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Politique - Cessez-Le-Feu Au Liban

La tension retombe au Liban-Sud après l'escalade israélienne de samedi

Le ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi, a affirmé avoir effectué des contacts diplomatiques visant à faire pression sur Israël. 

Le lieu ciblé par une frappe israélienne samedi dans le centre de Tyr, le 23 mars 2025. Photo Matthieu Karam / L'Orient-Le Jour

Après une journée qui a fait craindre le pire pour le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, en vigueur depuis le 27 novembre dernier, la tension au Liban-Sud est redescendue de plusieurs crans dimanche, malgré quelques nouveaux incidents.

Le plus grave d’entre eux a eu lieu dans la matinée. Un drone israélien a tiré sur une voiture à Aïta el-Chaab, dans le caza de Bint Jbeil, tuant son occupant, Hassan Nehmé el-Zein, selon notre correspondant dans la région, Mountasser Abdallah.

L’homme était propriétaire d’un café qui avait été ciblé pendant la nuit par des tirs d’artillerie. Selon des habitants, il s’était rendu sur les lieux dimanche matin pour inspecter les dégâts lorsqu’un drone l’a pourchassé avant de tirer un missile sur son véhicule.

On ignorait encore si cet homme était un civil ou d'un combattant. Cependant, l'’armée israélienne a revendiqué en milieu d'après-midi la frappe, assurant avoir assassiné un membre du Hezbollah, a-t-elle fait savoir dans un communiqué cité par l’AFP. Il est la neuvième personne tuée par les nombreuses frappes israéliennes effectuées depuis samedi en riposte à des tirs de roquettes lancés depuis le Liban, selon Israël, et interceptés avant d'atteindre Metoula. Aucun groupe n'a encore revendiqué ces tirs, et le Hezbollah a fermement démenti en être l'auteur.

Israël a répondu samedi à ces tirs en lançant deux vagues successives de frappes en début d'après-midi et dans la soirée, qui ont fait huit morts et plusieurs blessés. Un membre du Hezbollah, Redouane Salim Awada, a été tué à Qlaylé, dans le caza de Tyr. Cinq autres personnes, dont un Syrien et sa fille, ont été tuées à Touline , dans le caza de Nabatiyé, et deux autres civils à Tyr.

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Communiqué de l'armée libanaise

Les deux victimes de cette frappe, qui a partiellement détruit samedi soir un immeuble sont un homme de 61 ans nommé Safi et une mère de deux enfants, âgée de 37 ans, Rania Abbas Houmani, ont rapporté nos journalistes sur place, Lyana Alameddine et Matthieu Karam. L'une des filles de Rania Abbas Houmani, âgée de 12 ans, a également été blessée par la frappe, selon des proches de la victime, qui réaffirment leur attachement à la « résistance » du Hezbollah. Les funérailles de la mère de famille devaient avoir lieu dimanche. Celles de Safi sont prévues à une date ultérieure, en attendant l'arrivée de ses deux enfants vivant à Abidjan. 

L'Association des commerçants de Tyr a annoncé dimanche après-midi l'annulation de la cérémonie d'ouverture des marchés à la « suite à l'agression brutale de la ville ».

L'armée libanaise, qui est déployée au Liban-Sud, a publié un communiqué constatant que « l’ennemi israélien a augmenté la fréquence de ses attaques contre le Liban depuis (samedi) sous divers prétextes, effectuant des dizaines de raids au sud et au nord du Litani, jusqu’à la Békaa, qui ont fait des tués et des blessés, et causé d’importants dégâts dans les propriétés ».

Le communiqué de l’armée a aussi dénoncé « l’empiétement des bulldozers israéliens en territoire libanais ce matin (dimanche) afin de déblayer des zones entières à Wadi Qatmoun, près de Rmeich (caza de Bint Jbeil), sans compter un déploiement de soldats ennemis dans cette zone, en nette violation de la résolution 1701 des Nations unies ». L’armée assure, dans son communiqué, conforter sa présence dans la zone concernée et effectuer des patrouilles avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) en vue de recenser les violations israéliennes.

Samedi, le chef de l'État, Joseph Aoun, et celui du gouvernement, Nawaf Salam, avaient tous deux réagi aux frappes israéliennes. Le premier a mis en garde contre un retour à la « spirale de violence », tandis que le second a insisté sur la nécessité que l'État libanais soit l'unique responsable de « la décision de la guerre et de la paix ». Le ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi, a affirmé avoir effectué des contacts diplomatiques visant à faire pression sur Israël pour calmer la tension à la frontière libano-israélienne. Il a notamment contacté le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, et la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, qui se rend lundi en Israël pour presser en faveur d'un rétablissement du cessez-le-feu à Gaza. Enfin, ans une interview au journal saoudien Asharq Al-Awsat, le président du Parlement, Nabih Berry, a accusé dimanche Israël d'« entraver l’application » de la trêve et de « chercher à (la) contourner ».

Déclarations de Geagea et Fadlallah

Dimanche, le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a estimé que le tir de roquettes depuis le Liban en direction d'Israël samedi était suffisant pour « rebattre les cartes ». Le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, a, lui, estimé qu’Israël profitait notamment de « la faiblesse de l’État (libanais), de ses moyens limités et de son manque de courage », ainsi que de « certaines voix libanaises internes qui (…) promeuvent la guerre israélienne contre le Liban, considérant cela comme une opportunité pour se débarrasser de la « résistance » ».

La situation dimanche a témoigné d'un calme précaire. Un drone israélien a tiré sur une maison préfabriquée à Naqoura (caza de Tyr), puis sur trois maisons à Chihine (Tyr également) aux premières heures de la matinée, sans faire de victimes priori. 

Des drones et des avions israéliens ont survolé Beyrouth et Saïda, ainsi que le sud au niveau des cazas de Marjeyoun et de Hasbaya. Des avions ont également survolé la Békaa, selon notre correspondante dans cette région, Sarah Abdallah. En milieu d'après-midi, un homme a été blessé par une bombe lancée par un drone israélien sur un bulldozer qui se trouvait à proximité de lui, dans le village de Yaroun (Bint Jbeil). Le bulldozer servait à déblayer les décombres de maisons détruites par la guerre.

Après une journée qui a fait craindre le pire pour le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, en vigueur depuis le 27 novembre dernier, la tension au Liban-Sud est redescendue de plusieurs crans dimanche, malgré quelques nouveaux incidents.Le plus grave d’entre eux a eu lieu dans la matinée. Un drone israélien a tiré sur une voiture à Aïta el-Chaab, dans le caza de Bint Jbeil, tuant son occupant, Hassan Nehmé el-Zein, selon notre correspondant dans la région, Mountasser Abdallah.L’homme était propriétaire d’un café qui avait été ciblé pendant la nuit par des tirs d’artillerie. Selon des habitants, il s’était rendu sur les lieux dimanche matin pour inspecter les dégâts lorsqu’un drone l’a pourchassé avant de tirer un missile sur son véhicule.On ignorait encore si cet homme était un civil ou d'un...
commentaires (2)

Jusqu’au prochain round. Pas de paix ni de stabilité tant que les citoyens libanais vivant sous le joug de ces mercenaires ne se rebellent pas contre leurs tortionnaires qui se servent d’eux pour assouvir leur soif de pouvoir et d’argent sur leurs ruines et leurs cadavres

Sissi zayyat

10 h 54, le 24 mars 2025

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Commentaires (2)

  • Jusqu’au prochain round. Pas de paix ni de stabilité tant que les citoyens libanais vivant sous le joug de ces mercenaires ne se rebellent pas contre leurs tortionnaires qui se servent d’eux pour assouvir leur soif de pouvoir et d’argent sur leurs ruines et leurs cadavres

    Sissi zayyat

    10 h 54, le 24 mars 2025

  • Allez on se calme Personne n a intérêt à reprendre la guerre !!

    JEAN PALVADEAU

    21 h 56, le 23 mars 2025

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