Un combattant palestinien du Hamas précède des véhicules de la Croix-Rouge internationale (CICR) à leur arrivée à Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, pour accueillir trois otages israéliens dans le cadre du septième échange d'otages et de prisonniers, le 22 février 2025. Photo AFP / BASHAR TALEB
L'ONU a exprimé dimanche soir son inquiétude par-rapport a la suspension, par Israël, des aides à la bande de Gaza. Ainsi, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé dimanche au retour "immédiat" de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza, après qu'Israël a annoncé suspendre son entrée dans le territoire palestinien assiégé. Antonio Guterres "appelle à un retour immédiat de l'aide humanitaire dans Gaza et à ce que tous les otages soient libérés" et "exhorte toutes les parties à faire les efforts nécessaires pour éviter un retour des hostilités à Gaza", a déclaré dans un communiqué son porte-parole Stéphane Dujarric.
De même, le responsable de la coordination humanitaire de l'ONU s'est "inquiété" dimanche de la suspension de l'entrée de toute aide humanitaire dans la bande de Gaza par Israël, contraire au droit international. "La décision d'Israël d'interrompre l'aide à Gaza est inquiétante. Le droit international humanitaire est clair : nous devons être autorisés à accéder pour fournir une aide vitale et essentielle", a écrit sur le réseau social X Thomas Fletcher, le patron d'Ocha.
La présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a demandé dimanche que « tous les efforts soient faits » pour maintenir le cessez-le-feu dans la bande de Gaza et éviter de « replonger les gens dans le désespoir ».
« Tous les efforts doivent être faits pour maintenir le cessez-le-feu afin d'épargner des vies des hostilités, permettre l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, et réunir davantage de familles », écrit Mirjana Spoljaric dans un communiqué publié à Genève, le siège de l'organisation.
L'accord de cessez-le-feu, entré en vigueur le 19 janvier après plus de 15 mois de guerre, « a sauvé d'innombrables vies et offert une lueur d'espoir au milieu de souffrances inimaginables », écrit la dirigeante.
« Tout recul de l'élan créé au cours des six dernières semaines risque de replonger les gens dans le désespoir », juge-t-elle.
Israël a annoncé dimanche suspendre l'entrée de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza, une décision dénoncée par le Hamas comme une violation de l'accord de cessez-le-feu, dont le deuxième volet était censé entrer en vigueur ce week-end mais qui paraît être dans l'impasse.
Le mouvement islamiste palestinien a rejeté une proposition américaine de dernière minute qui prévoyait une extension de la trêve actuelle mais qui selon le Hamas permettait à Israël de se soustraire à ses engagements précédents.
Le CICR a joué un rôle crucial dans l'échange des otages capturés le 7-Octobre pour des prisonniers palestiniens.
« Semaine après semaine, en tant qu'intermédiaire humanitaire neutre, nos équipes ont contribué à faire avancer l'accord de cessez-le-feu en menant ces opérations vitales en toute sécurité à la demande des parties », rappelle la présidente.
« Nous n'avons jamais failli à notre engagement envers ce travail —malgré un examen intense et des critiques— car des vies et des familles en dépendaient », souligne-t-elle.
Les autorités israéliennes et certaines familles d'otages ont accusé le CICR de ne pas faire assez pour les visiter ou leur fournir des médicaments. Des critiques dont se défend l'organisation.
Lors de la première phase de la trêve, le Hamas a libéré 25 otages et rendu les corps de huit autres à Israël, qui en échange a libéré environ 1.800 détenus palestiniens. A chaque fois, les équipes du CICR ont assuré le transfert, souvent dans des conditions précaires.


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