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Nos lecteurs ont la parole

Des-espoir(s)

Y croire. Y croire toujours plus. Avec envie, volonté, entrain. Avoir de l’espoir. S’engager dans l’espoir. Éprouver de l’espérance. Se sentir porté par les changements, les soulèvements, les indignations, les révolutions. Tout cela nous permet d’échapper au déterminisme qui nous renferme dans notre simplicité. Un déterminisme qui nous rattache trop à une plateforme de pragmatisme. Qui nous enjoint à chercher des solutions dans le bain de la corruption, dans ce qui existe, au lieu de changer cette eau stagnante devenue bien trop polluée pour nos corps assoiffés.

Un nouveau président. Un nouveau Premier ministre. Un nouveau gouvernement. Une nouvelle époque ? Peut-être. En attendant les raids aériens ne se lassent pas de la vue. Ils sont hauts dans le ciel et s’abattent fort dans nos oreilles, jusqu’à s’écraser contre le sol. Ah non, dans nos rêves seulement…

Mais espérer, ce n’est pas rêver. Espérer, c’est placer sa confiance dans quelque chose de tangible, prier et agir pour sa concrétisation dans le réel. Espérer c’est attendre, mais attendre activement. C’est s’engager dans la réalisation de notre propre attente d’un bien futur, d’un bien commun. Un politique ne peut rêver que son pays aille mieux, il doit l’espérer ; porter en lui la valeur de l’espérance et la modalité de son existence dans la réalité. Cet espoir, certes, est intrinsèquement lié à la crainte ;

mais la peur n’est-elle pas autant le mobile de l’action que de la paralysie ? Un peureux saute ou reste sur place. S’il a de l’espoir il saute, sinon il reste sur place. Sautons.

Rêver, c’est laisser les bonnes choses au destin, à la bonne heure. Croire que le bien adviendra sans y porter espérance, seulement en formant de nouveaux imaginaires. Espérer est une démarche active. Rêver, c’est être dans la passivité. Or le peuple libanais n’est pas un peuple passif. Le peuple libanais n’est pas un peuple de rêveurs. C’est un peuple rempli d’espoir. Toutes et tous, nous sommes partis un jour du Liban en nous disant « je reviendrai quand ça ira mieux ». Dans ces mots nous avons placé notre confiance dans le Liban. Au final, nous sommes quand même revenus même si la situation n’était pas meilleure. Car l’espoir n’explique pas les actes, il les produit. Nous voulons voir de nos yeux, entendre de nos oreilles, ressentir avec le cœur les évènements qui se déroulent sur le sol libanais.

Le peuple est encore fragile de ses différences. Mais l’espoir va au-delà des divergences. Il s’impose comme seule ligne de mire, seul horizon d’une réhabilitation.

Je m’engage dans cet espoir. Je saigne l’espoir. Jusqu’à ne plus rien voir. Car ce n’est jamais l’espoir qui meurt. C’est notre volonté d’y croire qui s’éteint.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Y croire. Y croire toujours plus. Avec envie, volonté, entrain. Avoir de l’espoir. S’engager dans l’espoir. Éprouver de l’espérance. Se sentir porté par les changements, les soulèvements, les indignations, les révolutions. Tout cela nous permet d’échapper au déterminisme qui nous renferme dans notre simplicité. Un déterminisme qui nous rattache trop à une plateforme de pragmatisme. Qui nous enjoint à chercher des solutions dans le bain de la corruption, dans ce qui existe, au lieu de changer cette eau stagnante devenue bien trop polluée pour nos corps assoiffés. Un nouveau président. Un nouveau Premier ministre. Un nouveau gouvernement. Une nouvelle époque ? Peut-être. En attendant les raids aériens ne se lassent pas de la vue. Ils sont hauts dans le ciel et s’abattent fort dans nos oreilles, jusqu’à...
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