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Nos lecteurs ont la parole

Delirium

Il y a quelques mois, à force d’appels à l’aide sans résultats, la bête en moi s’est libérée, déchaînée, déferlée

Sans doute, mes maints appels te semblaient inoffensifs

Tu ignorais qu’en dessous de l’iceberg que tu voyais en surface, j’avais hissé de nombreuses murailles autour de moi en rocs bien durs

À force d’empiler des idées biscornues et mal interprétées

Elles se sont même transformées en béton armé

Longtemps durant, j’avais nourri en mon gésier le brasier ardent qui allait incinérer tellement de souvenirs, de réalités et de valeurs que nous avions édifiées ensemble

Ma tolérance avait atteint son summum, son point culminant de non-retour

Chaque jour, de plus en plus, mes émotions gonflaient et devenaient envahissantes, un vrai fardeau indomptable

Elles s’étalaient et noircissaient tous ceux qui s’en approchaient

Le venin de la rancœur et du ressentiment n’a fait que s’immiscer lentement par à-coups dans mes veines

Certains jours, je crus suffoquer sans toi, mon oxygène pur, ma boussole,

D’autre jours, j’avais mangé du lion,

J’aurais détruit, rasé tout ce qui était en rapport avec toi de loin ou de près sur mon passage comme un bulldozer sans conducteur

Abattue comme un oisillon à l’aile blessée sans moyens, sans force pour s’envoler

Mes pensées distordues m’ont poussée dans des recoins fulgurants et dangereux qui m’étaient inconnus

Mon imagination dénuée de sentiments a pu rompre les cordages qui me liaient à toi

À tour de rôle, ils se sont érodés, ils ont cédé sous le déluge de mes pensées diffamatoires et du poids phénoménal de mon moi aliéné

Avec mes tentacules, j’entraînais avec moi mes proches bien-aimés

Et pourtant, ton seul souffle, ta seule main a pu briser toutes les chaînes pour me secourir

Toi seul tu m’as repêchée dans ma descente en enfer qui me semblait si douce

Où puises-tu ta sagesse ?

D’où vient ta force ?

Comment as-tu pu te retenir ?

Comment as-tu pu rester observateur ?

Tu as su percer l’abcès qui m’envahissait et ne faisait que gonfler

À ta place, je t’aurais creusé une tombe non un précipice tant mon amour était devenu haine

Tu m’as happée sans prévenir me rattrapant de justesse avant la fin de ma chute libre dans le gouffre de mes arrière-pensées noires impures et infondées, noires comme de la crasse

Consciemment, j’ai coupé l’ancre qui me retenait à toi

Mais toi, tu m’as agrippée alors que ma chaloupe vidée de ses fardeaux allait se noyait dans les abysses

Je pensais voguer vers la liberté d’esprit et la quiétude

Bien au contraire, l’inconnu, l’incertitude et la solitude allaient me happer en leurs tréfonds ténébreux

Je t’ai flagellé et toi tu m’as pardonné

Je t’ai détruit et toi tu m’as soutenue

Merci, merci, merci d’avoir trouvé le courage, le cœur et la grandeur d’esprit pour pouvoir me secourir au point de non-

retour dans mon virulent volcan en éruption

Aujourd’hui, à coups d’étreintes enflammées, tu nourris mon amour intarissable

À présent, je ne puis m’assouvir de toi.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Il y a quelques mois, à force d’appels à l’aide sans résultats, la bête en moi s’est libérée, déchaînée, déferléeSans doute, mes maints appels te semblaient inoffensifsTu ignorais qu’en dessous de l’iceberg que tu voyais en surface, j’avais hissé de nombreuses murailles autour de moi en rocs bien dursÀ force d’empiler des idées biscornues et mal interprétées Elles se sont même transformées en béton arméLongtemps durant, j’avais nourri en mon gésier le brasier ardent qui allait incinérer tellement de souvenirs, de réalités et de valeurs que nous avions édifiées ensemble Ma tolérance avait atteint son summum, son point culminant de non-retourChaque jour, de plus en plus, mes émotions gonflaient et devenaient envahissantes, un vrai fardeau indomptable Elles s’étalaient et noircissaient tous...
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