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Moyen-Orient - Dans La Presse

À Gaza, l'armée israélienne utilise des Palestiniens comme « boucliers humains au moins six fois par jour »

Un officier israélien anonyme dénonce au « Haaretz » l'emploi systémique de Palestiniens pour inspecter des bâtiments et des tunnels potentiellement piégés dans l'enclave palestinienne.

Des soldats israéliens, dans le sud de la Bande de Gaza, le 3 juillet 2024. Ohad Zwigenberg/AFP

« C’est ainsi que nous avons mis en danger la vie de Palestiniens qui n’étaient soupçonnés de rien, si ce n’est d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Nous avons toutes les raisons de craindre les tribunaux internationaux de La Haye, car cette pratique est un crime. » Ce sont sur ces mots que se conclut l'article publié dimanche dans les colonnes du Haaretz signé par un « officier supérieur appartenant à une brigade non réserviste », indiquant avoir « servi à Gaza pendant neuf mois ». 

Ce long témoignage, anonyme, vient s'ajouter à l'enquête publiée en août dernier par le média israélien de gauche basée sur des confidences d'autres soldats israéliens, recueillies par le collectif « Breaking the Silence », révélant que plusieurs unités de l'armée israélienne déployées dans la bande de Gaza utilisent de façon systémique des Palestiniens comme « boucliers humains », dans le cadre de leur offensive terrestre dans l'enclave palestinienne. Une pratique qui s'est « généralisée » au vu et au su de la hiérarchie militaire israélienne, dont le chef d'état-major de la troupe de l'époque, Herzi Halevi, ainsi que le commandant du front sud, selon ce soldat.

« Protocole moustique »

Celui-ci apporte de plus amples détails sur ce modus operandi adopté par de nombreux soldats israéliens dès décembre 2023, « seulement deux mois » après le début de l’offensive terrestre. Appelé « protocole moustique », ce dispositif consiste à vêtir des détenus palestiniens « avec des uniformes et des gilets pare-balles », avant de les envoyer « dans des bâtiments très endommagés et à l'entrée de tunnels » avec des caméras.

« À Gaza, les soldats israéliens utilisent des boucliers humains au moins six fois par jour (...). La procédure est simple : des Palestiniens innocents sont contraints d’entrer dans des maisons à Gaza pour s’assurer qu’elles ne contiennent ni terroristes ni explosifs », détaille l'officier, qui explique que ce « protocole » a été systématisé sous prétexte d'une « pénurie de chiens de l’unité canine », une « excuse insensée et officieuse », dénonce-t-il. « Nous avons toutes les raisons de craindre les tribunaux internationaux de La Haye, car cette pratique est un crime, un crime que l’armée reconnaît aujourd’hui », alerte-t-il, en affirmant que « presque chaque bataillon garde un chaouich ». « Nous dirigeons une sous-armée d’esclaves », s'indigne-t-il.

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Le soldat israélien insiste également sur le fait que cette pratique a été définie comme une « nécessité opérationnelle » par la hiérarchie militaire israélienne « parce que ça allait plus vite ». « Nous pouvions entrer dans les maisons sans recourir aux boucliers humains. Nous l’avons fait pendant des mois en suivant un protocole d’entrée approprié qui impliquait l’envoi d’un robot, d’un drone ou d’un chien, avant que l'emploi de la “procédure moustique” ne soit généralisée, rappelle-t-il. Et d'ajouter : Nous avons forcé les Palestiniens à servir de boucliers humains non pas parce que c'était plus sûr pour les troupes israéliennes, mais parce que c'était plus rapide. C'est pourquoi nous avons risqué la vie de Palestiniens qui n'étaient soupçonnés de rien d'autre que de s'être trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. »

« Je frémis en pensant à ce que cela fait de nous, Israéliens »

Ce dernier ajoute que des voix contestataires pour dénoncer ce phénomène constituant un « crime de guerre » se sont élevées au sein des rangs israéliens, sans pour autant obtenir gain de cause auprès de leur direction. « Certains soldats et officiers s’y sont opposés. Je m’y suis opposé. Mais c’est ce qui arrive quand le commandement supérieur ne se soucie pas de la morale, et que les politiciens s’en soucient encore moins. C’est ce qui arrive quand on est à bout nerveusement et que la guerre s’éternise sans parvenir à ramener les otages vivants, mois après mois. On perd son sens moral », analyse-t-il.

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L'article précise que seulement « six enquêtes » ont été ouvertes par la division des enquêtes criminelles de la police militaire israélienne à la suite des révélations sorties en août dernier. Des investigations que l'auteur qualifie de « révoltantes », car elles constituent selon lui une « tentative d'étouffer le scandale ».

Selon le ministère de la Santé de la bande de Gaza, le bilan humain de l'offensive israélienne contre l'enclave depuis le 7 octobre 2023 s'élève à au moins 50 357 tués et 114 400 blessés, en majorité des civils, sans compter les milliers de disparus sous les décombres. Au moins 1 042 Palestiniens ont été tués et 2 359 ont été blessés depuis la reprise des bombardements massifs par l'armée israélienne, rompant l'accord de cessez-le-feu conclu mi-janvier entre Israël et le Hamas.

« C’est ainsi que nous avons mis en danger la vie de Palestiniens qui n’étaient soupçonnés de rien, si ce n’est d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Nous avons toutes les raisons de craindre les tribunaux internationaux de La Haye, car cette pratique est un crime. » Ce sont sur ces mots que se conclut l'article publié dimanche dans les colonnes du Haaretz signé par un « officier supérieur appartenant à une brigade non réserviste », indiquant avoir « servi à Gaza pendant neuf mois ».  Ce long témoignage, anonyme, vient s'ajouter à l'enquête publiée en août dernier par le média israélien de gauche basée sur des confidences d'autres soldats israéliens, recueillies par le collectif « Breaking the Silence », révélant que plusieurs unités de l'armée israélienne déployées...
commentaires (4)

Il y a des soldats qui ont encore une conscience ! Mais qu'attendent-ils pour se mobiliser afin de changer ce pouvoir suprémaciste, d'arrêter de penser que les juifs sont un peuple supérieur, de reconnaître l'existence des palestiniens, de créer un Etat fédéral avec les mêmes droits quelque soit la religion ou l'origine ? C'est la condition nécessaire d'une existence en paix pour tous.

Fredo

21 h 19, le 01 avril 2025

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Commentaires (4)

  • Il y a des soldats qui ont encore une conscience ! Mais qu'attendent-ils pour se mobiliser afin de changer ce pouvoir suprémaciste, d'arrêter de penser que les juifs sont un peuple supérieur, de reconnaître l'existence des palestiniens, de créer un Etat fédéral avec les mêmes droits quelque soit la religion ou l'origine ? C'est la condition nécessaire d'une existence en paix pour tous.

    Fredo

    21 h 19, le 01 avril 2025

  • L'armée la plus morale du monde, hahaha ! Mais qu'on se rassure, il n'y aura ni sanctions ni représailles ; les gouvernements occidentaux y veilleront.

    Politiquement incorrect(e)

    20 h 29, le 01 avril 2025

  • Quelle honte Israël peut faire ce qu’elle veut et personne parle

    Eleni Caridopoulou

    18 h 44, le 01 avril 2025

  • Quelle honte ces sionistes

    Eleni Caridopoulou

    18 h 41, le 01 avril 2025

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