Le chef de l’unité de liaison du Hezbollah, Wafic Safa, et la coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, le 30 mai 2025. Photo diffusée par le Hezbollah
Le chef de l’unité de liaison du Hezbollah, Wafic Safa, a rencontré jeudi la coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, avec qui il a discuté de la résolution 1701 du Conseil de sécurité ainsi que des récents développements au Liban-Sud.Selon un communiqué du Hezbollah, la rencontre a porté sur « les évolutions le long de la ligne bleue, les agressions israéliennes répétées contre le Liban, les risques d’une escalade potentielle, ainsi que la nécessité de respecter et de mettre en œuvre la résolution onusienne afin de préserver la stabilité dans la région ».Le président Joseph Aoun, ainsi que le président du Parlement Nabih Berry, se sont aussi entretenus séparément jeudi avec Jeanine Hennis-Plasschaert. Le chef de l’État a notamment indiqué qu’il poursuivait ses contacts avec les parties arabes et internationales afin de faire pression sur Israël pour qu’il applique les termes de l’accord de cessez-le-feu, permettant ainsi à l’armée libanaise de mener à bien son déploiement. Malgré cet accord conclu en novembre 2024, après plus de 13 mois de guerre entre le Hezbollah et Israël, l’État hébreu mène des frappes quasi quotidiennes au Liban-Sud et continue d’occuper cinq zones à l’intérieur du territoire libanais.Sur le terrain, l’armée libanaise a annoncé avoir « découvert et démantelé un appareil d’espionnage ennemi, camouflé et équipé d’une caméra, dans la zone de Bir Cheaib, aux alentours de la localité de Blida (Marjeyoun) ». Une patrouille de l’armée a également procédé à la destruction de 13 talus en terre qui avaient été érigés dans la localité par l’armée israélienne. En parallèle, des tracts ont été trouvés sur les murs d’une maison et d’une école accueillant des personnes en situation de handicap dans la localité de Aïta el-Chaab (caza de Bint Jbeil), rapporte notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah. « Cet endroit a été utilisé par l’organisation du Hezbollah (...) Nous ne permettrons pas au Hezbollah de revenir et de mettre à nouveau la région en danger. Il n’y aura pas d’autre avertissement », peut-on lire sur les tracts. Des tracts similaires auraient été trouvés dans le village de Dhaïra (caza de Tyr). Fait assez rare, au moment de passer sous presse, aucune frappe israélienne n’avait été signalée au Liban-Sud et dans la Békaa vendredi.
Des armes du Hezbollah auraient été détruites par la brigade Golani en Syrie
Dans ce cadre, la chaîne 12 israélienne a révélé les détails d’une opération menée de nuit par le bataillon 7006 de la brigade Golani, lors de laquelle des soldats israéliens se seraient infiltrés dans le village de Hader, dans le sud de la Syrie, et y auraient détruit des armes du Hezbollah. Ce canal cite des sources militaires israéliennes, mais aucune information officielle n’a été publiée sur le compte de l’armée ni relayée par d’autres médias. Selon les informations de cette chaîne, l’opération menée dans le village de Hader a eu lieu « il y a environ une semaine et demie ». Les soldats de la brigade auraient détruit des armes du Hezbollah, dont des « fusils de précision, des kalachnikovs, des RPG et des roquettes ». Le commandant du bataillon, cité par la chaîne 12 qui ne le nomme pas, a affirmé qu’il ne s’agissait pas d’une opération « de routine », et que la décision de s’infiltrer dans le village de Hader a été prise sur la base d’une information des services de renseignements israéliens. Selon ces informations, « le village avait une grande quantité d’armes du Hezbollah destinées à des opérations contre l’armée israélienne ». Le Hezbollah était présent militairement en Syrie, où il combattait aux côtés de l’armée de Bachar el-Assad contre les rebelles. À l’heure où l’émissaire américain pour la Syrie, Thomas Barrack, appelle Damas au dialogue avec Israël pour un pacte de « non-agression », les tensions persistent dans la zone frontalière du Golan, où l’armée israélienne maintient une présence en territoire syrien. L’agence Reuters avait révélé, plus tôt cette semaine, que des réunions entre responsables syriens et israéliens s’étaient tenues durant le mois en vue de prévenir un embrasement de cette région. Situé à la frontière entre la Syrie, la Jordanie, le Liban et Israël, le plateau montagneux du Golan est au cœur d’un différend de longue date entre Israël et la Syrie. Depuis l’occupation par l’armée israélienne du plateau en 1967, lors de la guerre des Six-Jours, les deux pays se disputent sa souveraineté. Dans la foulée de la chute du régime Assad, le 8 décembre 2024, Israël avait annoncé le déploiement de son armée dans la zone tampon démilitarisée du Golan, à la lisière de la partie occupée de ce plateau. Le village de Hader se trouve dans le sud de la Syrie, à la limite de la zone surveillée par la Force des Nations unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD). Selon le dernier recensement du village qui date de 2004, Hader est peuplée de 4 819 habitants, majoritairement druzes.


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12 h 04, le 31 mai 2025