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Dernières Infos - Tunisie

ONG et députés veulent une révision du décret "répressif" sur "les fausses nouvelles"

Un drapeau tunisien. Photo d'archives AFP

Des ONG et des députés indépendants en Tunisie ont appelé jeudi à réviser ou abroger le décret 54 sur "les fausses nouvelles", adopté en 2022, dénonçant "son instrumentalisation" pour écarter les voix critiques. Le 13 septembre 2022, le président Kais Saied avait promulgué ce décret pour lutter contre la diffusion de "fausses nouvelles" mais le texte est critiqué par les défenseurs de droits pour l'interprétation trop large qu'en fait la justice.

"La situation des libertés fait peur et l'avenir est noir", a déclaré devant la presse Bassem Trifi, président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme. Les autorités restent "sourdes" aux multiples appels pour le retrait de ce "décret répressif qu'elles instrumentalisent pour faire taire toute voix critique", a-t-il dit. Selon M. Trifi, "environ 400 personnes sont poursuivies" en vertu du décret, dont des opposants, des journalistes, des avocats, des blogueurs et des citoyens.

La présidence du Parlement n'a toujours pas répondu à une demande initialement déposée en février 2024 par une soixantaine de députés de révision "indispensable" du texte, a déploré Mohamed Ali, président de la Commission des droits et libertés.  Certains détenus sont dans "un état de santé grave", selon M. Trifi, qui a mentionné le journaliste Mohamed Boughalleb, condamné en avril 2024 à six mois de prison (déjà purgés) et poursuivi pour d'autres affaires liées au décret 54.

"Nous avons atteint un degré insupportable d'injustice, d'ébullition sociale et de verrouillage qui risquent de nous faire revivre la période de fin décembre 2010, début 2011", a-t-il dit, en référence à la Révolution qui a renversé l'autocrate Zine El Abidine Ben Ali. Le 24 janvier, la justice a refusé la demande de libération de la chroniqueuse et avocate Sonia Dahmani, condamnée dans deux affaires, à 8 mois et 18 mois de prison pour des déclarations jugées critiques du pouvoir.

Depuis le coup de force du président Saied en juillet 2021, plusieurs figures de l'opposition sont en détention pour "complot contre la sûreté de l'Etat". D'autres personnalités sont emprisonnées pour "corruption financière" comme la militante des droits humains, Sihem Ben Sedrine, hospitalisée depuis dimanche.


© Agence France-Presse


Des ONG et des députés indépendants en Tunisie ont appelé jeudi à réviser ou abroger le décret 54 sur "les fausses nouvelles", adopté en 2022, dénonçant "son instrumentalisation" pour écarter les voix critiques. Le 13 septembre 2022, le président Kais Saied avait promulgué ce décret pour lutter contre la diffusion de "fausses nouvelles" mais le texte est critiqué par les défenseurs de droits pour l'interprétation trop large qu'en fait la justice.

"La situation des libertés fait peur et l'avenir est noir", a déclaré devant la presse Bassem Trifi, président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme. Les autorités restent "sourdes" aux multiples appels pour le retrait de ce "décret répressif qu'elles instrumentalisent pour faire taire toute voix critique", a-t-il dit....