Des habitants de Aïta el-Chaab marchent dans les décombres de leur village, le 26 janvier 2025. Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
Deux villages du Liban-Sud ont été secoués par des menaces d’évacuation jeudi, bien que leur véracité n’ait pu être confirmée et que deux tractopelles ont été ciblées par des frappes israéliennes à Aïta el-Chaab. Ces incidents perturbent la reconstruction dans la région et augmentent les tensions, malgré le cessez-le-feu conclu en novembre 2024, qui est violé quotidiennement par Israël.
Ce jeudi en début d'après-midi, un appel en provenance d’un numéro avec l’indicatif d’un pays africain a incité les résidents d'une maison du quartier de Samouka, à Jebchit (caza de Nabatiyé), à évacuer les lieux avant que le bâtiment ne soit bombardé. Cette menace a entraîné l’évacuation des habitants du quartier, y compris des écoles situées dans la zone, bien qu’il reste encore flou si la menace provenait réellement de l’armée israélienne. Une enquête a été ouverte par l’armée libanaise pour identifier les auteurs de cet appel.
Démenti de la Finul
Un autre appel de menace, similaire à celui de Jebchit, a eu lieu mercredi soir à Yater (Bint Jbeil), où les frappes israéliennes ont effectivement ciblé un bâtiment peu après l’avertissement, selon notre correspondant Mountasser Abdallah.
Jeudi matin, une rumeur a circulé à Aïta el-Chaab (Bint Jbeil) concernant un ordre d’évacuation. Des habitants ont affirmé avoir été informés par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) que l’armée israélienne prévoyait de frapper une cible spécifique dans cette localité frontalière.
La Finul a formellement démenti cette information, précisant dans un communiqué que « les informations selon lesquelles les soldats de la paix de la Finul auraient demandé aux habitants de Aïta el-Chaab et d’autres villages du Liban-Sud de partir sont fausses et sans fondement », a déclaré Andréa Tenenti, porte-parole de la Finul. Également contactée par L'Orient-Le Jour, l’armée libanaise a précisé n’avoir pas pour l’instant assez d’informations pour commenter l'affaire.
La Finul n’a pas commenté la rumeur sur l’ordre d’évacuation à Jebchit, le village étant situé au nord du fleuve Litani, en dehors de sa zone d’intervention.
Une nouvelle tractopelle visée à Aïta el-Chaab
Par ailleurs, des drones israéliens ont ciblé deux tractopelles successivement à Aïta el-Chaab, selon notre correspondant, alors que l’armée israélienne continue d’entraver les prémices de la reconstruction au Liban-Sud.
Le 6 avril, une frappe similaire ciblant un bulldozer faisait deux morts et plusieurs blessés à Zebqine (Tyr), rappelant les raids menés par des hélicoptères de combat israéliens contre des bureaux préfabriqués à Yaroun (Bint Jbeil), ou plus récemment de Naqoura (Tyr), alors que ceux-ci étaient utilisés par des employés des deux municipalités et des ingénieurs du Conseil du Sud chargés de l’inspection des dégâts.
La semaine passée, des soldats israéliens se sont infiltrés à Kfar Kila (Marjeyoun) pour placarder sur le mur d'une maison d'un habitant tentant de la reconstruire un message de menace lui ordonnant de ne plus réhabiliter cette «installation utilisée par le Hezbollah» sous peine de mettre « (s)a vie et celle de sa famille en danger ».
En outre, des tirs en provenance de la partie israélienne de Ghajar, village situé sur la Ligne bleue, ont visé une voiture civile près de Wazzani (Marjeyoun), sans faire de blessés.
Enfin, une opération de ratissage avec des armes automatiques est en cours depuis le site israélien à Tallet el-Hamames, au sud de Khiam, l’un des cinq points du territoire libanais encore occupés par l’armée israélienne. Le bruit des mitrailleuses est entendu dans les localités voisines, rapporte notre correspondant.



