Wissam Saadé. Photo diffusée sur X.
Le journaliste et écrivain Wissam Saadé, convoqué vendredi matin par la Sûreté générale après une perquisition la veille de son domicile et la confiscation de plusieurs de ses effets personnels, a été libéré dans l'après-midi « contre une preuve de résidence », selon les informations de L'Orient-Le Jour.
D'après l'intéressé et une source proche de l'affaire, M. Saadé a été interrogé concernant des appels téléphoniques passés en Israël par une ancienne employée de maison et un message qu'il aurait reçu en 2019 depuis un numéro cambodgien. Le message demandait au journaliste de « l'appeler immédiatement » et la Sûreté générale a initialement soupçonné que l'auteur de ce message était Israélien, précisent nos informations.
La perquisition et l'interrogatoire ont eu lieu sur base d'une demande du commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, le juge Fadi Akiki. Au Liban, une libération contre preuve de résidence signifie une remise en liberté conditionnée par la provision d'une preuve de lieu de résidence, qui sert de garantie sur la disponibilité de la personne libérée pour la suite de la procédure judiciaire.
Appel à Tel-Aviv et message d'un numéro cambodgien
Selon Rabih el-Amine, réalisateur et proche du journaliste, l'appel depuis le domicile de M. Saadé à un numéro israélien avait été passé par son ancienne employée domestique, supposément pour contacter sa sœur, qui travaille chez une famille russe à Tel-Aviv. Cet appel avait été signalé par le journaliste lui-même en octobre, et il avait mis fin au contrat de son employée.
Au Liban, tout contact avec des personnes ou entités israéliennes est strictement prohibé par la loi de 1955 sur le boycott d’Israël ainsi que par le Code pénal libanais. Ces lois interdisent toute forme de communication directe ou indirecte, y compris en ligne, et les infractions peuvent entraîner de lourdes sanctions, telles que l’emprisonnement ou des amendes. Le tribunal militaire est compétent pour traiter ce type de dossier, et l’application de la loi a déjà entraîné des interrogatoires pour des contacts numériques même très limités.
« Informants secrets »
La source informée a ajouté que « l’interrogatoire de Wissam Saadé a commencé à 10 heures et a duré environ une heure et demie, avant qu’il ne soit libéré ». La Sûreté générale a ensuite transmis le dossier au juge Akiki, qui devra décider s'il engage des poursuites ou classe l'affaire. « Il semble qu’aucune infraction n’ait été commise, rien de criminel n’ayant émergé de l’interrogatoire. Sur la base de celui-ci, rien n’indique qu’il doive être poursuivi. À ce stade, il semble que l’affaire soit close », a ajouté cette source.
Dans un commentaire sur Facebook, M. Saadé a écrit avoir été interrogé « avec professionnalisme » sur différents sujets, y compris « un message ou un numéro que j’aurais reçus du Cambodge en 2019 ». Il a ajouté : « Ce dont nous avons besoin, c’est que notre pays soit une terre de liberté, et non de peur et de soupçon. »
Après l’interrogatoire, Wissam Saadé a déclaré à la presse qu’il avait été interrogé sur « plusieurs personnalités publiques » qu’il connaît. Concernant l’appel « suspect » de 2019, il a souligné aux enquêteurs que « ce téléphone ne fonctionne plus » et ceux-ci ont « laissé tomber en raison d'un manque de preuve ». Le journaliste a aussi déclaré avoir été interrogé sur sa position « concernant la paix avec Israël, et j’ai dit que ma position est connue à travers mes écrits. Je suis pour une paix juste et globale. » Il a estimé que ce genre d’incidents survient lorsqu’« un informateur dit quelque chose, mais ces informateurs finiront par être identifiés ». Dans sa publication Facebook, il a également évoqué « des informateurs secrets évoluant dans l’ombre, non identifiés ».
Vague de solidarité sur les réseaux sociaux
Dans le cadre cette affaire, le Premier ministre Nawaf Salam a contacté dans l'après-midi le ministre de la Justice, Adel Nassar, pour lui faire part de « son attachement total à la préservation des libertés publiques et privées », qui constituent selon lui « l’un des piliers fondamentaux du système démocratique libanais et sont consacrées par la Constitution », a rapporté l'Agence nationale d'informations (ANI, officielle). M. Salam a également insisté sur « l’importance de renforcer les procédures juridiques et sécuritaires conformément aux normes internationales et aux exigences de l’État de droit ».
Depuis l'annonce de la perquisition, une vague de solidarité est apparue sur les réseaux sociaux.
« Toute notre solidarité avec Wissam Saadé, un éminent écrivain politique. Ceux qui tentent de fabriquer des accusations contre lui auraient besoin de plusieurs siècles-lumière rien que pour atteindre son niveau de savoir », a écrit la journaliste et cofondatrice de Daraj Media Diana Moukalled sur X. « Toute notre solidarité avec notre ami Wissam Saadé, l’un des intellectuels les plus importants du Liban et du monde arabe, face aux vestiges du système des armes, de l’arriération et de l’obscurantisme », a écrit la journaliste de MTV Dima Sadek sur la même palteforme.
À la suite de l’incident, le collectif Journalistes pour la liberté a publié un communiqué condamnant la décision, estimant que la descente de la Sûreté générale était « un retour à une époque révolue, où les méthodes de l’État policier prévalaient dans le traitement de la liberté d’opinion et d’expression, un droit constitutionnel qui ne doit être violé sous aucun prétexte ». Le collectif a appelé toutes les autorités judiciaires et politiques, ainsi que les organisations de défense des droits humains, à « ne pas rester silencieuses ni coopérer avec toute mesure portant atteinte à la liberté des médias et de la presse au Liban. Nous affirmons que la liberté d’expression demeure la pierre angulaire de tout système démocratique, et toute tentative de la saper constitue une attaque contre l’État libanais et ses fondements d’existence libre. »
En 2013, Wissam Saadé avait été brièvement détenu à l’aéroport de Beyrouth à son retour du Caire, après que des agents des douanes ont découvert les œuvres complètes de l'intellectuel égyptien Rifaat al-Tahtawi dans ses bagages. Les agents lui avaient alors demandé s’il avait obtenu une autorisation préalable de la Sûreté générale, invoquant des préoccupations liées aux droits de propriété intellectuelle. Bien que M. Saadé se soit identifié comme journaliste et universitaire, les autorités avaient insisté sur le fait que le nombre d’ouvrages dépassait la limite légale.



L'EX PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ,ET BERRY ET UNE MULTITUDE D'AUTRES ONT SALUE ET DISCUTE AVEC UN DELEGUE AMERICAIN MAIS ISRAELIEN DE NAISSANCE ET AYANT FAIT PARTI DES FORCES ISRAELIENNE AVANT D'EMIGRER EN AMERIQUE SANS QUE CELA NE FASSE QUOI QUE CE SOIT D'ABORD COMMENT ON PEUT APPELER ISRAEL A PARTIR DU LIBAN ???LES LIGNES NE SONT PAS BLOQUEES??? ISRAEL ET LES ETATS UNIS NOUS ONT DEBARASSE DE ARAFAT QUI A FAIT PLUS DE 50000 MORTS AU LIBAN ENTRE 1975 ET 1982 ET POURE CELA UNIQUEMENT ON DEVRAIT ETRE PLUS OUVERT A UNE PAIX ET AMENDER NOS LOIS
14 h 27, le 01 juin 2025