Le président syrien par intérim Ahmad el-Chareh, lors d'une interview avec Reuters à Damas, le 10 mars 2025. Photo d'illustration Reuters / Khalil Ashawi
Le président syrien par intérim, Ahmad el-Chareh, en visite en France, a rencontré mercredi l'homme qui avait été à l'origine de milliers de photos de corps suppliciés dans des centres de détention syriens sous le règne de Bachar el-Assad.
Aujourd'hui installé en France, Farid al-Mazhan, alias « César », avait témoigné devant une commission du Congrès américain, et ses photos ont inspiré une loi américaine adoptée en 2020 -la loi « César »-, instaurant des sanctions économiques contre le régime syrien.
Ses clichés sont également à l'origine de procédures judiciaires en Europe contre d'ex-collaborateurs d'Assad.
Selon un communiqué de la présidence syrienne, M. Chareh et le ministre des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, ont rencontré Farid al-Mazhan, en marge de leur déplacement à Paris. Des images de la rencontre ont été publiées.
L'agence officielle syrienne Sana avait rapporté plus tôt que M. Chareh était arrivé à Paris, où il doit rencontrer le président français Emmanuel Macron. Il s'agit de sa première visite en Europe depuis la chute d’Assad en décembre.
Farid al-Mazhan avait révélé son identité en février lors d’un entretien avec la chaîne qatarie Al Jazeera, après avoir été connu pendant des années comme photographe militaire syrien sous un nom d’emprunt.
Il avait fui la Syrie en 2013, emportant quelque 55.000 clichés accablants, sur des clés USB dissimulées dans ses chaussettes ou de la nourriture, témoignant des sévices subis par des détenus après le déclenchement du conflit en 2011 et la répression sanglante de manifestations prodémocratie.
Ces images, authentifiées par des experts, montrent des corps émaciés, portant les marques de torture et de privation, dans les geôles du régime.
Un responsable syrien a indiqué que M. Chareh abordera avec Emmanuel Macron les perspectives de reconstruction ainsi que la coopération économique.
Les nouvelles autorités syriennes, qui se sont engagées à mettre en place une justice transitionnelle, espèrent obtenir la levée complète des sanctions imposées sous Assad, mais se heurtent à la pression croissante des Occidentaux, qui exigent des garanties concrètes sur la protection des droits des minorités.
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