Des Soudanaises déplacées,dans un abri après évacuation par l'armée soudanaise, Omdurman, le 13 mai 2025. Photo Ebrahim Hamid / AFP
Les violences sexuelles constituent un « risque quasi permanent » pour les femmes et les filles dans la région du Darfour, dans l'ouest du Soudan, a alerté mercredi Médecins Sans Frontières (MSF), appelant à une action urgente. Depuis le début de la guerre en avril 2023 entre l'armée du général Abdel Fattah al-Burhane et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), dirigées par le général Mohamed Hamdane Daglo, les cas signalés sont « odieux et cruels », a déclaré Claire San Filippo, coordinatrice d'urgence pour MSF.
Entre janvier 2024 et mars 2025, MSF affirme avoir pris en charge 659 survivantes dans le sud du Darfour, dont 86% disent avoir été violées. Près d'un tiers avaient moins de 18 ans, certaines à peine cinq ans. « Les femmes et les filles ne se sentent en sécurité nulle part », a déploré Mme San Filippo. « Elles sont attaquées dans leurs propres maisons, en fuyant la violence, en allant chercher de la nourriture, du bois ou en travaillant dans les champs », poursuit-elle. Les hommes et les garçons sont également victimes, mais dans une moindre proportion: 94% des survivantes sont des femmes et des filles, selon MSF.
Dans un hôpital de Tawila, à 60 kilomètres à l'ouest de la capitale assiégée du Darfour-Nord, El-Facher, 48 survivantes ont été prises en charge entre janvier et début mai, la plupart ayant fui l'offensive des FSR contre le camp de déplacés de Zamzam, qui a tué au moins 200 civils et forcé plus de 400.000 personnes à fuir.
Dans l'est du Tchad, refuge de plus de 800.000 Soudanais, près de la moitié des 44 survivants soignés par MSF depuis janvier étaient des enfants. Une adolescente de 17 ans raconte avoir été violée en réunion par des combattants des FSR: « J'ai voulu perdre la mémoire après ça », confie-t-elle. Selon Ruth Kauffman, responsable médicale des urgences chez MSF, l'accès aux soins demeure « insuffisant ». « Comme pour l'ensemble des services humanitaires et médicaux au Soudan, cette prise en charge doit être renforcée de toute urgence », insiste-t-elle. Les belligérants ont tous deux été accusés d'atrocités, mais les paramilitaires tout particulièrement de violences sexuelles systématiques. En avril, Amnesty International avait rapporté des cas d'esclaves sexuelles.


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