L'envoyé spécial américain Steve Witkoff lors d'une cérémonie à la Maison Blanche, le 28 mai 2025. Photo Andrew Harnik / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Washington a jugé la réponse du Hamas à sa proposition de trêve dans la bande de Gaza de « complètement inacceptable », critiquant un retour en arrière. Dans un communiqué publié samedi, le mouvement islamiste palestinien avait annoncé avoir « soumis sa réponse à la dernière proposition de l'émissaire américain » pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff. Selon des observateurs, des positions irréconciliables persistent entre le Hamas et Israël, notamment sur la fin de la guerre, alors que la dernière version du plan américain aurait intégré des exigences israéliennes.
Les Etats-Unis avaient indiqué plus tôt dans la semaine avoir reçu l'assentiment d'Israël à cette proposition, le président Donald Trump assurant vendredi qu'un accord sur un cessez-le-feu à Gaza était « tout proche ». En guerre depuis contre le Hamas dans la bande de Gaza, Israël fait face à une pression internationale croissante pour mettre fin au conflit. La situation humanitaire est catastrophique dans le territoire palestinien, où un blocus de plus de deux mois, partiellement assoupli la semaine dernière, a entraîné de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens de première nécessité.
Acceptée par le gouvernement israélien, la proposition américaine comprenait la libération de dix otages vivants et de 18 dépouilles de captifs en deux fois, la moitié le premier jour puis le reste la deuxième semaine de la trêve de 60 à 70 jours qui serait ainsi conclue - sur les 251 personnes enlevées par le Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, 57 sont toujours retenues dans la bande Gaza, dont au moins 34 sont mortes, selon les autorités israéliennes. Ces libérations se feraient en échange de celles de 125 prisonniers palestiniens condamnés à perpétuité ainsi que 1 100 Palestiniens détenus à Gaza par l'armée israélienne et le corps de 180 autres tués lors d'attaques contre des Israéliens, selon le média Axios. Vendredi, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait ainsi sommé le Hamas d'accepter le plan de Washington, sous peine d'« être anéanti ».
Le Wall Street Journal, qui a eu accès à une copie de la réponse du groupe, souligne que le mouvement palestinien a suggéré des modifications à la proposition américaine, comme la libération graduelle des otages vivants, le retour à un système de distribution d'aide humanitaire géré par l'ONU - et non pas via la Gaza Humanitarian Foundation - et le retrait des forces israéliennes selon les lignes tenues en mars, avant la reprise des bombardements israéliens. Le Hamas craint en outre que l'issue des négociations prévues dans l'accord sur la fin de la guerre n'aboutissent pas sans garantie américaine, qu'il appelle de ses voeux au-delà de garantir la tenue des pourparlers.
« Parti-pris total »
La réponse du Hamas est « complètement inacceptable et cela ne fait que nous faire revenir en arrière », a déploré samedi M. Witkoff sur son compte X, ajoutant que le Hamas « devrait accepter la proposition que nous avons présentée comme base pour des pourparlers, que nous pouvons commencer dès la semaine prochaine », sans autres détails. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a lui aussi jugé « inacceptable » la réponse du Hamas, estimant qu'elle faisait « reculer le processus », selon un communiqué de son bureau samedi.
« Nous n'avons pas rejeté la proposition de Witkoff », a réagi auprès de l'AFP Bassem Naïm, membre du bureau politique du Hamas, affirmant que c'est la réponse israélienne à cette proposition « qui était en désaccord avec toutes les dispositions sur lesquelles nous nous étions mis d'accord ». « Néanmoins, nous avons maintenant répondu de manière positive et responsable, de manière à satisfaire les exigences et les aspirations minimales de notre peuple », a ajouté ce responsable. « Pourquoi, à chaque fois, la réponse israélienne est-elle considérée comme la seule réponse pour la négociation ? », a-t-il protesté, dénonçant « un parti-pris total en faveur de l'autre partie ». Les médiateurs qataris et égyptiens poursuivraient leurs discussions avec le Hamas pour trouver un compromis.
Le 19 mai, Benjamin Netanyahu s'était dit ouvert à un accord incluant la fin de l'offensive militaire, mais il avait ajouté qu'un tel accord devrait inclure l'« exil » du Hamas et le « désarmement » de la bande de Gaza, des exigences jusque-là rejetées publiquement par le mouvement palestinien qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007. Le mouvement palestinien a néanmoins affirmé à plusieurs reprises être prêt à lâcher la gouvernance de l'enclave. Depuis la reprise des combats à la mi-mars, à l'initiative d'Israël, après une trêve de deux mois, l'armée israélienne a intensifié ses opérations militaires dans la bande de Gaza dans le but affiché d'en prendre le contrôle total.


Hélas, Hamas a raison. S’ils libèrent le reste des otages, et les israéliens libèrent quelques prisonniers , et puis recommencent la boucherie, sans avoir même le souci de la vie des otages, ils sont perdants-perdants. Tous les otages israéliens tenus maintenant par Hamas sont des soldats actifs du sexe masculin , donc plutôt “prisonniers de guerre.” Liberez Marwan Barghouti et le Dr Hossam Abu Safiya! S’ils sont en vie…..
23 h 02, le 01 juin 2025