La fête du Fitr a une saveur particulière cette année à Damas, où des milliers d'habitants ont célébré la fin du jeûne pour la première fois depuis l'éviction de l'ex-président syrien Bachar el-Assad en décembre.
Dès les premières heures du matin, des foules d’hommes, de femmes et d’enfants ont afflué vers la mosquée historique des Omeyyades à Damas, située dans la vieille ville.
« C’est la première fois que nous ressentons la vraie joie de la fête du Fitr après la chute du régime du tyran Assad », confie à l’AFP Fatima Othman.
À la fin de la prière, les fidèles se sont échangé les vœux de la fête, tandis que des vendeurs proposaient ballons colorés et jouets aux enfants qui posaient en famille pour des photos.
« Notre fête est double après la chute d’Assad », déclare à l'AFP Ghassan Youssef, un habitant de la capitale.
À quelques kilomètres, en montant vers le mont Qasioun qui surplombe Damas – un lieu interdit aux Syriens avant l'éviction d'Assad le 8 décembre dernier –, quelques milliers de personnes se sont rassemblées sur la place du Soldat inconnu pour accomplir la prière en plein air.
Parmi eux, des membres des forces de sécurité et de l’armée, en uniforme et armés. La route menant à la place était noire de monde, selon un photographe de l’AFP.
Les fidèles se sont échangé des vœux et certains distribuaient des friandises, sous le drapeau syrien à trois étoiles adopté par les nouvelles autorités.
Sous l’ancien régime, l’accès au monument du Soldat inconnu était généralement réservé à Assad et à ses proches collaborateurs, qui y déposaient des gerbes de fleurs lors des cérémonies nationales.
Le mémorial, où un écran géant a été installé pour retransmettre la prière de la fête du Fitr, est situé près du palais présidentiel. Le président de transition, Ahmad el-Chareh, y a accompli la prière aux côtés du nouveau mufti de Syrie, Oussama al-Rifaï, et de plusieurs ministres, en présence d’une foule nombreuse.
Après la prière, il a prononcé un discours dans lequel il a souligné que le pays avait devant lui « un chemin long et ardu vers la reconstruction, mais possède toutes les ressources nécessaires pour se relever. »
« Fête des fêtes »
Exilé en Suède depuis le début du conflit syrien, il y a 14 ans, Waël Hamamiya est rentré à Damas pour célébrer la féte en famille après une longue absence.
« C’est mon premier Eid ici après près de 15 ans. Je ressens vraiment la fête dans toute sa signification », a-t-il déclaré tout sourire. « Tous ceux qui prient ici, tous ceux qui sont venus, sont aux anges. C’est la fête des fêtes ! ».
De nombreuses festivités se sont déroulées en plein air à Damas, et pour la première fois depuis le début du conflit, des Syriens ont pu se recueillir sur les tombes de proches dans des quartiers longtemps interdits, notamment d’anciens bastions de l’opposition armée.
Malgré les mises en garde de Washington et Paris sur d’éventuelles menaces sécuritaires durant la fête du Fitr syraucune mesure de sécurité exceptionnelle n’a été observée à Damas, selon des journalistes de l’AFP.
La célébration du Fitr en Syrie intervient deux jours après l’annonce d’un nouveau gouvernement, qui devra relever de nombreux défis dans un pays dévasté par plus de 14 ans de guerre civile.
Au café Al-Rawda, à Damas, Amer Hallaq, 36 ans, discutait avec ses amis après une longue absence. En 2014, il avait fui le service militaire obligatoire, entamant un périple qui l’a mené à Berlin.
« Pendant des années, je pensais ne plus jamais revoir ma famille ni célébrer la fête avec eux », raconte M. Hallaq. « La joie de la libération a été immense, mais il reste encore beaucoup à faire. Ce n’est que le début du chemin. »
La fête du Fitr a une saveur particulière cette année à Damas, où des milliers d'habitants ont célébré la fin du jeûne pour la première fois depuis l'éviction de l'ex-président syrien Bachar el-Assad en décembre.Dès les premières heures du matin, des foules d’hommes, de femmes et d’enfants ont afflué vers la mosquée historique des Omeyyades à Damas, située dans la vieille ville. « C’est la première fois que nous ressentons la vraie joie de la fête du Fitr après la chute du régime du tyran Assad », confie à l’AFP Fatima Othman.À la fin de la prière, les fidèles se sont échangé les vœux de la fête, tandis que des vendeurs proposaient ballons colorés et jouets aux enfants qui posaient en famille pour des photos.« Notre fête est double après la chute d’Assad », déclare à l'AFP...


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin