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Dernières Infos - Iran

Le ministre de l'Economie sous pression avant un vote de confiance

Les membres du parlement iranien votent sur les nominations proposées par le président nouvellement élu après un discours lors d'une session spéciale à Téhéran le 21 août 2024. Photo d'archives AFP

Le Parlement iranien a débuté dimanche l'audition du ministre de l'Economie avant un possible limogeage, dans un contexte de forte dépréciation de la monnaie nationale face au dollar et d'une inflation galopante qui étrangle les ménages. Le ministre de l'Economie et des Finances, Abdolnasser Hemmati, en poste depuis août, est formellement visé depuis mercredi par une procédure destinée à le démettre de ses fonctions.

La mesure intervient dans un contexte de rapide dégradation de la conjoncture. Dans une ambiance quelque peu houleuse, des députés adressent à tour de rôle leurs reproches au ministre de l'Economie, tenu selon eux responsable de la situation. « La population ne peut supporter une nouvelle vague d'inflation et la hausse du prix des devises étrangères », fustige l'un d'eux, Rouhollah Motefakker-Azad. « Les gens n'ont même plus les moyens d'acheter des médicaments », s'emporte de son côté une députée, Fatemeh Mohammadbeigi.

L'économie iranienne est sous la pression d'une inflation galopante et d'une dépréciation régulière de sa monnaie, qui pèse lourdement sur le quotidien des Iraniens. Depuis 2019, l'inflation en Iran est supérieure à 30% par an, selon les chiffres de la Banque mondiale. Elle a atteint 44,5% en 2023, d'après cette institution qui a son siège à Washington. Le chiffre pour l'an dernier n'est pas connu. La dépréciation de la monnaie iranienne, le rial, s'est quant à elle intensifiée depuis la chute en décembre du président syrien Bachar al-Assad, dont l'Iran était le principal allié.

Les sanctions en question

Elle s'est encore accélérée depuis le retour en janvier à la Maison Blanche du président américain Donald Trump, dont le premier mandat avait été marqué en 2018 par le retrait unilatéral d'un accord international avec Téhéran sur son programme nucléaire et la réimposition de sanctions. Dimanche à Téhéran, un dollar s'échangeait au marché noir plus de 920.000 rials, proche d'un record absolu, selon l'un des sites de référence pour le suivi des changes AlanChand. Le taux était d'environ 600.000 rials pour un dollar en juillet lorsque le président Pezeshkian a pris ses fonctions, avec pour ambition de raviver l'économie et négocier avec les pays occidentaux la levée d'une partie des sanctions.

Massoud Pezeshkian doit s'exprimer devant les députés pour apporter son soutien au ministre. « Ces problèmes (économiques) sont dus aux sanctions », a assuré samedi M. Pezeshkian. Et de s'interroger : en limogeant le ministre de l'Economie « le problème sera-t-il résolu ? ». Le Parlement iranien compte 290 députés. Pour obtenir le renvoi du ministre, la majorité est requise à l'issue d'un vote attendu dans l'après-midi.

Selon la Constitution iranienne, toute sanction prendra effet immédiatement et une personne chargée de l'intérim sera désignée pour remplacer le ministre. Le gouvernement aura ensuite trois mois pour présenter un remplaçant, dont la nomination devra être entérinée par un autre vote au Parlement. En avril 2023, les députés s'étaient prononcés pour la destitution du ministre de l'Industrie d'alors, Reza Fatemi Amin, en raison d'une flambée des prix liée aux sanctions internationales.

Le Parlement iranien a débuté dimanche l'audition du ministre de l'Economie avant un possible limogeage, dans un contexte de forte dépréciation de la monnaie nationale face au dollar et d'une inflation galopante qui étrangle les ménages. Le ministre de l'Economie et des Finances, Abdolnasser Hemmati, en poste depuis août, est formellement visé depuis mercredi par une procédure destinée à le démettre de ses fonctions.La mesure intervient dans un contexte de rapide dégradation de la conjoncture. Dans une ambiance quelque peu houleuse, des députés adressent à tour de rôle leurs reproches au ministre de l'Economie, tenu selon eux responsable de la situation. « La population ne peut supporter une nouvelle vague d'inflation et la hausse du prix des devises étrangères », fustige l'un d'eux, Rouhollah...