Un garçon charge à l'arrière d'une charrette à traction animale un sac de farine fourni par l'agence turque d'aide aux sinistrés AFAD, reçu d'un centre d'approvisionnement affilié à l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) dans le quartier d'al-Tifah de la ville de Gaza, le 1er avril 2025. Photo AFP/BASHAR TALEB
Dans une boulangerie industrielle de la ville de Gaza, ravagée par la guerre, le tapis roulant qui livrait des milliers de pains pita par jour est à l'arrêt. Une conséquence du blocus israélien, qui menace à nouveau le territoire de famine. La Families Bakery est l'une des 25 boulangeries industrielles soutenues par le Programme alimentaire mondial (PAM), dont l'agence onusienne a annoncé la mise à l'arrêt, « en raison du manque de farine et de carburant ».
Le PAM a indiqué mardi qu'en conséquence, il « distribuerait ses derniers colis alimentaires dans les deux prochains jours ». Cet organisme onusien était « le seul pourvoyeur des boulangeries de Gaza » et fournissait tout ce dont elles avaient besoin, indique à l'AFP Abed al-Ajrami, président de l'Association des propriétaires de boulangeries du territoire palestinien, à la tête de la Families Bakery. « Les répercussions de la fermeture des boulangeries seront très dures pour les gens car ils n'ont aucune alternative », s'inquiète-t-il.
Devant le grand four éteint de son entreprise, il explique que les boulangeries étaient au coeur du programme de distribution alimentaire de l'agence onusienne, qui livrait du pain dans les camps abritant les habitants déplacés par la guerre à travers Gaza.
Les négociations indirectes entre Israël et le Hamas ont échoué à prolonger une trêve de six semaines qui avait accordé un fragile répit aux Gazaouis après 15 mois de guerre, leur permettant de retourner dans leurs maisons souvent détruites.
Le 2 mars, Israël a imposé un blocus total au territoire palestinien, bloquant l'entrée de l'aide internationale qui avait recommencé à affluer avec le cessez-le-feu, et coupé l'alimentation électrique de la principale usine de dessalement du territoire palestinien. Et le 18 mars, l'armée israélienne a repris ses bombardements sur Gaza, suivis d'opérations terrestres. Des combattants palestiniens ont de leur côté recommencé à lancer des roquettes sur Israël depuis Gaza.
Le Hamas, dont l'attaque dans le sud israélien le 7 octobre 2023 a déclenché la guerre, a accusé mardi Israël d'utiliser la famine comme « une arme directe » dans le conflit. Le mouvement islamiste palestinien a appelé les nations arabes et islamiques à « agir d'urgence pour sauver Gaza de la famine et de la destruction ».
« Revivre la famine »
« Je me suis levé le matin pour acheter du pain pour mes enfants mais j'ai trouvé toutes les boulangeries fermées », raconte à Gaza-ville un habitant, Mahmoud Khalil, à l'AFP. « La situation est très difficile, il n'y a pas de farine, pas de pain, pas de nourriture ni d’eau », déplore-t-il.
Amina al-Sayed affirme avoir passé « toute la matinée à aller de boulangerie en boulangerie, mais elles sont toutes fermées ». Avec les pénuries qui s'aggravent, elle craint une nouvelle épreuve pour sa famille. « Le prix de la farine a augmenté (...) et nous ne pouvons pas nous le permettre. Nous avons peur de revivre la famine que nous avons vécue dans le sud », où la famille avait été déplacée avant la trêve, dit-elle.
Les organisations humanitaires internationales ont, elles aussi, tiré la sonnette d'alarme. Gavin Kelleher, du Conseil norvégien pour les réfugiés, a pointé dans un briefing la semaine dernière la « misère totale » qui accable les Gazaouis retrouvant leurs habitations bombardées. « Nous avons été mis en échec (...) On ne nous permet pas d'apporter des vivres, nous ne pouvons pas répondre aux besoins », a-t-il déploré.
« Quand Save The Children distribue de la nourriture à Gaza, nous voyons des foules massives parce que chaque personne dépend de l’aide » dans le territoire, souligne de son côté Alexandra Saieh, de l'ONG britannique. Mais « cette bouée de sauvetage n'existe plus. »
Dans une boulangerie industrielle de la ville de Gaza, ravagée par la guerre, le tapis roulant qui livrait des milliers de pains pita par jour est à l'arrêt. Une conséquence du blocus israélien, qui menace à nouveau le territoire de famine. La Families Bakery est l'une des 25 boulangeries industrielles soutenues par le Programme alimentaire mondial (PAM), dont l'agence onusienne a annoncé la mise à l'arrêt, « en raison du manque de farine et de carburant ».Le PAM a indiqué mardi qu'en conséquence, il « distribuerait ses derniers colis alimentaires dans les deux prochains jours ». Cet organisme onusien était « le seul pourvoyeur des boulangeries de Gaza » et fournissait tout ce dont elles avaient besoin, indique à l'AFP Abed al-Ajrami, président de l'Association des...



