Le président Joseph Aoun s'exprimant au cours d'une conférence de presse conjointe avec son homologue français Emmanuel Macron à Baabda, le 17 janvier 2025. Photo Ludovic MARIN/AFP
Dans sa première interview accordée au quotidien saoudien al-Chark al-Awsat depuis son élection à la tête de l’État, le président Joseph Aoun a affirmé vendredi sa détermination de voir l’État seul garant de la sécurité du Liban sur tout son territoire.
Le chef de l’État a été interrogé sur la mention du monopole des armes aux mains de l’État dans son discours d’investiture. « C’est notre objectif en tant qu’État, et rien n’est difficile », a commenté Joseph Aoun estimant qu’il « n’y a pas de souveraineté sans monopole des armes ». A la question de savoir quand cela pourrait se réaliser, il a répondu : « Quand les circonstances le permettront, à condition que nous ayons bien défini l’objectif. » Le désarmement du Hezbollah est à nouveau sur la table maintenant que le parti chiite est affaibli après sa guerre contre Israël. Alors que le chef de l’État libanais et le Premier ministre Nawaf Salam veulent garantir à l’État le « monopole » des armes, le Hezbollah lui plaide pour une « stratégie de sécurité et de défense nationale ».
Concernant le contrôle par l’État de l’intégralité du territoire, le président Aoun a estimé que « la protection du pays et du peuple relève de la responsabilité de l’État, et qu’il n’est plus permis que d’autres jouent ce rôle ». « S’il y a une agression contre le territoire, c’est à l’État de prendre la décision de l’affronter, et de mobiliser les différents éléments de force afin de défendre le pays », a-t-il insisté, notant l’importance de la stratégie de défense pour définir le rôle de l’armée.
L'armée israélienne demeure positionnée sur au moins cinq points stratégiques par leur hauteur en territoire libanais, malgré son retrait du Liban-Sud repoussé au 18 février par l'accord de cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël, entré en vigueur le 27 novembre dernier. Jeudi le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait indiqué que son pays avait reçu le « feu vert » des États-Unis pour rester dans des « zones tampons » au Liban et en Syrie « sans limite de temps, en fonction de la situation ».
Au sujet de l’application de la résolution 1701 des Nations unies, condition sine qua non du cessez-le-feu avec Israël, le président a assuré que toutes les institutions de l’État libanais sont « engagées à appliquer cette résolution » sans donner de timing précis. Soulignant que l’État se concentre actuellement sur le Liban-Sud, avant de passer au reste du territoire, il a noté « une nette coopération » dans cette région, saluant le discours du secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem qui a posé les jalons d’une telle coopération.
Dans son discours le jour des funérailles Hassan Nasrallah et Hachem Safieddine, Naïm Kassem a promis de contribuer à l’édification de l’État sur la base de Taëf qui prévoit l’élimination des armes hors du contrôle du gouvernement. « Nous allons participer a la création d’un Etat libanais fort sous Taëf, avec pour principaux piliers la fin de l’occupation, la reconstruction et la mise en place d’un plan de sauvetage économique. Nous sommes soucieux que tout le monde participe a l’édification de cet État, le Liban est un pays définitif pour tous ses fils, dont nous faisons partie », a-t-il notamment dit.


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