, plus de 100 personnes avaient franchi le poste-frontière de Arida du Liban vers la Syrie. Le trafic automobile dans les deux sens entre le Liban et la Syrie, s’est intensifié rapidement dès l’ouverture du poste frontière qui entend faciliter le passage des Syriens et des Libanais, en particulier à l'approche de la fête de l’Adha, rapporte notre correspondant, Michel Hallak.
Des voitures syriennes ont toutefois été vues en train de remplir leurs réservoirs de carburant dans plusieurs stations-service le long de la route reliant Aboudieh à Debsiyeh, non loin du passage frontalier.
Les autorités libanaises et syriennes prennent les mesures nécessaires pour faciliter le mouvement de passage, en particulier pour les Syriens qui souhaitent retourner dans leur pays, après avoir été déplacés en 2011 lors de la crise syrienne.
Les postes-frontières du Liban-Nord, dont celui de Arida, avaient été endommagés par des bombardements israéliens en novembre dernier. Israël affirmait après ces frappes viser les routes d’approvisionnement du Hezbollah et ces bombardements avaient tué notamment une fillette. Outre le pont enjambant le fleuve, le poste de la Sûreté générale (en charge de contrôler les entrées et sorties du Liban), le port de pêcheurs à proximité et des habitations du village avaient également été endommagés.
Des réparations de fortune avaient été réalisées à la demande de l'ancien ministre libanais des Travaux publics et des Transports, Ali Hamiyé. Le ministre actuel Fayez Rassamny avait annoncé l’ouverture d’une passerelle provisoire pour ce poste-frontière, et des travaux de plus grande envergure sont toujours en cours pour reconstruire le pont sur le fleuve el-Kabir.


