Le Premier ministre britannique Keir Starmer s'entretient avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors d'une réunion bilatérale dans le centre de Londres, le 1er mars 2025, avant le sommet des dirigeants européens du lendemain. Photo AFP / PETER NICHOLLS
L'Europe traverse un « moment unique » pour sa « sécurité », a mis en garde dimanche le Premier ministre britannique lors d'une rencontre cruciale à Londres d'une quinzaine d'alliés de l'Ukraine qui ont serré les rangs autour de Volodymyr Zelensky, deux jours après sa vive altercation avec Donald Trump. « Nous sommes réunis ici aujourd'hui car il s'agit d'un moment unique pour la sécurité de l'Europe et que nous devons tous nous mobiliser », a lancé Keir Starmer à l'ouverture de ce sommet.
Assis aux côtés du président ukrainien, chaleureusement salué à son arrivée par plusieurs dirigeants présents, M. Starmer lui a assuré du soutien « aussi longtemps qu'il le faudra » à l'Ukraine de tous les dirigeants assis « autour de cette table ». Un accueil aux antipodes de celui réservé vendredi à Washington à Volodymyr Zelensky dans le Bureau ovale par Donald Trump et son vice-président JD Vance.
Pendant de longues minutes, M. Trump lui a reproché de « s'être mis en très mauvaise posture » et lui a ordonné de faire la paix avec la Russie, faute de quoi les Etats-Unis le laisseraient « tomber ». Rassemblant une quinzaine d'alliés de Kiev, dont le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Olaf Scholz ou la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni, ce sommet de Londres vise à imaginer de nouvelles garanties de sécurité en Europe face aux craintes de lâchage par Washington.
Il précède un sommet européen extraordinaire sur l'Ukraine prévu jeudi à Bruxelles.
En marge du sommet, le président ukrainien a été reçu par le roi Charles III dans sa résidence de l'est de l'Angleterre dimanche en fin d'après-midi, après un sommet d'une quinzaine d'alliés de Kiev à Londres, a indiqué le palais de Buckingham.
Washington fait encore monter la pression
Dimanche, Washington a encore fait monter la pression sur le président ukrainien, laissant planer l'idée qu'il pourrait devoir partir. « Nous avons besoin d'un dirigeant qui peut traiter avec nous, traiter avec les Russes à un moment et mettre fin à cette guerre », a déclaré, sur la chaine CNN, le conseiller à la sécurité nationale du président Trump, Mike Waltz.
« S'il devient évident que le président Zelensky, soit pour des motivations personnelles soit politiques, diverge de la volonté de mettre fin aux combats dans son pays, alors je crois qu'on a un vrai problème », a-t-il ajouté. Moscou, qui se réjouit du changement radical de politique des Etats-Unis, et Washington ont lancé, sans inviter l'Ukraine ni les Européens, des négociations pour mettre fin à la guerre, dont le président américain refuse de considérer Moscou comme responsable.
Ukraine et Europe suivent avec une profonde inquiétude le revirement spectaculaire opéré par Donald Trump et son rapprochement avec son homologue russe Vladimir Poutine. Ils craignent que les Etats-Unis ne fassent pression pour sceller un accord de paix défavorable à l'Ukraine. Dans ce contexte, Keir Starmer, qui a signé samedi un accord de prêt de 2,26 milliards de livres (près de 2,74 milliards d'euros) pour soutenir les capacités de défense de l'Ukraine, a annoncé sur la BBC travailler avec la France sur « un plan pour faire cesser les combats » entre l'Ukraine et la Russie, qui sera présenté aux Etats-Unis. Il a également appelé à « trouver une voie pour travailler tous ensemble » en vue de sceller « une paix durable ».
Éviter la division de l'Occident
Allant dans le même sens, Giorgia Meloni, une des rares dirigeantes européennes à avoir assisté à l'investiture de Donald Trump, a affirmé qu'il était « très important d'éviter » que l'Occident ne « se divise » et assuré qu'Italie et Royaume-Uni pouvaient « construire des ponts » avec Washington. Ce sommet doit aussi se pencher, selon Downing Street, sur les « prochaines étapes de la planification de garanties de sécurité solides » sur le continent européen, face au risque de retrait du parapluie militaire et nucléaire américain.
Il faut « urgemment » réarmer l'Europe, a ainsi dit la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Dans un entretien avec plusieurs journaux français, Emmanuel Macron s'est dit pour sa part prêt à « ouvrir la discussion » sur une éventuelle future dissuasion nucléaire européenne, après une demande en ce sens du futur chancelier allemand Friedrich Merz.
Favorable à « un financement massif et commun » représentant « des centaines de milliards d'euros » pour bâtir une défense commune, il estime que « c'est le moment d'un réveil stratégique, parce que dans tous les pays il y a un trouble, une incertitude, sur le soutien américain dans la durée ».
Le Premier ministre polonais Donald Tusk a insisté sur le fait que l'Occident doit résister au « chantage et à l'agression » de la Russie, appelant à l'unité entre l'Europe et les Etats-Unis sur l'Ukraine.
Il s'agit d'envoyer un message clair au président russe Vladimir Poutine « que l'Occident n'a pas l'intention de capituler devant son chantage et son agression », selon M. Tusk, ajoutant que « tout doit être fait pour garantir que l'Europe et les Etats-Unis parlent d'une seule voix ».
Le chancelier allemand Olaf Scholz a exprimé pour sa part l'espoir que les États-Unis poursuivront leur soutien à l'Ukraine, après une rencontre à Londres avec une quinzaine d'alliés pour imaginer de nouvelles garanties de sécurité en Europe, face aux craintes d'un retrait de Washington.
« Le soutien international et transatlantique à l'Ukraine reste important pour la sécurité du pays et de l'Europe », a déclaré le chancelier allemand devant la presse.
Il a été « de nouveau confirmé » que ces alliés « souhaitent soutenir l'Ukraine », a souligné M. Scholz, dont le pays est le premier fournisseur d'aide à Kiev depuis l'invasion russe, derrière les Etats-Unis, avec un total de 44 milliards d'euros.
L'Ukraine est « victime des agressions russes, et cette vérité demeure inébranlable pour tous », a-t-il martelé.
Cela signifie que « nous devons et voulons agir en conséquence », en ayant le devoir de « soutenir l'Ukraine financièrement et militairement », en incluant l'Allemagne, a poursuivi le chancelier sortant.




Trump a toujours eu des méthodes de voyou. Poutin est accusé d’avoir aidé sa première élection et les deux compères se comprennent et se valent. Trump voudrait détacher la russie de la chine pour mieux contenir le seul pays pouvant menacer sérieusement les américains et leur suprématie technologique et économique. Trump ne pense qu’en gros sous. La morale, il ne connaît pas, et ses “alliés occidentaux” il n’en a que faire. C’est le méchant caricatural des films western, qui veut faire copain copain avec les trois très grands démocrates que sont natanyahu, Putin et le coréen kim jong-un !
06 h 38, le 03 mars 2025