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Dernières Infos - Conflit

Le Jihad islamique accuse Israël de vouloir annexer la Cisjordanie occupée

Des combattants du Jihad islamique escortent l'otage israélo-russe Sasha Trupanov, lors de sa remise à la Croix-rouge internationale, le 15 février 2025 dans le sud de la bande de Gaza. EYAD BABA/AFP

Le Jihad islamique, un important groupe armé palestinien, a accusé lundi Israël de vouloir « annexer par la force » la Cisjordanie, où l'armée a déployé des chars pour la première fois depuis des années et mène une offensive majeure qui a déplacé des dizaines de milliers d'habitants.

Des dirigeants israéliens ont à plusieurs reprises exprimé le souhait d'annexer des pans entiers de la Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, se heurtant à l'opposition des Palestiniens et de l'ensemble de la communauté internationale.

Dimanche, Israël a déclaré que ses troupes resteraient pendant plusieurs mois dans trois camps de réfugiés du nord du territoire, après en avoir expulsé des dizaines de milliers d'habitants avec interdiction de rentrer chez eux, dans le cadre d'une vaste opération lancée il y a plus d'un mois.

Cette opération visant les groupes armés palestiniens avait commencé le 21 janvier, deux jours après le début d'une trêve fragile dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas.

Le Jihad islamique, un groupe islamiste qui a combattu aux côtés du Hamas à Gaza, a affirmé lundi que le déploiement de chars à Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, et les expulsions de masse confirmaient « les plans de l'occupation visant à annexer la Cisjordanie par la force ».

Le groupe, très implanté dans le nord, a qualifié les opérations en cours de « nouvel acte d'agression » visant à « déraciner notre peuple de sa terre ».

C'est la première fois depuis la Seconde Intifada, le soulèvement palestinien de 2000-2005, qu'Israël déploie des chars en Cisjordanie.

« Séjour prolongé »

Depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023, au moins 900 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie occupée par des soldats ou des colons israéliens, selon le ministère de la Santé palestinien.

Au moins 32 Israéliens, dont des soldats, ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes, selon les données officielles israéliennes.

Parallèlement à cette flambée des violences, se sont multipliés les appels à annexer le territoire, notamment de la part du ministre israélien des Finances d'extrême droite, Bezalel Smotrich.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est dit « gravement préoccupé » lundi par la « montée de la violence en Cisjordanie occupée par les colons israéliens, ainsi que par les appels à l'annexion ».

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait déclaré dimanche avoir « donné pour instruction aux soldats de se préparer à un séjour prolongé (...) pour l'année à venir », dans les camps de réfugiés de Jénine, Tulkarem et Nour Chams.

Il a affirmé que 40.000 Palestiniens avaient été expulsés de ces camps, un chiffre également retenu par les Nations unies. Selon l'ONU, l'opération israélienne en cours a coûté la vie à au moins 51 Palestiniens, dont sept enfants, et à trois soldats israéliens.

Le Jihad islamique a accusé Israël de tenter de consolider sa « domination militaire en créant des couloirs de colonisation qui renforcent la séparation entre les villes de Cisjordanie et leurs camps ».

Bulldozers et explosifs

Lundi, les rues dévastées entourant le camp de Jénine étaient vides, a rapporté un journaliste de l'AFP, alors que trois chars israéliens Merkava étaient stationnés sur des points d'observation dominant le secteur. Quelques habitants déplacés du camp se risquaient à y pénétrer, au péril de leur vie, pour récupérer des affaires.

Une jeune fille sortait en souriant du camp, portant un petit chauffage d'appoint en espérant qu'il permettrait à sa famille de se réchauffer un peu dans le froid hivernal.

« Les gens ont des difficultés à accéder aux besoins de base comme l'eau potable, la nourriture, des soins médicaux et des abris », a affirmé lundi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Le CICR a souligné que beaucoup d'habitants des camps s'étaient réfugiés dans « des mosquées surpeuplées et des écoles ».

Vendredi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait rendu visite aux troupes dans le territoire et donné l'ordre à l'armée d'y intensifier ses opérations.

Le porte-parole du gouvernement, David Mencer, a affirmé lundi que des dizaines « de terroristes avaient été éliminés, des centaines de terroristes recherchés arrêtés et de multiples infrastructures terroristes attaquées » à travers la Cisjordanie.

A Tulkarem et à Jénine, l'armée a démoli des dizaines de maisons à l'explosif, ouvrant de nouvelles voies à travers ces camps densément peuplés.

Des bulldozers blindés ont retourné le sol, coupant les canalisations. L'armée a affirmé que ces opérations étaient destinées à débarrasser les routes des explosifs.

Le Jihad islamique, un important groupe armé palestinien, a accusé lundi Israël de vouloir « annexer par la force » la Cisjordanie, où l'armée a déployé des chars pour la première fois depuis des années et mène une offensive majeure qui a déplacé des dizaines de milliers d'habitants.Des dirigeants israéliens ont à plusieurs reprises exprimé le souhait d'annexer des pans entiers de la Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, se heurtant à l'opposition des Palestiniens et de l'ensemble de la communauté internationale.Dimanche, Israël a déclaré que ses troupes resteraient pendant plusieurs mois dans trois camps de réfugiés du nord du territoire, après en avoir expulsé des dizaines de milliers d'habitants avec interdiction de rentrer chez eux, dans le cadre d'une vaste opération lancée il...