Un homme marche sur les décombres de bâtiments après le retrait des troupes israéliennes de la majeure partie du Liban-Sud, à Mays al-Jabal, près de la frontière avec Israël, le 19 février 2025. Photo Reuters/Mohammed Yassine
Une panne généralisée d’électricité a touché le Liban-Sud mercredi à partir de 13h30, rapporte notre correspondant local, Mountasser Abdallah. Cette coupure massive est due à une défaillance technique dans la centrale de Deir Ammar qui a mis hors service l’ensemble des centrales thermiques d’Électricité du Liban (EDL) dans la région.
La panne a coïncidé avec l’arrêt quasi total de la production des centrales hydroélectriques en raison de la pénurie d’eau liée à la sécheresse. La quantité d’eau du lac Qaraoun n’a pas dépassé 43 millions de mètres cubes, alors que sa capacité de stockage est estimée à 65 millions de m3.
De nombreuses régions ont été touchées, y compris celles alimentées par les centrales du fleuve Litani, comme la Békaa occidentale, Jezzine et leurs environs. Les équipes techniques d’EDL ont alors fait fonctionner la centrale de Zahrani de manière partielle. Mais la capacité de l’installation ne dépasse pas 100 mégawatts.
Des protestataires ont bloqué mercredi avec des pneus enflammés l’autoroute de Machghara à l’entrée nord de cette ville de la Békaa-ouest, pour dénoncer le rationnement sévère du courant électrique depuis plusieurs semaines, rapporte notre correspondante à la Békaa, Sarah Abdallah. Malgré les pressions et les sollicitations régulières des habitants, aucune amélioration n’a été constatée, ont-ils déploré.
Selon les chiffres de mercredi matin de Météo-Liban, les quantités de pluie tombées à Beyrouth cet hiver n’ont pas dépassé 368,1 mm contre 1020,5 mm l’hiver dernier. À Tripoli, les précipitations ont atteint 491,9 mm contre 1158,8 mm l’hiver passé. Et à Zahlé, elle se sont limitées cette année à 251 mm contre 707,6 mm en 2024.
L'hiver a été particulièrement sec cet année au Liban et dans tout l’est de la Méditerranée. Les quantités de pluie sont donc insuffisantes pour renflouer les nappes phréatiques et les cours d’eau superficiels, augurant d'un manque d'eau presque certain cet été. Dès le mois de janvier, particulièrement clément, la cheffe de la division prévisionniste de Météo-Liban, Jocelyne Abou Farès, expliquait que même s’il pleuvrait en avril, les précipitations ne pourraient pas compenser le retard accumulé.


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