Le point de passage de Masnaa, à la frontière avec la Syrie. Photo d'illustration AFP
Après l'affaire des 2,5 millions de dollars saisis à l’aéroport de Beyrouth et supposément destinés au Conseil supérieur chiite, les autorités libanaises auraient mis la main sur 4 millions de dollars que des inconnus tentaient de faire rentrer au Liban à bord d'une voiture en provenance de Syrie, selon le quotidien panarabe al-Chark al-Awsat qui cite une « source officielle libanaise ».
Cette somme se trouvait à bord d'un véhicule qui tentait de traverser vers le Liban par un passage illégal utilisé pour la contrebande à la frontière-nord du pays. La voiture a été surprise par un barrage de l'armée libanaise et les automobilistes se sont alors enfuis, laissant derrière eux des sacs contenant 4 millions de dollars, selon le journal qui ne précise pas la date de cette saisie.
Contactées par L'Orient-Le Jour, ni la Sûreté générale ni l'armée libanaise n'étaient en mesure de confirmer l'information.
Dans un article publié dimanche, al-Chark al-Awsat précise que la propriété de l'argent aurait été revendiquée par un homme d'affaires libanais proche d'un leader du Liban-Nord connu pour sa proximité avec Bachar el-Assad. Il s'agirait selon lui de gains générés par des investissements en Syrie. Un ancien ministre proche du même leader pro-Assad aurait également tenté d'intervenir pour que l'argent soit récupéré, mais la somme aurait été réquisitionnée sur ordre du parquet, poursuit le quotidien.
Les autorités libanaises avaient saisi 2,5 millions de dollars en espèces vraisemblablement destinés au Hezbollah, le 28 février à l’Aéroport international de Beyrouth (AIB). La propriété de l’argent, qui était transporté par un homme arrivant de Turquie, a été revendiquée par le Conseil supérieur chiite (CSC), la plus haute instance religieuse de la communauté chiite au Liban.
Argent à destination du Hezbollah ?
Selon al-Chark al-Awsat, la somme saisie au Liban-Nord pourrait avoir été expédiée par l'Iran à destination du Hezbollah par voie terrestre à travers l'Irak et la Syrie. Elle pourrait également appartenir à des personnalités proches de l'ancien président syrien déchu.
Les voyageurs arrivant au Liban sont autorisés par la loi à transporter un maximum de 15 000 dollars en liquide, sans avoir à le déclarer aux douanes.
La situation financière du Hezbollah s’est fortement détériorée après 13 mois de guerre contre Israël et la chute du régime de Bachar el-Assad en Syrie, coupant ainsi la ligne d’approvisionnement directe entre Téhéran et la banlieue-sud de Beyrouth. Des difficultés d’approvisionnement aggravées par le contrôle renforcé des frontières terrestres, maritimes et aériennes, et la surveillance accrue par Washington et Tel-Aviv des filières alternatives de contrebande opérant via la Turquie.
Israël avait à plusieurs reprises accusé le parti chiite d’utiliser le seul aéroport du Liban pour recevoir des armes et de l’argent en provenance d’Iran. Beyrouth avait annoncé le 17 février la prolongation sine die de la suspension des vols en provenance et à destination de Téhéran, après avoir refusé d’accorder des autorisations d’atterrissage à deux vols de la compagnie Mahan Air, en raison de menaces israéliennes de bombarder l’aéroport de Beyrouth. Ces interdictions avaient provoqué des manifestations de partisans du Hezbollah, qui ont bloqué la route menant à l’AIB, près de la banlieue-sud de la capitale où le parti est fortement implanté.
Le quotidien précise enfin que « des centaines de milliers de dollars » auraient été saisis dernièrement sur un point de passage illégal dans la Békaa. Un homme d'affaires libanais, qui ne serait autre que le frère d'un député du Liban-Nord, serait alors intervenu et la somme aurait été restituée.



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23 h 35, le 12 mars 2025