Photo publiée sur le compte X des Forces Libanaises (FL) pour célébrer les 20 ans de la Révolution du Cèdre, vendredi 14 mars 2025. "Après 20 ans, seul le vrai l'emporte" peut-on lire.
Il y a vingt ans jour pour jour, près d'un million de personnes manifestaient, le 14 mars 2005, à Beyrouth. Cette journée mémorable marquait le point culminant de la Révolution du Cèdre, une série de mouvements de rues souverainistes lancés après l'assassinat, un mois plus tôt, de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, et qui réclamaient le retrait des troupes syriennes du Liban.
Pour marquer cet anniversaire, des responsables et hommes politiques libanais ont affiché leurs réactions sur X et, dans de brefs communiqués, se sont félicités que cette journée commémorative ait lieu, cette année, dans la foulée de la chute du régime de Bachar el-Assad en Syrie, et d'un vent de renouveau dans les institutions de l'État, après l'élection de Joseph Aoun à la présidence et la formation du gouvernement, qui se veut réformateur, de Nawaf Salam.
L'objectif de la Révolution du Cèdre a été atteint au cours des semaines qui ont suivi le 14 mars 2005 avec, tour à tour, la démission du gouvernement de Omar Karamé, le limogeage des responsables des services de renseignement libanais pro-syriens et, le 27 avril, le départ des troupes syriennes du Liban. L'occupation militaire syrienne du Liban avait commencé en 1976, au début de la guerre civile et Damas a eu, jusqu'en 2005, une influence prépondérante sur la politique et les questions sécuritaires libanaises.
La mobilisation de grande ampleur contre l'occupation syrienne avait alors donné naissance au mouvement politique du 14 Mars. Considéré par beaucoup comme moribond ces dernières années, ce mouvement a repris un souffle nouveau suite au renversement du régime Assad le 8 décembre dernier et l'affaiblissement de l'influence iranienne au Liban, notamment à la faveur de la guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah en 2023 et 2024, qui a considérablement affaibli le parti chiite.
Aux messages d'espoir lors de l'anniversaire de l'an dernier de personnalités politiques dont les partis formaient cette alliance, succèdent ainsi majoritairement ceux de félicitations cette année.
« Liban insoumis face à l'occupation »
Le chef des Kataëb, le député Samy Gemayel, a ouvert le bal vendredi matin par un communiqué sur la plateforme X: « Vingt ans depuis le 14 mars 2005. Cette année, l’anniversaire prend une saveur particulière : l’État retourne à la nation, les institutions à l’État, et les Libanais sont déterminés à reconquérir leur pays souverain, libre et indépendant. Que cette commémoration soit une promesse renouvelée à tous ceux qui ont lutté contre l’occupation syrienne et à tous les martyrs de la Révolution du Cèdre : le Liban demeure et restera insoumis face à toute occupation ».
L'ancien vice-président du Conseil des ministres, le député Ghassan Hasbani, affilié aux Forces Libanaises (FL), a estimé, dans une publication sur X également, que « le 14 mars (2005) a été la première étape de l'effondrement du régime Assad (le 8 décembre 2024) et du démantèlement du système régional qui a contribué à la destruction du Liban en l'entraînant dans des guerres et la ruine. Le chemin vers la souveraineté et la liberté est long, mais il ne reste plus que peu pour parvenir à la sécurité. »
Même son de cloche chez le député Michel Moawad, du bloc du « Renouveau », ancien candidat à la présidentielle, qui a écrit que le « 14 mars (2005) était le début ». « Dans son essence, c’est la volonté d’un peuple qui a brisé les barrières confessionnelles et lutté pour libérer le Liban de la tutelle, de l’hégémonie et de l’occupation, afin de recouvrer sa souveraineté » a-t-il notamment écrit. « Nous avons accompli beaucoup, malgré les déceptions. Nous avons résisté, malgré les défis. Et nous ne nous arrêterons pas avant d’avoir bâti, pour tous les Libanais, une patrie de liberté, de pluralisme et de justice, protégée par un État souverain » a promis M. Moawad.
Fouad Makhzoumi, également député membre du bloc du « Renouveau », et pressenti un temps pour devenir Premier ministre sous la présidence de Joseph Aoun, a estimé sur X que « vingt ans plus tard, il est prouvé de manière irréfutable que le train de la réforme, de la préservation des institutions et de la protection du Liban, même s’il a pris du retard, atteindra inévitablement sa destination naturelle : un État fondé sur la Constitution, la loi et les institutions, que nous nous efforcerons d’ancrer et de protéger contre tous les dangers ».
Le leader des Forces Libanaises, Samir Geagea, a quant à lui partagé la publication de son parti sur X, reprenant un proverbe libanais selon lequel « le seul, le vrai l'emporte ».
Le député Ibrahim Kanaan, qui a quitté le Courant patriotique libre (CPL, aouniste) en 2024, a fait valoir sur X que «pour éviter que les revers ne se répètent pas, nous sommes tous appelés à faire en sorte que l’État prime sur tout, au-dessus des individus, des partis et des intérêts, afin de ne pas rater l’opportunité une fois de plus».



L'occupation syrienne a été remplacée par l'iranienne, dont il est temps, maintenant e s débarraaer.
07 h 56, le 15 mars 2025