Des manifestants tiennent une banderole sur laquelle on peut lire « Les papillons monarques migrateurs » lors d'une manifestation marquant la Journée internationale de la femme à Madrid, le 8 mars 2025. Photo AFP/THOMAS COEX
« Plus de 25.000 personnes », selon les autorités locales, ont défilé samedi après-midi dans les rues de Madrid sous une pluie battante pour réclamer « une égalité réelle, pas de pacotille », entre femmes et hommes et exprimer leur crainte face à la montée de discours « ultra-réactionnaires ». La manifestation organisée pour la Journée internationale des droits des femmes a rassemblé dans le centre-ville de la capitale espagnole une foule intergénérationnelle dans une ambiance bon enfant, ont constaté des journalistes de l'AFP.
« Le combat est loin d'être terminé », déclare à l'AFP Rosa Munoz Alcala, 67 ans. « On veut une égalité réelle, pas de pacotille », poursuit la retraitée: « Que les femmes gagnent la même chose que les hommes et qu'elles aient les mêmes postes de pouvoir ». A ses côtés, son amie Dori Martinez Monroy, 63 ans, redoute, elle, « l'extrême droite »: « Elle arrive maintenant et on fait des pas en arrière, donc il faut être présent. Ce qui a été acquis, il faut le revendiquer à nouveau car les premières visées, ce sont précisément les femmes ».
Dans le cortège madrilène, traditionnellement très fourni dans un pays pionnier en Europe en matière de lutte contre les violences de genre, un jeune homme porte sa propre tombe, avec « Au cimetière le machisme » en guise d'épitaphe. Plus loin, un clitoris géant flotte, avec le mot d'ordre « Pas touche ! ».
Le 8 mars est « une journée incontournable », estime Marc Farré, 53 ans. « A l'heure actuelle, on fait face à une offensive fasciste, ultra-réactionnaire, ultra-conservatrice, visant précisément à freiner toutes les conquêtes des droits qui ont été obtenues », dénonce ce professeur. Dans le flot des manifestants, Sofia, Luna, Nahia, trois amies âgées de 18 ans qui n'ont pas souhaité donner leur nom, crient en choeur « Il est temps que la honte change de camp ».
« On a repris la phrase de notre chère Gisèle », explique Sofia, en référence à Gisèle Pélicot, une septuagénaire française droguée et violée pendant des années par son mari et des dizaines d'hommes que ce dernier recrutait sur internet. Fin 2024, Gisèle Pélicot est devenue une icône féministe mondiale, notamment pour avoir refusé que le procès de ses violeurs en France ne se déroule à huis clos, pour que « la honte » change de camp.


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