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Violences sexuelles dans une école : le Premier ministre dénonce une attaque visant sa "famille"

Le président français du parti Modem François Bayrou pose lors des journées parlementaires de son parti à Guidel, dans l'ouest de la France, le 22 septembre 2022. Photo AFP/FRED TANNEAU

Le Premier ministre français François Bayrou, éclaboussé par une affaire de violences sexuelles durant des décennies dans un établissement scolaire, notamment lorsqu'il était ministre de l'Education, a cherché de nouveau à se défendre vendredi, dénonçant une « mécanique du scandale » visant sa « famille » pour « l'atteindre politiquement ».

François Bayrou, ministre de l'Education de 1993 à 1997, a scolarisé certains de ses enfants dans cet établissement du sud-ouest de la France, où son épouse Elisabeth a enseigné le catéchisme.

Dans une vidéo diffusée jeudi par le site d'investigation Mediapart, une ancienne professeure de l'établissement réaffirme avoir alerté le couple au milieu des années 1990. Elle évoque aussi une scène où « on entendait un adulte hurler sur un enfant, (...) les coups »: « je me retourne vers Elisabeth Bayrou et je lui demande ce qu'on peut faire (...) Elle m'a simplement répondu (...) que ces enfants, il n'y en avait rien à en tirer ».

« Ces protagonistes, je ne les connais pas, ma femme non plus », a rétorqué vendredi M. Bayrou. « Il n'y a rien de plus infamant que de viser la famille de quelqu'un pour l'atteindre politiquement », a lancé le centriste qui répète, depuis deux semaines, n'avoir « jamais été informé » dans le passé des faits dénoncés aujourd'hui -des témoins affirmant le contraire.

Le chef du gouvernement, 73 ans, a expliqué avoir déjà « fait la preuve que quand (il a) été informé d'une claque, (il a) demandé une inspection générale ».

« Après, je n'étais plus ministre, j'ai apporté les documents qui prouvaient que le gouvernement de l'époque avait été directement informé », a-t-il ajouté, visant le gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002). « Et depuis 25 ans, il n'y a plus eu hélas aucune alerte », a regretté ce politique ayant exercé de nombreux mandats dans la région Sud-Ouest.

Inculpation d'un ancien surveillant

Un ex-surveillant général de l'établissement, né en 1965, a été inculpé pour viol et placé en détention provisoire vendredi dans cette affaire, où la prescription a bénéficié à deux autres hommes.

Ces trois hommes sont les seuls encore en vie parmi les 11 personnes mises en cause pour viols aggravés et agressions sexuelles aggravées par les 112 victimes déclarées.

« Des garçons de 9 à 17 ans au moment des faits » qui vivaient dans un « climat de +terreur+ au sein de l'institution », a décrit dans un communiqué le procureur Rodolphe Jarry.

Antoine (prénom modifié), 48 ans, avait déjà déposé plainte en 1999 contre l'ancien surveillant général, né en 1965 et incarcéré vendredi. Sa plainte avait été classée sans suite.

« J'ai été son protégé », a-t-il raconté à l'AFP, évoquant des agressions sexuelles sous la tente lors de sorties scouts, puis des masturbations hebdomadaires, quatre ans durant, quand il habitait chez lui.

Lors de son audition, l'intéressé a admis « avoir pu porter des gifles » en contestant « tout agissement à caractère sexuel », selon le procureur.

« Gifles » 

Un prêtre né en 1931, relâché dès jeudi, n'a reconnu qu' »un seul fait d'agression sexuelle » sur une victime qui le mettait en cause, et un ancien surveillant général, né en 1955, n'a admis également que des « gifles » en réfutant « fermement » toute agression sexuelle, selon le procureur.

Tous deux ont été laissés libres au titre de la prescription des faits qui leur étaient reprochés.

Jean-Marie Delbos, 78 ans, avait raconté la semaine dernière lors d'une manifestation à Bétharram qu'à la fin des années 1950, l'ancien prêtre « venait la nuit, soutane ouverte, s'accroupir au pied du lit pour faire des attouchements et des fellations ».

« J'ai subi des punitions, des violences, on nous caressait à la sortie des douches », a témoigné pour sa part Brice Ducos, 49 ans, interne à Bétharram entre 1984 et 1991. Sa plainte ciblait le surveillant libéré, surnommé Cheval à l'époque, allusion à la chevalière qu'il portait à une main et qu'il retournait avant de gifler un élève.

Une vaste enquête a été lancée sur cet établissement presque bicentenaire, longtemps réservé aux garçons, avec son pensionnat à la réputation stricte.

« L'État n'a pas été au rendez-vous » dans cette affaire, a regretté vendredi la ministre de l'Éducation, Élisabeth Borne, jugeant « difficile de comprendre » pourquoi il n'a pas réagi plus tôt.

Elle a néanmoins déploré « une exploitation politique » de l'affaire contre M. Bayrou, qui selon elle n'est pas le seul à n'avoir « pas vu ou réagi à l'époque ».

Le Premier ministre français François Bayrou, éclaboussé par une affaire de violences sexuelles durant des décennies dans un établissement scolaire, notamment lorsqu'il était ministre de l'Education, a cherché de nouveau à se défendre vendredi, dénonçant une « mécanique du scandale » visant sa « famille » pour « l'atteindre politiquement ».François Bayrou, ministre de l'Education de 1993 à 1997, a scolarisé certains de ses enfants dans cet établissement du sud-ouest de la France, où son épouse Elisabeth a enseigné le catéchisme.Dans une vidéo diffusée jeudi par le site d'investigation Mediapart, une ancienne professeure de l'établissement réaffirme avoir alerté le couple au milieu des années 1990. Elle évoque aussi une scène où « on entendait un adulte hurler sur un enfant, (...)...