L'émissaire américaine Morgan Ortagus lors d'une réunion à Beyrouth, le 5 avril 2025. Photo IBRAHIM AMRO / AFP
L’émissaire américaine Morgan Ortagus a émis un « bâillement » après le niet du secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, aux déclarations politiques sur un « désarmement » de son parti, et alors qu'il a prôné dans un discours vendredi soir un « dialogue sur une stratégie de défense nationale ».
« Bâillement » (yawn), a-t-elle écrit sur X, en rediffusant une publication d'un ressortissant et activiste israélien résident à New York qui reprenait les propos de Naïm Kassem. .
L’envoyée spéciale adjointe des États-Unis pour le Moyen-Orient a observé récemment que « le Hezbollah est comme un cancer qu’il faut éradiquer si l’on veut que le Liban guérisse ». Elle a tenu ces propos au lendemain de sa visite au Liban, le week-end du 6 avril au cours duquel elle avait surpris ses interlocuteurs par ses propos jugés modérés.
Les réactions libanaises au discours de Kassem
Samir Geagea, chef des Forces libanaises (FL), le parti qui réclame avec force un désarmement du Hezbollah, a également réagi aux propos de Naïm Kassem. « Ces derniers jours, certains insistent pour revenir à la logique des menaces, notamment de mains qui seront coupées : cela n'est ni une logique d'État, ni une logique démocratique », a-t-il souligné, sans mentionner le chef du Hezbollah. « Ceux qui ont recours à cette logique devraient laisser le nouveau gouvernement sortir le pays de la tragédie dans laquelle ils l'ont plongé ».
L'ancien président Michel Sleiman a, lui, critiqué sans le mentionner Naïm Kassem et ses déclarations, rejetant « les menaces de couper les mains, les insinuations sur une nouvelle guerre civile et les discours sur la faiblesse de l'armée », alors que le chef du Hezbollah avait justifié vendredi soir le maintien des armes de la « résistance » par «l'incapacité de l'État» de faire face aux visées expansionnistes d'Israël. « Non aux armes dans le Sud, la Montagne, la Békaa, le Nord et Beyrouth en dehors du cadre de l’État », a ajouté l'ex-chef de l'État.
Le député Fouad Makhzoumi a, lui, estimé sur son compte sur X que « les positions du Hezbollah fournissent à Israël un prétexte pour poursuivre les assassinats, et affaiblissent la position libanaise, qui est attachée à l'accord de cessez-le-feu et aux résolutions internationales ». « Le Hezbollah aurait dû tendre la main au dialogue proposé par le président Aoun et le gouvernement », a-t-il ajouté, appelant le parti chiite à « revenir à l'État et remettre (ses) armes à l'armée ».
Les propos de Naïm Kassem ont également suscité une réaction de l’homme politique Farès Souhaid qui a estimé, toujours sur X, que « le Hezbollah met la barre très haut concernant les armes. Ce qui assure l’existence d’un conflit interne et de surenchère ».
Ortagus vs. Joumblatt
Le président Joseph Aoun, qui fait du désarmement du Hezbollah son cheval de bataille, s’est engagé à assurer le droit de l’État à détenir le monopole des armes. Il a précisé lundi dernier que le désarmement « se fera par le dialogue (avec le parti) loin de toute forme de recours à la force ». Il s’oppose ainsi à l’approche frontale souhaitée par le camp adverse au parti pro-iranien, notamment les FL.
Par ailleurs, dans un autre « coup d'éclat » qui a été beaucoup commenté sur les réseaux sociaux, l'émissaire américaine s'en est pris, dans un second message sur X, au leader druze Walid Joumblatt. Répondant sous une publication de l'analyste David Daoud de la « Fondation pour la défense des démocraties » basé à Washington, qui reprenait des extraits d'un entretien de l'ex-chef du Parti socialiste progressiste, Mme Ortagus a commenté : « Le crack (la drogue, ndlr), c'est mauvais, Walid ». Dans son entretien, M. Joumblatt réagissait aux conditions posées par l'émissaire US pour le déblocage d'aides au Liban. Le chef druze a aussitôt répondu en recourant à l'un de ses jeux de mots pour lesquels il est célèbre. Sur X, il s'est référé au film américain des années 1960, « The ugly American », qui critique les échecs de la diplomatie américaine à cette époque, en ajoutant le mot-clé Morgan Ortagus. Le post était accompagné d'une image d'un soldat enlacé par un squelette en uniforme.




Laissons les aller jusqu’au bout de leur fantasme qui est de retrouver leur leader avec les vierges promises le plus vite possible. Ils disent que l’armée n’est pas assez forte pour combattre l’occupation dont ils sont à l’origine. Que fait Israël sur nos terres? Il est venu leur montrer que leurs prétentions ne correspondent pas à leur courage. Leur faut il une autre leçon plus conséquente pour se rendre a l’évidence qu’ils sont des épouvantails et ne font peur à personne? Le peuple libanais les attend de pied ferme pour leur montrer que le Liban n’est pas leur propriété.
11 h 34, le 20 avril 2025