Des personnes traversent la rivière Nahr al-Kabir, qui forme la frontière entre la province de Lattaquié (ouest de la Syrie) et le nord du Liban, dans la région de Hekr al-Daher, le 11 mars 2025. Des familles de la minorité alaouite de Syrie entrent au Liban, fuyant la violence sectaire dans leur pays, le long de la côte méditerranéenne de la Syrie. Photo AFP/FATHI AL-MASRI
L'ONU a appelé mardi à faire cesser « les souffrances » des populations dans l'ouest de la Syrie, où plus de 1.000 civils, issus dans leur écrasante majorité de la communauté alaouite, ont été tués ces derniers jours selon une ONG. « Les habitants des zones côtières de la Syrie continuent de souffrir et cela doit cesser », a réclamé Thameen Al-Kheetan, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme lors du briefing régulier de l'ONU à Genève.
Le Haut-Commissariat a donné le chiffre vérifié de 111 morts civils, mais reconnaît que le bilan réel est certainement « significativement plus élevé », a précisé M. Al-Kheetan, qui n'a pas souhaité se prononcer sur le bilan donné par d'autres organisations. Ces écarts sont communs, le Haut-Commissariat suivant une procédure de vérification très stricte qui prend beaucoup de temps.
Les violences ont été déclenchées le 6 mars par une attaque sanglante de partisans du régime déchu contre les forces de sécurité dans la région côtière de Lattaquié, où se concentre la communauté alaouite dont est issu le clan du président déchu Bachar el-Assad. Il s'agit des pires violences depuis l'arrivée au pouvoir le 8 décembre d'une coalition menée par des islamistes radicaux.
« Dans un certain nombre de cas extrêmement troublants, des familles entières - y compris des femmes, des enfants et des personnes hors de combat - ont été tuées, avec des villes et villages majoritairement alaouites ciblés en particulier », a encore précisé le porte-parole. « Selon de nombreux témoignages recueillis par notre Bureau, les auteurs ont fait des descentes dans les maisons, demandant aux résidents s'ils étaient alaouites ou sunnites avant de les tuer ou de les épargner en fonction de leur réponse ».
« Pour s'assurer que de telles violations et abus atroces ne se reproduisent pas, il est impératif que le processus de vérification et d'intégration des factions armées dans les structures militaires de la Syrie » respecte le droit international et qu'« il aborde pleinement la responsabilité de tous ceux impliqués dans les violations passées ou récentes des droits de l'homme en Syrie », a souligné M. Al-Kheetan.
Le Haut-Commissariat dénonce également les pillages qui ont suivi et souligne le rôle joué par les discours haineux en ligne et hors ligne ainsi que la dissémination « très importante » de désinformations. « Nous sommes préoccupés par le fait que l'augmentation significative des discours de haine et de la désinformation risque d'attiser davantage les tensions et de nuire à la cohésion sociale au sein de la société syrienne », a souligné M. Al-Kheetan.
L'ONU a appelé mardi à faire cesser « les souffrances » des populations dans l'ouest de la Syrie, où plus de 1.000 civils, issus dans leur écrasante majorité de la communauté alaouite, ont été tués ces derniers jours selon une ONG. « Les habitants des zones côtières de la Syrie continuent de souffrir et cela doit cesser », a réclamé Thameen Al-Kheetan, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme lors du briefing régulier de l'ONU à Genève.Le Haut-Commissariat a donné le chiffre vérifié de 111 morts civils, mais reconnaît que le bilan réel est certainement « significativement plus élevé », a précisé M. Al-Kheetan, qui n'a pas souhaité se prononcer sur le bilan donné par d'autres organisations. Ces écarts sont communs, le Haut-Commissariat suivant une procédure...


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin